Assurance-chômage. soixante bougies pour l'UNEDIC, et après ?

Alors qu’Emmanuel Macron détricote le système d’indemnisation des privés d’emploi, son anniversaire éclaire sur les fractures de l’institution.

Un anniversaire au goût amer. Le 31 décembre, l’assurance-chômage soufflait ses 60 bougies. Si son âge n’est pas encore canonique, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron pourrait lui porter l’estocade. À l’automne 2018, le remplacement des cotisations salariales par la contribution sociale généralisée (CSG) et l’imposition par le gouvernement d’une lettre de cadrage, méprisant syndicats et patronat, ont sapé les fondements mêmes du régime paritaire. Comme le résume Claire Vivés, sociologue au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET), « c’est le début de l’enterrement. On ne comprend pas le projet gouvernemental, que veut-il ? Une indemnisation forfaitaire ? Qu’est-ce qu’il gagne à reprendre la main comme ça sur le régime ? Si l’Unédic disparaît, on ne pourra pas s’en réjouir, même si c’est un système imparfait ».

De 1958 à 1979, les droits des privés d’emploi sont en hausse

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Les fortes réserves de Pôle emploi face aux demandes des partenaires sociaux

Syndicats et patronat veulent que l'opérateur public renforce son appui à tous les chômeurs. L'opérateur public oppose son manque d'effectifs.

Intensifier l'aide pour tout demandeur d'emploi au bout de quatre de mois de chômage : c'est l'une des demandes phares que les partenaires sociaux ont formulées à Pôle emploi dans le cadre de la négociation de sa convention d'objectifs pour les années 2019-2021. Une demande qui risque de rester lettre morte : y répondre signifie augmenter les effectifs de l'opérateur public à hauteur de 10.000 postes, soit 20 % de plus, peut-on lire dans les documents transmis aux syndicats et au patronat auxquels « Les Echos » ont eu accès.

« Même dans l'hypothèse où cette possibilité ne serait utilisée que par 10 % des demandeurs d'emploi, la charge serait de 1.000 équivalents temps plein annuel travaillé supplémentaires », selon l'opérateur public. Impossible, là encore, compte tenu des coupes dans les rangs imposées par le gouvernement (800 postes cette année, après 600 en 2018). Compte tenu également des obligations issues du plan pauvreté : dégager 850 postes pour fournir d'ici à 2022 un accompagnement global à 200.000 personnes supplémentaires.

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Comment Pôle emploi propose d'améliorer ses services

L'opérateur public a répondu aux demandes des partenaires sociaux dans le cadre de la négociation de sa convention d'objectifs 2019-2021. Il met en avant la question des effectifs.

Son dixième anniversaire à peine célébré, Pôle emploi s'attelle à ses devoirs pour la période 2019-2021 qui ont pris un peu de retard. C'est tout l'objet du projet de convention que l'opérateur public vient de mettre sur la table pour la négociation de ses objectifs à trois ans avec les partenaires sociaux et l'Etat. Un texte dévoilé par l'agence « AEF » et auquel « Les Echos » ont eu accès.

Les propositions d'amélioration du service rendu aux chômeurs ou aux entreprises qui y figurent renvoient à chacune des demandes que les syndicats et le patronat ont (difficilement) formulées lors de leur deuxième séance de négociation sur l'assurance-chômage . Certaines sont innovantes, d'autres approfondissent des actions déjà engagées, quelques-unes contournent les demandes parce qu'elles se heurtent à des contraintes légales.

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Pourquoi Emmanuel Macron aura du mal à réformer l'assurance chômage après les gilets jaunes

Une nouvelle séance de négociation a lieu ce mercredi entre le patronat et les syndicats sur la réforme de l’assurance chômage. L’accord est improbable, car les positions sont très éloignées notamment sur la multiplication des contrats courts. En cas d’échec probable, Emmanuel Macron lancera-t-il une réforme qui fera des perdants chez les demandeurs d’emploi ?

"Je suis assez pessimiste. Il sera très difficile de réaliser une vraie réforme." Pour Pierre Cahuc, économiste à Sciences Po et spécialiste du marché du travail, le big bang de l'assurance chômage, promis par Emmanuel Macron, semble compromis. Avant la révolte des gilets jaunes, le chef de l'Etat était déterminé à bouleverser les règles de l'indemnisation du chômage. Même s'il avait demandé aux syndicats et au patronat de négocier cette réforme, il se préparait à les courcircuiter en cas de (probable) blocage. D'ailleurs, les conseillers de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, ont peaufiné les textes et décrets, avant même la fin des discussions, prévue fin février. "Nous serons prêts", nous confiait un conseiller avant la crise des gilets jaunes.

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Assurance-chômage : les partenaires sociaux abordent la question du bonus-malus

Promis par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, ce dispositif est à l’ordre du jour d’une nouvelle séance de négociations, mercredi. Les échanges s’annoncent tendus, car le patronat y est hostile.

Engagées depuis la première quinzaine de novembre 2018, les négociations sur l’assurance-chômage sont sur le point d’aborder un sujet hautement inflammable : la lutte contre la précarité. Dans un « document de cadrage », le premier ministre avait demandé aux partenaires sociaux de forger de « nouvelles règles », afin de « responsabiliser » les employeurs, en particulier, ceux qui recourent excessivement aux contrats courts. Ce thème occupera l’essentiel des discussions que le patronat et les syndicats doivent poursuivre, mercredi 9 janvier, en vue de bâtir un nouveau système d’indemnisation des demandeurs d’emploi.

La rencontre s’annonce tendue. Car les protagonistes vont échanger sur une idée très clivante, défendue par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle : le bonus-malus, qui consiste à moduler les cotisations des entreprises (autour d’un taux pivot par secteur) en fonction du nombre de fins de contrat donnant lieu à une inscription à Pôle emploi. Les sociétés où la main-d’œuvre tourne fréquemment paieront plus, tandis que celles qui créent des emplois stables seront moins mises à contribution.

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Les nouvelles sanctions sont-elles efficaces pour lutter contre le chômage ?



L'assurance-chômage est accessible à de nouveaux ayants-droits depuis le 1er janvier. En contrepartie, les sanctions contre les inscrits à pôle-emploi, qui ne respectent pas leurs devoirs, sont plus sévères. Le renforcement des sanctions est-il la solution ?

Sur le fond, c'est d'efficacité du système que l'on parle. C'est ce que dit le gouvernement. Partant du principe que si le chômage de masse est aussi important en France, quand d'autres ont pu le réduire drastiquement, c'est parce qu'il faut traquer autant l'emploi que les failles des systèmes de retour à l'emploi. Ainsi va la philosophie de la "réforme du contrôle des demandeurs d'emploi". On y parle des droits et des obligations des chômeurs.

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