Pôle emploi appelé à mener la chasse aux fraudeurs



Selon un décret publié dimanche dernier, les nouvelles sanctions prévues à l'encontre des chômeurs en cas de manquement à leurs obligations seront plus sévères.

Si en prononçant ses vœux debout face caméras, lundi soir, Emmanuel Macron espérait probablement donné de lui l'image d'un président déterminé, bien décidé à reprendre la main, il semble que le chef de l'Etat devra, toutefois, encore patienter avant d'espérer un retour en grâce. Dès hier, une première enquête enquête d'opinion attestait de ce que 60% des sondés n'avaient pas été convaincus par la prestation du président. Et si l'on ajoute à cela le blocage, ce matin, d'un dépôt pétrolier près de Rouen par des "gilets jaunes", on se dit que les appels d'Emmanuel Macron à "l'unité retrouvée" des Français peinent, décidément, à être entendus. Et pour ne rien arranger, voilà qu'on apprend à présent qu'un décret, publié discrètement dimanche dernier au Journal Officiel, vient renforcer les sanctions contre les chômeurs, plus durement que ce qui avait été annoncé initialement par le gouvernement.

Peut-être qu'en écoutant, lundi soir, Emmanuel Macron appelé les Français à "accepter la réalité", tout en se disant lui-même "au travail", fallait-il comprendre qu'il y avait là déjà un message subliminal, toujours est-il que certaines sanctions du volet "contrôle des chômeurs" de la réforme, adopté dans son principe l'été dernier, ont bel et bien été renforcées. Concrètement, l'incapacité à justifier une recherche d'emploi entraînera désormais la suppression, pure et simple, des allocations pendant un mois dès le premier manquement. Et puis outre la suppression des allocations pendant la radiation, ce décret entraîne également une modification de la définition de ce qu'est une offre de travail dite "raisonnable".


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14% de l'ensemble des demandeurs d’emploi contrôlés ont déjà fait l’objet de sanction. Elles seront durcies, cette année. C'est ce que révèle un décret paru au Journal officiel et ce n'est pas tout à fait ce que le gouvernement avait annoncé.

A partir du 1er janvier, les chômeurs sont soumis à un nouveau régime de sanction et de contrôle. Le principe était acquis depuis septembre, lors du vote de la loi "Liberté de choisir son avenir professionnel", mais les décrets précisant la durée et les modalités de ces sanctions n'ont été publié que ce dimanche. Or, les sanctions sont bien plus dures que ce qui avait été prévu.

La ministre du Travail avait promis davantage de contrôle et des sanctions plus justes. Quinze jours de radiation étaient prévues pour défaut de présentation à un entretien. Ce sera finalement un mois de radiation. Le plus grand changement concerne les chômeurs ou chômeuses radiés pour insuffisance de recherche d'emploi. Jusqu'à maintenant, les allocations étaient suspendues. D'après le décret, elles seront supprimées. Ce qui n'aura pas été touché pendant la période de radiation sera donc définitivement perdu. Ce décret institutionnalise un changement de régime : le contrôle de l'Etat sur les allocations chômage.









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