Message du directeur général aux agents Pôle emploi


19/09/2017

A la suite de la parution ce jour, dans un quotidien, d’un article sur l'évolution des effectifs de Pôle emploi en 2018, je tiens à m'adresser directement à vous pour rétablir certains faits car ces informations sont erronées.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a été sollicitée sur le sujet. Elle indique une baisse légère de l’effectif de Pôle emploi pour l'an prochain à hauteur de « quelques centaines » de postes, bien loin des milliers de postes évoqués dans la presse. Quant à une possible privatisation de Pôle emploi, elle s'est « inscrite en faux » et a jugé cette hypothèse « hors sujet ». Madame Pénicaud a enfin affiché sa « confiance » en notre travail, rappelé que 73% des employeurs et demandeurs d'emploi en étaient satisfaits, et salué nos innovations.

Par ailleurs, je tiens à rappeler que les métiers qui contribuent à notre relation avec les demandeurs d'emploi et les recruteurs représentent plus des trois quarts de notre effectif. Quant au management, loin de constituer un groupe pléthorique, il rassemble 11 % des effectifs.

N’accordons pas de crédit aux rumeurs. Je sais la difficulté qui est la vôtre dans l’exercice de notre mission au quotidien au service des entreprises et des demandeurs d’emploi. Ce message est donc aussi pour moi l’occasion de vous remercier sincèrement pour votre implication et vous dire toute ma reconnaissance et ma gratitude.

Bien à vous, Jean Bassères

Le gouvernement prévoit de supprimer des milliers de postes à Pôle emploi


Le gouvernement envisage de réaliser trois milliards d'économies en cinq ans sur le budget du service public de l'emploi. A la clé, notamment, des milliers de suppressions de postes.

Ce sera le dossier brûlant du Budget. Depuis plusieurs semaines, dans les plus hautes sphères de l'Etat, on évoque le sujet du bout des lèvres, comme si la mesure était trop énorme pour devenir réalité. Mais en définitive, pour réaliser des économies drastiques, Pôle emploi et ses 54 000 salariés sont bien à l'aube d'un dégraissage massif. « Plusieurs milliers de postes de cadres du service public de l'emploi sont dans le viseur de Bercy », assure un visiteur du soir de Matignon. Selon lui, entre les budgets 2018 et 2022, les coupes dans les effectifs et d'autres mesures devraient aider l'Etat à économiser « une enveloppe de près de 3 Mds€ ». « La logique, c'est une baisse de l'armée mexicaine des dirigeants de Pôle emploi, poursuit-il. Ce sont les cadres avec de gros salaires, ceux qui travaillent en back-office, notamment sur des fonctions d'ingénierie ou d'analyse du marché de l'emploi.»

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Fin des emplois aidés

 

Chômage : pourquoi les chiffres de l’Insee et de Pôle emploi diffèrent

Au début de 2017, l’Insee annonçait une baisse du taux de chômage. Pôle emploi, de son côté, enregistrait une hausse, bien loin des chiffres de l’institut de la statistique. Explications.

En baisse pour les uns, en hausse pour les autres. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a diminué de 0,4 point au premier trimestre 2017 en France, pour s’établir à 9,6 % de la population active, selon les chiffres publiés le 18 mai. L’organisme a ainsi compté 2,7 millions de chômeurs sans aucune activité en métropole.

Pôle emploi avait, lui, compté davantage de chômeurs à la fin de mars 2017, en hausse de 1,1 %, pour un total de 3,7 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité. Pourquoi une telle différence ?

>> SOURCE : INSEE ET PÔLE EMPLOI

Cet écart n’est pas nouveau. Depuis des années, les statistiques de ces deux organismes divergent considérablement, tant sur le nombre de chômeurs que sur l’évolution de la courbe.

Deux organismes calculent les chiffres du chômage

♦ Pôle emploi : organisme public qui livre mensuellement les chiffres des demandeurs d’emploi inscrits dans ses agences en fin de mois.

♦ L’Insee : l’Institut national de la statistique et des études économiques publie tous les trimestres le taux de chômage, issu de sondages, et calculé selon la définition du Bureau international du travail (BIT). Ce sont les seules données internationalement reconnues.

