Jean Bassères, « méchant » ou « gentil »

Avec une touche d’humour et un zeste de mauvaise foi, Thibaut Nolte tire le portrait d’un « méchant » ou d’un « gentil » qui fait l’actualité. Aujourd’hui, notre journaliste se demande s’il faut radier Jean Bassères, le directeur général de Pôle emploi, et proche d’Emmanuel Macron.



KISS KISS BANG BANG Créé le 26/04/2017 15h54

 

Pôle emploi va tester des "conseillers référents" en charge de l'indemnisation


Pôle emploi testera dès juin la mise en place de "conseillers référents" chargés de l'indemnisation chômage, bien identifiables et joignables directement par les demandeurs d'emploi, selon un document transmis aux syndicats et consulté lundi par l'AFP. L'expérimentation se déroulera de juin 2017 à mars 2018 dans 11 agences de quatre régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Corse et Occitanie). Elle donnera lieu à un bilan au 2e trimestre 2018 pour mesurer la "satisfaction des demandeurs d'emploi".

Depuis début 2016, la demande d'allocation de chaque demandeur d'emploi est déjà traitée de bout en bout par un même conseiller. Pour "franchir un nouveau cap dans la personnalisation", l'expérimentation affectera à chaque allocataire un "conseiller référent indemnisation" qui sera "identifié comme son interlocuteur pour toute question liée à l'indemnisation", et ce "tout au long de son parcours" à Pôle emploi. Ce conseiller pourra "être contacté directement par mail".

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Pôle emploi remplit ses objectifs


Pôle emploi a pour l'instant satisfait aux objectifs de réformes fixés pour 2015-2018, selon un rapport d'évaluation publié lundi par l'Igas et l'IGF, qui souhaitent que l'opérateur continue de faire progresser l'accompagnement intensif et le conseil aux entreprises. L'Inspection générale des finances et celle des affaires sociales étaient chargées d'évaluer à mi-parcours la convention tripartite signée entre Pôle emploi, l'Etat et l'Unédic, qui a tracé une feuille de route pour la période 2015-2018. La mission IGF-Igas porte un regard "nettement positif" sur la mise en oeuvre par l'opérateur des engagements pris, et considère que des "améliorations rapides sont à portée de main pour consolider et amplifier les effets des réformes engagées". Le rapport salue notamment la mise en oeuvre du nouveau parcours du demandeur d'emploi avec un "redéploiement de moyens au profit de ceux qui en ont le plus besoin", et note que "le temps consacré au suivi et à l'accompagnement personnalisé a continué d'augmenter en 2016, dépassant l'objectif fixé". Le développement de l'offre de services aux entreprises avec ses 4.300 conseillers dédiés "se traduit par une meilleure visibilité auprès des employeurs et une augmentation de leur satisfaction", poursuit-il.

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Dans le quotidien des conseillers de Pôle emploi


ENQUÊTE En sous-effectif notoire, les conseillers de Pôle emploi ont beaucoup encaissé depuis la fusion ANPE-Assedic de 2008. Plongée dans une institution où l’humain, malgré tout, garde sa place pour aider les demandeurs d’emploi à rebondir.

Trouver des offres d'emploi ? Avec tous les outils numériques disponibles n'importe qui peut le faire. » A l'heure où la France compte plus de 6,5 millions de demandeurs d'emploi toutes catégories confondues, dont 2,5 millions pointent depuis plus d'un an, il y a de quoi choquer en disant cela. A tort.

Venant de Stéphane, ­conseiller placement à l'agence de Bègles-Bordeaux de Pôle emploi, ces propos n'ont rien de provocant, de cynique ou de désabusé. Entre arroser le Web avec son CV et « rechercher » un emploi, il y a un pas, argue cet ancien professeur de quarante-sept ans, entré dans l'ex-ANPE en 2007 après avoir évoqué le métier avec... un conseiller.

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Pôle emploi publie ses premiers chiffres de 2017


Après la baisse de 2016, inédite depuis la crise, Pôle emploi publie vendredi les chiffres du chômage de janvier, à l'aube d'une année électorale où la lutte contre ce fléau sera un enjeu majeur. Le nombre d'inscrits sur les listes de Pôle emploi à fin janvier sera dévoilé à 18H00 par le ministère du Travail.

L'indicateur a connu l'année dernière sa première baisse depuis 2007, Pôle emploi voyant 107.400 chômeurs quitter ses listes en métropole. La concrétisation de "l'inversion de la courbe du chômage" tant promise par François Hollande, mais avec trois ans de retard. Le président, qui a renoncé à briguer un second mandat, l'avait initialement annoncée pour 2013.

En 2016, la baisse a principalement profité aux jeunes, dont la situation s'est nettement améliorée (-8,8%). Le nombre de chômeurs seniors, lui, a continué d'augmenter (+2,2%), mais plus modérément que les années précédentes. Malgré l'embellie, le paysage n'est pas tout rose. Le nombre de chômeurs reste massif : 3,47 millions, et même 3,73 millions en comptant les outre-mer.

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Le roman du chômage et de la relégation

François Roux raconte la chute et la rédemption d'un personnage touché par le chômage | David Ignaszewski-Koboy / Reuters

Le chômage n’est pas seulement l’absence de travail. C’est aussi une violente mise à l’écart. Dans son roman, "Tout ce dont on rêvait", François Roux en donne une description clinique.

Même si le chômage est au centre du livre, François Roux n’en fait pas un livre politique ou social. Il signe d’abord un vrai roman avec des personnages, des atmosphères et des histoires. Un roman qui est bien celui d’une époque marquée par la crainte de perdre son emploi.

Le chômage, Nicolas n’avait jamais vraiment pensé que cela lui tomberait dessus. Il se sentait protégé par son statut de cadre supérieur et son parcours professionnel. Jusqu’au jour où… Il n’a pas vu venir la restructuration. Et pourtant, même sans emploi, il n’est pas le plus malheureux. Les indemnités sont appréciables, et avec son expérience et son réseau professionnel, il ne doute pas que ce ne sera qu’une mauvaise passe.

Seulement, tout se déglingue très vite. Il ne vient pas seulement de perdre un travail, mais aussi un statut social, sa place sur l’échiquier. La glissade impressionne. Le château de cartes d’une vie bien installée s’écroule. Il a droit à tout. Aux amis qui s’éloignent, comme on prend ses distances avec un malade. Au stage de remise en condition et de motivation qui n’est qu’une vaste mascarade.

« Il rendit les armes »

« Le plus pénible maintenant, c’était d’être seul chez soi, tout le temps, à ne rien faire, ou presque », écrit François Roux. Et encore, ce n’est que le début. L’auteur raconte, avec justesse, toutes ces étapes avec des mots qui en disent bien plus long que les statistiques mensuelles de Pôle emploi. Quelques mois plus tard : « Il rendit les armes, acceptant de se défaire de son identité et de se fondre dans celle que les autres attendaient qu’il endosse, c’est-à-dire celle d’un chômeur de longue durée. »

À ce stade, le lecteur redoute le pire, l’inéluctable, le geste fatal et sans retour. D’ailleurs, Nicolas le frôle, et y échappe on ne sait trop comment. Son histoire ne va pas, pour autant, s’arrêter là. Nicolas reprendra sa place dans la société des hommes. C’est aussi toute la grâce de ce roman d’apporter, malgré tout, une touche d’espoir.


Didier GOURIN


Tout ce dont on rêvait, Albin Michel, 325 p., 20 €.