Mayenne : des Gilets Jaunes "fêtent" à leur façon les 10 ans de Pôle Emploi

Quelques Gilets Jaunes se sont rassemblés devant l'agence de Mayenne ce lundi pour protester contre les nouvelles mesures de contrôles des demandeurs d'emploi, parus dans un décret du 30 décembre dernier.

Ils dénoncent une "chasse aux chômeurs". Ce lundi matin, des Gilets Jaunes se sont réunis devant l'agence Pôle Emploi de Mayenne afin de dénoncer les nouvelles mesures de contrôles des demandeurs d'emploi. Le 30 décembre dernier, un décret de la loi Avenir Professionnel est paru dans le Journal Officiel. Un texte passé inaperçu mais qui va changer quelques règles pour les personnes inscrites à Pôle Emploi. L'établissement public fête ses dix ans. Il est né de la fusion en 2009, décidée par le Président de la République de l'époque Nicolas Sarkozy. Une fusion censée rendre plus efficace la recherche de travail.

Le décret du 30 décembre stipule par exemple que l'absence à un rendez-vous avec le conseiller Pôle emploi entraînera une suspension d'un mois des allocations, contre deux mois auparavant. Inadmissible pour Amélie, une Gilet Jaune au chômage. "Je pense qu'il vaudrait mieux taper les gens qui sont plus hauts, ceux qui ne paient pas d'impôts, mais aussi les gens plus bas qui sont au RSA et qu'on oblige pas à aller au travail" tranche la mère de famille. "Nous [les demandeurs d'emploi, ndlr] on est déjà puni car on est au chômage. C'est une punition, on n’est pas fier !" termine Amélie.

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Des sanctions contre les chômeurs plus dures qu'avant ? on a comparé

Conséquence de la loi “Avenir professionnel”, un décret entré en vigueur fin décembre, modifie les possibilités de sanctions à l’égard des chômeurs qui manquent à leurs obligations. Mais y a-t-il forcément durcissement de l’arsenal “répressif” comme l’ont de suite dénoncé les syndicats ? Capital vous résume, sanction par sanction, “l'avant-après” du décret.

“Le gouvernement, dans les prochains mois, devra (...) changer en profondeur les règles de l’indemnisation du chômage afin d’inciter davantage à reprendre le travail” : prononcés à l’occasion de ses traditionnels voeux aux Français, ces quelques mots d’Emmanuel Macron ont démontré que malgré le mouvement des gilets jaunes, le président ne renonce pas à sa volonté de réformer notre système d’assurance chômage. D’ailleurs, les séances de négociations entre les partenaires sociaux vont continuer de se tenir, avec une nouvelle réunion prévue ce mercredi 9 janvier, jusqu’à, au moins, fin janvier.

Mais un décret d’application de la loi “Avenir professionnel” adoptée l’été dernier, paru au Journal officiel la veille des voeux du président de la République, est venu mettre de l’huile sur le feu, en tout cas côté syndical. Celui-ci modifie les possibilités de sanction à l’égard des chômeurs. , vient Pourquoi a-t-il fait réagir ? Parce que, dans certains cas, les sanctions prévues sont plus lourdes que ce que le gouvernement avait annoncé.

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En 2019, Pôle emploi Centre vous demandera peut-être d'inscrire vos actes de recherche d'emploi en ligne

Si les sanctions sont renforcées pour tous, depuis le 1er janvier, la Région Centre-Val de Loire sera peut-être concernée par l’expérimentation d’un nouvel outil en ligne : le carnet de bord numérique.

Le président socialiste du conseil régional, François Bonneau, a communiqué jeudi au sujet du contrôle renforcé des chômeurs en Centre-Val de Loire. Une information qui mérite des éclaircissements.

1. Le communiqué de la Région

"Vous êtes nombreux à vous interroger depuis ces dernières heures sur l’annonce d’un contrôle renforcé des chômeurs dans notre région. Je précise que cette mesure n’émane pas du conseil régional mais de Pôle emploi qui, dans notre région, s’est porté volontaire pour expérimenter ce nouveau dispositif national", écrit François Bonneau.

2. Cela ne concerne pas les sanctions décrétées le 30 décembre

À la lecture de ce communiqué, l’on pourrait penser que les sanctions renforcées contre les demandeurs d’emploi, publiées au Journal officiel le 30 décembre (notre édition d’hier), seront testées par la région. Il n’en est rien. Ces sanctions s’appliquent à toute la France depuis le 1er janvier, suivant des modalités qui restent à préciser.

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Les 7 chiffres démontrant que Pôle emploi n'a pas rempli ses objectifs fixés il y a dix ans

La fusion début 2009 entre l'ANPE et les Assedics devait remettre le chômeur au cœur du système, lui permettre de retour plus vite un emploi via un accompagnement plus personnalisé pour ramener la France, en 2012, quasiment plein-emploi. Un échec, vu les fondamentaux enregistrés au bout d'une décennie d'exercice.

C'était l'une des promesses phares du programme de Nicolas Sarkozy en 2007: fusionner l'ANPE, l'Unedic -et à l'époque les maisons de l'emploi- pour créer «un service public de l'emploi qui interviendra immédiatement et de manière personnalisée pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de trouver ou retrouver un emploi beaucoup plus rapidement qu'aujourd'hui», comme il est écrit noir sur blanc page 6 du projet présidentiel de l'ex-chef de l'État. Son ambition était simple: «vaincre le chômage». Son objectif ne l'était pas moins: ramener la France au plein-emploi à la fin de son quinquennat, soit aux alentours de 5% de la population active, contre 8,1% au moment de son élection.

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Il y a dix ans, la naissance douloureuse de Pôle emploi

Adieu les Assedic et l’ANPE, bonjour « Pôle emploi ». Il y a dix ans, les deux premiers organismes fusionnent en un « service public de l’emploi », une naissance douloureuse et au pas de charge, en pleine crise économique.

Alors secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez, chargé de superviser cette réforme, promesse de campagne de Sarkozy, manie l’emphase : il s’agit ni plus ni moins que de « constituer d’ici trois ans le service public de l’emploi le plus performant d’Europe ». Inspiré des « Jobscentres Plus » britanniques, avec le principe du guichet unique, « Pôle emploi » est officiellement lancé le 5 janvier 2009, alors que la France commence à voir grimper le nombre de chômeurs, quatre mois après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

L’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), un organisme public de 30 000 agents, et les Assedic organismes privés chargés de l’indemnisation et comptant 14 000 salariés, gérés par le patronat et les syndicats, sont regroupés. Choc de culture et résistances.

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Pôle emploi triple le nombre de contrôleurs des chômeurs

Le décret qui fixe de nouvelles sanctions entérine la nomination de ces agents

Publié le 30 décembre au journal officielpour une application à compter du 1er janvier, le décret relatif aux droits et aux obligations des demandeurs d'emploi s'inscrit dans la suite logique des mesures instaurées dès l'automne 2015 avec le recrutement de 200 "supers contrôleurs" censés vérifier que les chômeurs sont effectivement en recherche active d'emploi. L'une des mesures phare du décret vise ainsi à renforcer cette "brigade" formée à partir des conseillers de Pôle emploi volontaires, qui passe de 216 à 600 agents, dont une cinquantaine pour la seule région Paca, qui avait été pionnière en la matière.

Le texte renforce dans le même temps l'arsenal nécessaire à la répression que ces "gendarmes" du marché du travail doivent exercer, sans toutefois le révolutionner. Le changement porte en effet essentiellement sur deux sanctions concernant deux types d'obligation.

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