Deux définitions du chômeur

♦ La définition du BIT

Selon les explications fournies par le site de l’Insee, un chômeur est une personne en âge de travailler, de 15 ans ou plus, qui répond simultanément à trois conditions :

– être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence ;

– être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;

– avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

♦ La définition de Pôle emploi

Pour Pôle emploi, un chômeur est une personne inscrite sur ses listes. Qui peut y accéder ? Selon le site de l’organisme :

« Toute personne à la recherche d’un emploi, résidant sur le territoire national et ayant accès au marché du travail peut s’inscrire auprès de Pôle emploi si elle respecte les conditions de l’inscription, déclare sa domiciliation et fournit un des justificatifs d’identité exigés (les ressortissants étrangers relevant du régime général doivent en outre détenir un titre de séjour et de travail permettant une inscription). »

Un chômeur, au sens du BIT, n’est donc pas forcément inscrit à Pôle emploi, et l’inverse est aussi vrai.

Deux techniques de calcul

♦ Technique du sondage pour l’Insee

L’Institut se base sur un sondage trimestriel auprès de 110 000 personnes et en extrapole un chiffre, rapporté à celui du nombre d’actifs pour obtenir un taux. Une technique qui pourrait aussi expliquer les écarts de ses chiffres avec ceux de Pôle emploi. L’organisme ne peut qu’avancer des hypothèses :

« On peut avoir des gens découragés qui disent à nos enquêteurs ne plus faire de recherches actives d’emploi tout en restant inscrits à Pôle emploi. Mais on peut aussi avoir un phénomène chez les jeunes qui s’inscrivent plus à Pôle emploi pour bénéficier de certaines mesures, alors que, traditionnellement, ils n’y trouvent pas forcément d’intérêt. »

Ainsi, 16 % des chômeurs recensés par l’Insee ne se déclarent pas inscrits à Pôle emploi.

♦ 
Nombre d’inscrits pour Pôle Emploi

Pôle emploi collecte les chiffres des demandeurs inscrits dans ses agences en fin de mois, et possède ensuite ses propres catégories : « A » pour les chômeurs n’ayant pas travaillé du tout, « B » et « C » pour des activités partielles… En général, on retient le chiffre de la seule catégorie A et pour la seule France métropolitaine.

Une personne sans activité mais qui n’est pas ou plus inscrite à Pôle emploi sort donc des chiffres. De même, un chômeur bénéficiant d’une formation reste inscrit, mais quitte la catégorie A pour passer dans une autre. Il suffit d’oublier de s’actualiser auprès de l’établissement public pour en être radié, et disparaître des chiffres, ce même si on continue à chercher du travail.

Des différences accrues en 2013

En 2013, l’Insee a changé les questionnaires de son enquête Emploi. Après la reformulation à la marge de certaines questions, les réponses ont été profondément modifiées. Ainsi, un enquêteur de l’Insee ne vous demandera plus si vous étiez « à la recherche d’un emploi, même à temps partiel ou occasionnel », mais si vous étiez « à la recherche d’un emploi » tout court.

Associée à d’autres, cette modification a suffi à faire pencher quelques « oui » du côté du « non ». Les experts de l’Institut estimaient, en mars 2014, que le nouveau questionnaire a fait artificiellement baisser le taux de chômage de 0,5 point, soit 145 000 chômeurs de moins.


Les Décodeurs


Pôle emploi : "À part le vocabulaire, je ne vois pas ce qui change entre Macron et Sarkozy"


INTERVIEW – Alors que les nouveaux chiffres du chômage vont être publiés jeudi, Cécile Hautefeuille, auteure de La machine Infernale, racontez-moi Pôle emploi, décrypte pour le JDD les travers de l'aide aux demandeurs d'emplois, et les futures réformes gouvernementales.

Jeudi seront connus les chiffres du chômage pour le mois de juillet. Si 20.000 demandeurs d'emploi en moins ont été comptabilisés au dernier trimestre selon une étude de l'Insee, le chantier du chômage reste un défi conséquent pour Emmanuel Macron, qui a fait des promesses de réforme durant sa campagne. Sont-elles adéquates? Cécile Hautefeuille, journaliste et auteure de La machine infernale, racontez-moi Pôle emploi (éditions du ROCHER), publié en mai dernier, revient pour le JDD sur les difficultés de l'institution à répondre aux besoins d'un marché en permanente mutation.

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La start-up de Pôle Emploi reste dans les starting blocks



Le Canard enchaîné - mercredi 16 Août 2017

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