Indemnisation des démissionnaires : l'Unédic donne son chiffrage

EXCLUSIF - L'Unédic estime entre 140 et 680 millions d'euros par an le coût de l'indemnisation des démissionnaires présentant un projet de reconversion. La négociation entre syndicats et patronat sur la réforme de l'assurance-chômage se termine en principe ce jeudi.

Entre 140 et 680 millions d'euros par an en rythme de croisière selon les hypothèses retenues : c'est, selon nos informations, la fourchette à laquelle est arrivé l'Unédic à l'issue d'un travail très complexe visant à estimer le coût d'une des promesses phares d'Emmanuel Macron : l'indemnisation chômage des démissionnaires. Ce travail est d'autant plus attendu que syndicats et patronat bouclent en principe ce jeudi leur dernière séance de négociation sur la réforme de l'Assurance-chômage .

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé que tout démissionnaire pourrait être indemnisé mais, devant le coût potentiellement explosif de ce nouveau droit , il l'a assorti une fois élu de deux conditions : qu'il soit corrélé à un projet professionnel et qu'il ne soit utilisable qu'une fois tous les 5, 6 ou 7 ans. Dans son document d'orientation transmis aux partenaires sociaux, le ministère du Travail a fermé un peu plus la porte, estimant que le montant de l'indemnisation devait être plafonné.

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Réforme de l’Assurance chômage : quel scénario ?

En 2018, l’Unedic prévoit de répartir 36,4 milliards d’euros aux chômeurs, financés par un montant égal de contributions provenant des employeurs et des salariés. Sauf que, depuis 2010, l’organisme est chaque année en perte de plus de 3 milliards… avec un pic de 4,3 milliards en 2016. Les prévisions misent sur une réduction des pertes jusqu’à ne plus atteindre que 0,7 milliard en 2020. Dans le même temps, l’endettement (garanti par l’Etat) doit atteindre 36,4 milliards en 2018 et 39 milliards en 2020. Côté recettes, les cotisations sont prélevées au taux exorbitant de 6,45% du salaire brut, taux de loin le plus élevé des pays européens, Espagne exclue (3% en Allemagne).

Et voici que le gouvernement impose aux partenaires sociaux de négocier sur 5 thèmes, qui sont l’extension de l’Assurance chômage aux salariés démissionnaires et aux travailleurs indépendants, cependant qu’il demande de limiter le recours aux contrats courts (CDD de moins d’un mois), de contrôler davantage les chômeurs et qu’il se réserve d’accéder à la gouvernance de ce régime jusqu’à présent entre les mains des seuls partenaires sociaux. Que se passe-t-il donc pour expliquer cette volonté très coûteuse d’extension de l’Assurance chômage dans un tel contexte de déficit du régime et d’endettement de l’Unedic ?

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Assurance chômage : le Medef pourrait se retirer de la gouvernance

"Nous verrons ce que propose le gouvernement, mais notre participation au nouveau système n'est pas forcément gagnée d'avance", a prévenu mardi Pierre Gattaz.

La participation du Medef à la gouvernance du futur système d'assurance-chômage, qui fait actuellement l'objet de négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux, n'est "pas forcément gagnée d'avance", a déclaré mardi le président de l'organisation patronale, Pierre Gattaz.

"Le jeu a été modifié". "Le gouvernement a modifié profondément le jeu en s'invitant autour de la table, il va venir cotiser ou abonder pour les indépendants et pour les démissionnaires", a rappelé le patron des patrons, jugeant que dans ces conditions, la gouvernance du système, actuellement géré par les partenaires sociaux, devenait "cruciale".

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Quand Pôle Emploi aide les chômeurs à trouver... une place en crèche

Pôle emploi ne fait pas que verser des indemnités chômage et accompagner les demandeurs d’emploi. L’organisme propose aussi son propre service de garde d’enfants, baptisé “Ma Cigogne”.

Le chiffres sont tombés le 30 janvier dernier, et ils sont toujours très élevés. Malgré une croissance économique qui accélère, le taux de chômage se maintient à plus de 9% de la population active. Pour aider les demandeurs d’emploi à revenir sur le marché du travail, il y a bien sûr Pôle emploi pour les accompagner. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est qu’en dehors du suivi proposé et du versement des indemnités chômage, l’organisme public est aussi là pour aider les parents sans emploi… à faire garder leurs enfants, s’ils ont entre 0 et 3 ans.

Depuis 2016, Pôle emploi a mis en place “Ma Cigogne”, une plateforme web et une application qui permettent aux demandeurs d’emploi de trouver une place pour leurs enfants en crèche ou en halte-garderie. Ce service a pour spécificité de ne proposer que des gardes de courte durée, d’une demi-journée à trois jours. Par ailleurs, un justificatif doit aussi systématiquement être apporté. Raisons possibles à invoquer ? ”Entretien d’embauche, rendez-vous Pôle Emploi, entrée en formation…”, indique la Caf. En effet, “Ma Cigogne” est seulement là pour aider les chômeurs à se concentrer sur leurs démarches de recherche d’emploi.

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Il avait escroqué Pôle emploi de 46 000 €, il devra rembourser 15 000 €

Jugé hier à Saint-Brieuc, un homme, qui avait fraudé et fait de fausses déclarations à Pôle emploi, a été condamné à huit mois de prison avec sursis. Il devra rembourser 15 000 €. Le parquet avait requis 46 000 €.

« Il a été démasqué dans le cadre d’un contrôle de Pôle emploi Durant huit années, il a fraudé et fait de fausses déclarations », pointe le procureur.

À la barre du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, un homme de 45 ans tente d’expliquer pourquoi il a grugé Pôle emploi de 2008 à 2016.

« C’est un conseiller qui m’avait expliqué que je pouvais cumuler une petite activité salariée et des indemnités. » Une défense un peu grosse et pas crédible aux yeux de la partie civile. « C’est Pôle emploi qui lui a dit de tricher… », relève l’avocat.

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Pole emploi fait ses comptes et se félicite

Nous sommes plutôt fiers de nos résultats et du travail accompli, dit sans ambages Virginie Coppens-Menager, directrice régionale de Pôle emploi Centre-Val de Loire. Elle sait bien que l’image de l’organisme n’est pas forcément la meilleure auprès de certains demandeurs d’emploi et chefs d’entreprises, mais elle argumente avec conviction.

« Nous avons quatorze indicateurs qui mesurent notre performance et ils sont au vert dans les trois priorités de notre action : accompagnement au retour à l’emploi, adaptation des compétences disponibles au marché et accompagnement des entreprises dans leur recrutement. » Quelques chiffres viennent étayer ce satisfecit : en 2017, 156.773 demandeurs ont été accompagnés et ont retrouvé un emploi (CDD et CDI).

Cette même année, 303.452 demandes d’allocations ont été enregistrées à Pôle emploi et 121.000 personnes ont été indemnisées pour un montant total de 1,2 milliard d’euros. Et surtout, peut-être, « 94,1 % des dossiers ont été traités dans les délais, soit 10 % de plus que l’année précédente », exulte la directrice qui n’ignore pas que la lenteur n’est pas la moindre des critiques faites à l’encontre de ses services.

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