Enquête sur ce milliard d'euros que Pôle emploi veut récupérer

Dysfonctionnements informatiques, erreurs humaines, problèmes de sous-traitance… Près d'un milliard d’euros ont été versés à tort à des demandeurs d’emploi qui doivent rembourser.

En 2016, plus de 981 millions d’euros ont été versés à tort à des demandeurs d’emploi, selon l’Unédic, le gestionnaire de l’assurance chômage. Cela n’a rien à voir avec de la fraude. Il s’agit bien de sommes versées par erreur par Pôle emploi. On les appelle des "trop-perçus", que les demandeurs d’emploi doivent rembourser.

Quand ils l’apprennent, c’est souvent un choc

C’est ce qui est arrivé à Nathalie en 2017. Inscrite depuis plusieurs années à Pôle emploi, elle cumule allocations chômage et maigres revenus non-salariés, issus de son statut de micro-entrepreneur. Quand elle demande un rendez-vous à Pôle emploi pour faire une banale demande de formation, elle n’imagine pas une seconde ce qui va lui tomber dessus. "_Un conseiller m’apprend que je dois 16 000 euros_. Je suis abasourdie. Il me demande mes avis d’imposition et le lendemain, le montant passe à plus de 20 400 euros ! Ce monsieur a quand même la présence d’esprit de m’expliquer que l’erreur ne vient pas moi."

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Les partenaires sociaux décideront des "règles" de l'Unedic

Le gouvernement entend laisser aux partenaires sociaux le soin de décider des "règles" au sein de l'Unedic, dont la gouvernance doit être réformée dans le prochain projet de loi social, a déclaré jeudi la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Les partenaires sociaux ont manifesté leur inquiétude quant à la réforme de l'assurance chômage qui doit être présentée au conseil des ministre durant la deuxième quinzaine d'avril et qui prévoit, en plus de l'intégration de certains démissionnaires et indépendants au régime, une refonte de sa gouvernance.

"Qu'est-ce que font les partenaires sociaux au sein de l'Unedic? (...) Ils définissent les règles. Les règles, c'est le taux d'indemnisation, la durée d'indemnisation, les modalités d'indemnisation. Ça me parait essentiel que patronat et syndicats puissent discuter de ce sujet", a dit Muriel Pénicaud, lors du "Grand RDV" de l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS).

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Seine-et-Marne : ils inventent des détenus pour arnaquer Pôle emploi

La police judiciaire de Meaux a interpellé quatre hommes poursuivis pour escroquerie en bande organisée. En cinq ans, ils ont détourné 450 000 € avec des dossiers de faux chômeurs.

C’est une affaire d’escroquerie en bande organisée originale que vient de résoudre la police judiciaire de Meaux. Les enquêteurs de la section économique et financière ont placé en garde à vue, en début de semaine, quatre hommes qui ont inventé des identités de détenus en réinsertion et monté une fraude aux contrats aidés.

Ces contrats de travail, qui permettent aux employeurs de recevoir une aide financière, visent à favoriser l’insertion professionnelle de personnes éprouvant des difficultés à être embauchées. Et, entre autres, de sortants de prison.

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Pôle emploi : le médiateur dénonce un "n'importe quoi" en matière de sanctions

Jean-Louis Walter, médiateur national de Pôle emploi, a appelé à revoir de fond en comble les sanctions contre les chômeurs qui ne respectent pas leurs obligations.

"C'est n'importe quoi." Le médiateur de Pôle emploi estime que l'échelle des sanctions contre les chômeurs est inadéquate. "On est radié pour deux mois parce qu'on a loupé un rendez-vous, alors qu'on est radié pour 15 jours parce qu'on ne recherche pas du tout d'emploi", a-t-il lancé mercredi 15 mars.

UN DISPOSITIF PLUS "ÉQUITABLE"

"Pour les absences à convocation, instaurer un dispositif de gradation ou de sursis pour le premier manquement serait équitable et s'inscrirait de surcroît dans la mouvance actuelle de bienveillance de l'administration et de droit à l'erreur", estime-t-il dans son rapport annuel publié mercredi. Il avait déjà formulé la même préconisation en 2013, à l'époque sans effet. Mais le contexte a changé, puisque le ministère du Travail doit annoncer prochainement une nouvelle échelle des sanctions.

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Pôle Emploi : Le Médiateur à reçu moins de plaintes en 2017

Après des années de hausse, le nombre de plaintes auprès du médiateur de Pôle emploi a baissé de 2,5% en 2017, révèle mercredi le rapport annuel de l'instance de recours, qui appelle malgré tout l'opérateur à "reconnaître et assumer" ses erreurs.

Le médiateur a reçu 30.472 réclamations l'an dernier, contre 31.278 l'année précédente. Cette baisse s'inscrit dans un contexte de hausse du nombre d'inscrits à Pôle emploi (+0,9%), mais de baisse du nombre de demandes d'allocations (-8%): quelque 9,9 millions de demandes ont été traitées par Pôle emploi en 2017, contre 10,8 millions en 2016.

L'indemnisation est traditionnellement le premier motif de réclamation (plus de 60% en 2017). Dans le détail, 29% des réclamations ont concerné le droit à l'indemnisation, 19% les trop-perçu, 10% le calcul de l'indemnisation, 5% le paiement de l'indemnisation.

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Nationaliser l'assurance-chômage, une autre promesse non tenue

Lors de la campagne électorale, le candidat Emmanuel Macron avait indiqué son souhait de nationaliser l'assurance-chômage. Après des semaines de discussions avec les syndicats, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, vient de rendre sa copie de la réforme à suivre. La proposition phare ne figure pas, les syndicats ayant encore une fois, comme pour la réforme du code de travail et la fameuse inversion des normes, imposé leur volonté. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, professeurs à l'ESSEC.

La nationalisation de l'Assurance chômage est une mesure de bon sens. Actuellement, l'Assurance chômage (UNEDIC) est gérée de manière paritaire par les représentants des employeurs (MEDEF, CGPME, U2P, ...) et les grands syndicats employés nationaux (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO). Ils décident de la politique d'indemnisation du chômage, en s'appuyant sur les ressources de l'UNEDIC, financée par des prélèvements obligatoires sur les salaires.

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