Radiations : «Pôle Emploi verse d’une main des indemnités et les reprend de l’autre»

Depuis décembre, l’organisme peut supprimer les allocations aux demandeurs jugés pas assez actifs. Une démarche de renforcement des contrôles qui exaspère les usagers.

«Pôle Emploi, c’est l’ami dont tu espères ne jamais avoir de nouvelles.» Surtout pour un contrôle. Tour à tour au chômage et en emploi précaire depuis dix ans, Cécile, Nantaise de 40 ans, était déjà amère envers Pôle Emploi. La rupture a fini d’être consommée l’an passé : «Je débutais une formation, et là, on m’informe que je suis contrôlée. Ça m’a pris un temps fou pour fournir tous les justificatifs.»

En fin de compte, l’organisme d’indemnisation et de placement des demandeurs d’emploi juge les démarches de recherche de cette chargée de mission suffisantes. La procédure s’arrête donc net. Pas de radiation temporaire. Ni d’allocations supprimées, comme peuvent le craindre les chômeurs perçus comme pas assez zélés. Longtemps restée théorique car relevant de la compétence des préfets, cette seconde menace est devenue bien réelle depuis la parution, fin décembre, d’un décret. Ce dernier est issu du projet de loi de septembre pour la liberté de choisir son avenir professionnel, transférant ce pouvoir à Pôle Emploi.

Lire la suite : Radiations : «Pôle Emploi verse d’une main des indemnités et les reprend de l’autre»

Quand Pôle emploi forme les chômeurs au savoir-être

Arnaud, Béatrice et Julien ont été parmi les premiers à suivre la nouvelle prestation "Valoriser son image pro" en Occitanie.

Elle s'appelle "Valoriser son image pro". C'est la dernière-née des prestations proposées par Pôle emploi. Son objectif : développer ou renforcer les savoir-être professionnels des chômeurs, ces fameux soft skills, ou compétences comportementales, comme l'autonomie, le travail en équipe, l'adaptabilité, la fiabilité, mais aussi l'assiduité, la ponctualité, le respect des consignes...

60% des employeurs jugent ces qualités bien plus importantes que les compétences techniques des candidats, selon l'enquête complémentaire aux besoins en main d'oeuvre (BMO) 2017 de Pôle emploi. C'est particulièrement vrai dans les secteurs en contact avec le public, comme la restauration, l'hôtellerie et le commerce.

Lire la suite : Quand Pôle emploi forme les chômeurs au savoir-être

Travailleurs frontaliers : surcoût de 700 millions d'euros pour l'assurance chômage

Selon une étude de l'Unedic, la France a versé 919 millions d'euros d'indemnisation chômage à des demandeurs d'emploi frontaliers en 2017 mais n'a été remboursée qu'à hauteur de 210 millions.

Le système actuel d'indemnisation chômage des travailleurs frontaliers, en cours de révision au niveau européen, a représenté un surcoût d'environ 700 millions d'euros en 2017 pour la France, principalement dû à la Suisse, selon une étude de l'Unedic.

Les règles européennes actuelles prévoient qu'un travailleur frontalier cotise dans l'État où il travaille, soit pour un Français, principalement la Suisse, le Luxembourg, l'Allemagne et la Belgique. S'il se retrouve au chômage, la charge de l'indemnisation revient en revanche à son État de résidence (la France) où il bénéfice de droits identiques à celui qui y a exercé son activité.

La Suisse est responsable de 74% de ce surcoût. L'État de l'emploi ne rembourse ensuite à l'État de résidence qu'une partie des allocations versées. Ainsi la France a versé 919 millions d'euros d'indemnisation chômage à des demandeurs d'emploi frontaliers en 2017 mais n'a été remboursée qu'à hauteur de 210 millions.

Lire la suite : Travailleurs frontaliers : surcoût de 700 millions d'euros pour l'assurance chômage

Assurance chômage : Le drôle de document envoyé par le patronat aux syndicats

Le trio patronal U2P-Medef-CPME a envoyé aux syndicats, ce lundi 21 janvier, un document de cinq pages détaillant les différentes raisons de leur opposition à la taxation des contrats courts, alors que les négociations reprennent demain. Mais sans faire de propositions en échange.

À la veille d’une réunion de la dernière chance dans le cadre de la négociation portant sur l’assurance chômage, c’est un drôle de document qu’a adressé le trio patronal Medef-CPME-U2P aux syndicats, dans la matinée de ce lundi 21 janvier. En cinq pages, les organisations patronales exposent les différentes raisons qui les poussent à rejeter en bloc l’idée d’une taxation des contrats courts (autrement appelés bonus-malus)…. sans avancer une seule contre-proposition en échange.

Lorsqu’on connaît l’attachement des syndicats pour cette taxation des contrats courts, l'envoi d'un telle lettre de quoi questionner sur les possibilités de déboucher sur un compromis. D’autant qu’on le sait, si cette réunion du mardi 22 janvier venait à échouer, le fin des négociations sur l’assurance chômage pourrait s’en retrouver précipitée. Et le gouvernement être amené à reprendre la main…

Lire la suite : Assurance chômage : Le drôle de document envoyé par le patronat aux syndicats

Synthèse du Bureau de l'Unédic du 20 décembre 2018

Chaque Bureau de l’Unédic fait l’objet d’une synthèse publique, qui rend compte des travaux des gestionnaires de l’Assurance chômage. Lors de sa réunion de décembre 2018, le Bureau a abordé : le financement de l'Assurance chômage en 2019, la convention de trésorerie 2019 avec Pôle emploi, les travaux d'audit, et les dernières analyses statistiques sur les travailleurs frontaliers et les intermittents du spectacle.


Financement de l'Assurance chômage en 2019

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 supprime les contributions salariales à l’Assurance chômage à compter du 1er janvier 2019, qui sont remplacées par une fraction de la « CSG activité » afin de garantir les recettes de l’Assurance chômage en 2019. De plus, le CICE devient une réduction dégressive des contributions patronales pour les salaires inférieurs à 1,6 Smic à compter d’octobre 2019 (allègements généraux). L’État compensera également les contributions patronales qui feront l’objet d’allègements généraux, pour la part qui concerne l’Unédic. L’Acoss est chargée de centraliser ces deux mécanismes de compensation.

Les services de l’Unédic préparent 3 conventions permettant d’encadrer et sécuriser dès début 2019 ces flux financiers et le suivi de l’information :

Lire la suite : Synthèse du Bureau de l'Unédic du 20 décembre 2018

Pour une vraie réforme de l'assurance chômage

OLIVIER BABEAU / président de l’Institut Sapiens ERWANN TISON / économiste et directeur des études de l'institut Sapiens

LE CERCLE/POINT DE VUE - Créons une nouvelle assurance chômage dans laquelle l'acquisition de compétences agira comme un bouclier face au choc du numérique.

Le taux de chômage stagne en France au-delà de 9 % depuis plus de 10 ans. La future réforme de l'assurance chômage doit être bien plus qu'un simple ajustement marginal de paramètres. Bien au-delà d'un contrôle accru de quelques passagers clandestins d'un système caractérisé par de nombreux effets de seuil, c'est d'un changement de logique dont nous avons besoin.

Face à une révolution technologique qui pourrait potentiellement transformer plus de 40 % des métiers existants, la réforme est une occasion de créer une nouvelle assurance dans laquelle l'acquisition de compétences agira comme un bouclier face au choc du numérique.

Lire la suite : Pour une vraie réforme de l'assurance chômage