Comment calcule-t-on les chiffres du chômage?

Pour évaluer le chômage en France, il y a deux méthodes, celle de l'Insee et celle de Pôle Emploi. Le Figaro fait le point sur les différences de calcul.


En France, on utilise deux indicateurs principaux sur le chômage: le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT, agence spécialisée de l'ONU) calculé par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et le nombre de demandeurs d'emploi (on ne parle pas de chômeurs) inscrits à Pôle emploi. Les tendances dégagées sont proches, bien que les méthodes de calcul soient différentes.

Pôle emploi comptabilise le nombre de demandeurs inscrits auprès de ses services qui correspondent à différentes catégories A, B, C, D et E. En juin 2016 (derniers chiffres), en France métropolitaine, ils étaient 6,2 millions de demandeurs d'emplois toutes catégories confondues et en France (Dom compris), ils étaient 6,5 millions.

Quant au taux de chômage, il est calculé par l'Insee grâce à une enquête réalisée auprès de 65.000 ménages ordinaires chaque trimestre, soit autour de 100.000 personnes de 15 ans ou plus. Le taux de chômage est le rapport du nombre de chômeurs sur le nombre d'actifs (personnes en emploi ou au chômage). D'après les chiffres publiés ce jeudi matin, il est de 9,9% de la population active en France et de 9,6% en France métropolitaine.

Toutes les situations vis-à-vis du marché du travail sont prises en compte: emploi, chômage, retraite, études, inactivité, etc. Les séries sont corrigées des variations saisonnières. Ce qui est indispensable compte tenu des phénomènes saisonniers qui affectent le chômage et l'emploi, telle l'arrivée en été de nombreux jeunes sur le marché du travail à la sortie du système scolaire et universitaire.

Le BIT a adopté une définition du chômage en 1954, puis l'a précisée en 1982, peut-on lire sur le site de l'Insee. Elle a été reprise dans la plupart des pays du monde, et en particulier dans l'Union européenne. Cette définition donne trois conditions pour qu'une personne soit considérée comme chômeur: «être sans emploi ; rechercher activement un emploi, c'est-à-dire avoir pris des dispositions spécifiques au cours d'une période récente spécifiée pour chercher un emploi salarié ou non salarié ; et être disponible pour travailler».

André Zylberberg, économiste français, spécialiste du marché du travail et directeur de recherche émérite au CNRS l'assure: «Les deux baromètres sont équivalents. En revanche, il serait économiquement plus intéressant de calculer le taux d'emploi qui indique le nombre de personnes en emploi. En France, par exemple, ce taux est relativement faible».


Marie Théobald



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