Misoo Yoon : “Nous avons pris le parti d’être acteur de notre transformation”

La directrice générale adjointe de Pôle emploi, Misoo Yoon, détaille la stratégie d’innovation menée par l’opérateur public et ses quelque 54 000 collaborateurs. Pôle emploi, explique-t-elle, a privilégié ces dernières années l'expérimentation faisant recours à des évaluations rigoureuses et n'a pas hésité à bousculer certains “totems” internes.

Comment Pôle emploi s'est-il adapté aux évolutions du marché de l'emploi ?
Depuis 4 ans, Pôle emploi est en première ligne du combat pour l’accès à l’emploi. Dans un contexte de chômage de masse, sur un marché du travail en pleine transformation, nous avons voulu démontrer qu’un opérateur public de 54 000 collaborateurs versant chaque année environ 36,5 milliards d’allocations et d’aides financières était aussi pleinement capable d’innover. Durant cette période, Pôle emploi a fait la preuve de sa solidité en inscrivant et indemnisant dans les délais les demandeurs d’emploi, c’est-à-dire en répondant en priorité à leurs besoins immédiats.

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Assurance chômage: "Il faut que le gouvernement signe le texte au plus vite"

Patronat et syndicats se retrouvent à nouveau cette semaine afin de finaliser la rédaction de la convention d'assurance chômage devant entrer en vigueur en octobre prochain. Le temps presse, l'élection présidentielle pourrait changer la donne.

C'est l'ultime étape avant une signature définitive de la convention d'assurance chômage des trois prochaines années. Il aura fallu que les partenaires sociaux passent par un échec puis une nouvelle session de discussions pour aboutir enfin à ce texte régissant le quotidien des demandeurs d'emploi à compter du 1er octobre.

Deux réunions techniques sont prévues avant de laisser la main au ministère du Travail. Mercredi 12 avril et vendredi 14 avril, patronat et syndicats (y compris la CGT, qui assure pourtant qu'elle ne paraphera pas le texte) se retrouveront au siège de l'Unédic pour transformer l'accord signé le 28 mars en convention pleinement applicable. "Il faut adapter les mesures et anticiper les enjeux techniques, pointe Michel Beaugas de FO. Et ça prend un peu de temps." L'objectif que se sont fixés tous les participants signataires, c'est d'aboutir à une signature collégiale le vendredi 14 avril au matin.

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Chômage : Les offres illégales de Pôle emploi

La CGT a étudié un échantillon de 1 298 offres sur Pole-emploi.fr, concernant quatre villes et tous les domaines professionnels. Le résultat est affligeant. Comment en est-on arrivé là ? Comment transformer ce constat en outil de lutte ?

Des truands utilisent depuis 2014 Pole-emploi.fr pour détrousser les salarié.es privé.es d’emploi. Ils diffusent une offre bidon, promettent un bon boulot, et demandent au ou à la salarié.e d’avancer des frais avant l’embauche. Cette technique d’arnaque (phishing) est connue par mail, mais la nouveauté, c’est que ça passe maintenant par Pole-emploi.fr. Pourquoi depuis 2014 ? C’est à cette date que la direction de Pôle emploi a décidé de privatiser son site, en autorisant des sociétés privées à diffuser des offres d’emploi sans contrôle préalable, sauf par algorithme logiciel. Petit problème : ce logiciel est une passoire. Les truands font donc désormais la loi sur le site institutionnel.

La CGT [1] réclame le retour du contrôle, avant diffusion, de chaque offre d’emploi par un agent public. Jean Bassères, le directeur général de Pôle emploi, est parfaitement au courant, tout comme Mme El Khomri. M. Bassères répond à la CGT que les chômeurs et chômeuses n’ont qu’à contrôler par leurs propres moyens la qualité des offres. Ou comment se dédouaner de toute responsabilité…

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"L'assurance-chômage est encore trop coûteuse"

Pour Bruno Coquet, expert associé à l'Institut de l'entreprise et à l'OFCE, "le système d'assurance-chômage n'est pas trop généreux. En revanche, il est trop coûteux pour ceux qui cotisent, salariés et employeurs..."

L'accord signé récemment entre les partenaires sociaux peut-il sauver le système d'assurance-chômage?

Il peut sauver la gestion paritaire! Mais le prix à payer est très élevé: augmentation des cotisations et baisse des prestations. L'accord se focalise sur le déficit de l'Unédic, alors que le système n'est en réalité pas déficitaire: le solde entre les cotisations payées et les prestations versées est positif depuis vingt-cinq ans! Ce qui met les comptes dans le rouge, ce sont les 3,5 milliards de subventions versées par l'Unédic à Pôle emploi et le milliard de financement de la politique culturelle par le biais du régime des intermittents. La caisse d'assurance-chômage des salariés n'a pas à supporter ces dépenses.

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Pôle emploi : les seniors et les précaires moins indemnisés

On sait sur qui pèseront les 900 millions d'euros d'économies visant à limiter le déficit de l'Unedic : les seniors de 50 à 52 ans et les précaires en activité réduite.

Attention, grands travaux ! On ne sait si l'accord sur le chômage trouvé le 28 mars par sept partenaires sociaux (CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UPA, CPME et Medef) entrera en vigueur au 1er septembre ou au 1er décembre 2017, pour permettre à Pôle emploi de mieux s'y préparer. Mais on sait sur qui pèseront les 900 millions d'euros d'économies visant à limiter le déficit de l'Unedic (3,6 milliards en 2016) : les seniors de 50 à 52 ans et les précaires en activité réduite.

Ainsi les nouveaux privés d'emploi âgés de 50 à 52 ans seront indemnisés 24 mois, contre 36 précédemment. Pour être soutenus six mois de plus, ils devront mobiliser en fin d'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) les 500 heures de formation créditées utilement sur leur compte personnel. Un arbitrage cornélien puisque se qualifier plus vite augmenterait leurs chances de décrocher un job… mais réduirait la durée de leur accompagnement. Moins pénalisés, les chômeurs de 53 à 55 ans pourront se former six mois et percevoir 30 mois d'ARE. « Les droits des plus de 55 ans [36 mois d'ARE] ne changent pas », précise Michel Beaugas, de FO.

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Précaires, seniors, patrons... Ce que les nouvelles règles de l'assurance-chômage vont changer pour vous

Les négociateurs du patronat et de quatre centrales syndicales sont parvenus, mardi, à un compromis sur une nouvelle convention d'assurance-chômage.

La CFDT et la CFTC ont officiellement validé, mercredi 29 mars, l'accord sur l'assurance-chômage, conclu mardi soir avec le patronat. Avec ce compromis, l'objectif est de générer, chaque année, près de 1,2 milliard d'euros d'économies et de recettes nouvelles pour le régime. Franceinfo détaille les conséquences concrètes de ces changements de règles, qui doivent entrer en vigueur le 1er septembre.

Si vous êtes un travailleur précaire

Aujourd'hui, pour bénéficier de l'assurance-chômage, il faut avoir travaillé 610 heures ou 122 jours au cours des 28 derniers mois. Le projet d'accord conserve le curseur des 610 heures, mais remplace les 122 jours calendaires par 88 jours effectivement travaillés, ce qui doit permettre aux travailleurs enchaînant les contrats très courts d'accéder plus facilement à l'indemnisation. Ce système permettrait à 34 000 personnes de plus d'être indemnisées chaque année.

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