Chômage : Hollande fait de «l’année 2016» son juge de paix

Devant des journalistes de la presse présidentielle, lundi soir, le chef de l’Etat a explicité sa promesse et conditionné sa candidature à la présidentielle sur une baisse du chômage «longue et répétée» en 2016.


Un véritable leitmotiv. S’il avait peu parlé du chômage le 14 juillet dernier, François Hollande s’est rattrapé lundi soir. Devant l’association de la presse présidentielle, le chef de l’Etat, accusé de rester délibérément dans le flou, a explicité son engagement d’inversion de la courbe du chômage, à laquelle il a conditionné sa candidature à la présidentielle de 2017.

«C’est dans l’année 2016 que cette baisse crédible du chômage doit apparaître. Elle doit être suffisamment longue et répétée pour qu’elle apparaisse comme crédible (…), même s’il peut y avoir des chiffres qui se contredisent», a expliqué le chef de l’Etat, saluant le «tassement du chômage, en tout cas de sa progression» au mois de juin ( une très légère hausse, de 1.300 sans emploi ), annoncée quelques heures plus tôt. Il a voulu y voir l’effet du redémarrage de la croissance , mais a rappelé qu’il faut 1,5% de croissance pour créer des emplois. «1,2%, c’est mieux que prévu mais ce n’est pas suffisant», a-t-il prévenu.

«Il y a un risque»

Très maîtrisé d’un bout à l’autre de l’exercice, le locataire de l’Elysée a dit «assumer» le «risque» politique : «Il y a tellement d’aléas qu’il y a un risque», a-t-il concédé, alors qu’il a jusqu’à présent échoué à inverser la courbe du chômage. «Le président est élu. Il doit avoir des résultats. S’il n’y a pas de résultat, il ne peut avoir de crédibilité dans une candidature», a-t-il martelé, en en faisant «une affaire de morale politique» et promettant «bien sûr d’autres mesures» d’ici à la fin du quinquennat. Manière pour François Hollande de tenter de soigner son image, même si le but n’est pas encore atteint et s’il reste très impopulaire dans l’opinion.

«Un bon président, c’est celui qui prend les décisions qui lui paraissent conformes aux intérêts de notre nation (…). Pas pour plaire ou complaire. Ce qui va compter, c’est la trace que je laisserai, quoi qu’il arrive. Il faut du temps pour la voir, la deviner, la dessiner», a-t-il expliqué, concluant : «Le pire pour un président, c’est quand il n’a rien fait d’essentiel.» Parlant d’Alexis Tsipras, le chef de l’Etat a célébré : «Il a pris ses responsabilités, même s’il n’a pas respecté ses promesses de campagne.» Difficile de croire qu’il ne pensait pas un peu à lui-même. Comme lorsqu’il avait souligné, le 14 juillet , à propos du Premier ministre grec : «Bien sûr que nous avons des engagements, des idéaux, mais à un moment, ce qui nous dépasse tous, c’est la patrie.»

 

PIERRE-ALAIN FURBURY


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