Pôle emploi publie ses premiers chiffres de 2017


Après la baisse de 2016, inédite depuis la crise, Pôle emploi publie vendredi les chiffres du chômage de janvier, à l'aube d'une année électorale où la lutte contre ce fléau sera un enjeu majeur. Le nombre d'inscrits sur les listes de Pôle emploi à fin janvier sera dévoilé à 18H00 par le ministère du Travail.

L'indicateur a connu l'année dernière sa première baisse depuis 2007, Pôle emploi voyant 107.400 chômeurs quitter ses listes en métropole. La concrétisation de "l'inversion de la courbe du chômage" tant promise par François Hollande, mais avec trois ans de retard. Le président, qui a renoncé à briguer un second mandat, l'avait initialement annoncée pour 2013.

En 2016, la baisse a principalement profité aux jeunes, dont la situation s'est nettement améliorée (-8,8%). Le nombre de chômeurs seniors, lui, a continué d'augmenter (+2,2%), mais plus modérément que les années précédentes. Malgré l'embellie, le paysage n'est pas tout rose. Le nombre de chômeurs reste massif : 3,47 millions, et même 3,73 millions en comptant les outre-mer.

Autre bémol : au global, le nombre d'inscrits à Pôle emploi reste en légère hausse (+1,0% en 2016), témoignant d'un mouvement de vases communicants entre les différentes catégories de demandeurs d'emploi. La baisse du nombre de chômeurs (catégorie A, -3,0%) a été plus que compensée par une hausse du nombre de personnes en contrats précaires (catégorie B et C, +5,5%) et en formation (catégorie D, +24,6%).

Le bond du nombre d'inscrits dans cette dernière catégorie (+67.400 sur un an) s'explique par le plan 500.000, lancé début 2016 et dont l'objectif était de doubler, à un million sur l'année, le nombre de formations dispensées aux demandeurs d'emploi. Le plan a été prolongé jusqu'à la mi-2017, comme la prime à l'embauche pour les PME. Le ministère du Travail a aussi donné l'ordre aux préfets de concentrer sur le premier trimestre les contrats aidés prévus en 2017. Les deux tiers, soit 189.500 sur 280.000, devront être signés avant l'été.

Lendemains qui chantent

En ce début d'année électorale, les chiffres du chômage seront moins scrutés politiquement que ceux des mois et années précédents, parce qu'aucun candidat ne se réclame ouvertement de l'héritage de François Hollande. Son camp, le Parti socialiste, a désigné un candidat, Benoît Hamon, qui a combattu la politique économique du quinquennat. Quant à Emmanuel Macron, ex-ministre de l'Economie de M. Hollande et l'un des inspirateurs de sa politique, il regrette que le président ne soit pas allé assez loin. Si aucun candidat ne se précipite pour tirer les bénéfices électoraux de l'embellie tardive, la plupart promettent des lendemains qui chantent en matière d'emploi. François Fillon promet, grâce à une cure libérale, de ramener le taux de chômage d'environ 10% aujourd'hui à 7% en 2022. Vendredi dans Les Echos, Emmanuel Macron (En marche!) estime lui aussi que le taux de chômage "peut raisonnablement atteindre 7% en 2022". La reprise de l'emploi passe pour lui par de nouvelles baisses de cotisations et plus de souplesse donnée aux entreprises pour négocier sur le temps de travail.

Sans s'engager sur une cible, les autres candidats font aussi des propositions. Marine Le Pen (FN) compte "relocaliser" les emplois, en sortant de l'euro et en instaurant une préférence nationale. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) veut, lui, relancer l'emploi par du "protectionnisme solidaire", une nouvelle réduction du temps de travail et la transition écologique. Quant à Benoît Hamon, il pronostique une raréfaction du travail et propose, par conséquent, l'instauration d'un "revenu universel d'existence" et une "nouvelle étape dans le partage du temps de travail".


 avec AFP



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