Assurance chômage : une réforme tragique pour les précaires

Assurance chômage : une réforme tragique pour les précaires

Tribune. Le comédien Samuel Churin, membre de la Coordination des intermittents et précaires, décrypte les mesures d’économies annoncées par le gouvernement et leurs conséquences « sans équivalent dans l’histoire » pour les Français qui alternent petits boulots et périodes de chômage.

Mardi 18 juin 2019 a eu lieu un événement qui fera date dans l’histoire des droits sociaux.

Mardi 18 juin 2019, ce n’était pas un appel plein d’espoir, pour organiser la résistance, mais des annonces qui constituent, sans aucune contestation, la plus grave attaque contre les plus précaires. Vous ne trouverez pas d’équivalent dans l’histoire.

Mardi 18 juin 2019, le gouvernement de France par la voix d’Édouard Philippe et Muriel Pénicaud, a osé décrire par le menu et très tranquillement la manière dont ils allaient faire plus de 3 milliards d’euros d’économies en trois ans sur les plus pauvres à travers la réforme de l’assurance chômage.

Il faut dire les choses très clairement : pour tous les salariés à l’emploi discontinu (sauf pour les intermittents), cette réforme est tragique. Vous pensez peut-être que j’exagère, que je surjoue la pièce. Et pourtant !

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Assurance chômage : les reculs pervers de la réforme Macron

La ponction de la nouvelle réforme de l'assurance chômage, voulue pour le 1er novembre 2019 par Emmanuel Macron, sur l’indemnisation des chômeurs, va les replonger dans les terribles dilemmes qui les paralysaient avant la réforme de 2014. Voici pourquoi.

"Avec cette réforme, nous visons une baisse du nombre de chômeurs de 150.000 à 250.000 sur les trois ans à venir. Loin d'une approche comptable et d'une logique de rabot, cette transformation de l'assurance chômage nous permettra d'atteindre plus de 3,4 milliards d'économies de 2019 à 2021", a martelé, mardi 18 juin aux partenaires sociaux, le Premier ministre Edouard Philippe en présentant les nouvelles règles d’indemnisation drastiques que son gouvernement entend promulguer prochainement par décret. Un cynisme qui a déchaîné l’ire de tous les syndicats de salariés, à commencer par Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. "Ce sera tout le contraire, cette réforme injuste, inique, pèsera sur l’activité", tonne l’ancien conseiller en insertion sociale. Et pour cause… "Il y a un chômeur sur deux qui est indemnisé. Avec la réforme du gouvernement, c’est un sur trois", complète Catherine Perret de la CGT. Quand le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, dénonce "un raisonnement consistant à faire le procès des salariés précaires qui seraient responsables de leur situation".

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Réforme de l’assurance chômage : la France à nouveau en marche ?

« En marche » signifie faire des petits pas pour maintenir le système social plutôt que de grandes enjambées qui risqueraient de tout bloquer. La réforme(tte) de l’assurance chômage doit avant tout se lire politiquement.

Par Francis Pérani.

Le système de protection contre le chômage date de 1958 et de la bonne intention étatique de forcer les acteurs économiques, patrons et syndicats, à gérer ensemble un système universel d’indemnisation du chômage. L’économie était à l’époque encore suffisamment libérée pour pouvoir absorber ce développement de l’étatisme sans trop de dommage et en garantissant un minimum de droits avec un système à peu près à l’équilibre.

Depuis 2008 et la crise qui a disparu dans toutes les grandes économies sauf la nôtre, le système de protection contre le chômage est en déficit chronique. La dette s’élève à 37 milliards en 2019 avec un déficit prévu à presque 2 milliards qui explique pourquoi une réforme est d’actualité.

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Accompagnement des chômeurs: Pôle emploi a du boulot

A côté des mesures décriées sur l'indemnisation des chômeurs, l'exécutif promet des moyens et du changement chez Pôle emploi pour mieux les accompagner, un effort salué unanimement, même si beaucoup reste à faire pour traduire ces annonces.

Sur les effectifs de l'opérateur public, le gouvernement a clairement changé de pied puisqu'il ne cachait pas il y a plusieurs mois qu'il pourrait diminuer ses effectifs si le chômage baissait.

Une mission avait même été confiée à l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) en juin 2018 pour voir comment, concrètement, indexer une diminution des effectifs de l'opérateur public sur une baisse éventuelle du nombre de chômeurs.

Finalement, rien de tout ça: il y aura 1.000 conseillers de plus, en CDD sur trois ans, et ce alors que le chômage reflue timidement. Pôle emploi vient de connaître trois années de baisse des effectifs, dont 800 pour 2019 sur un effectif d'environ 50.000 personnes.

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Assurance-chômage : les principales mesures d'une réforme choc

Conditions d'indemnisation des chômeurs, taxation des contrats courts ou encore renforcement significatif des moyens de Pôle emploi : le gouvernement a frappé fort ce mardi. Revue de détail des principales mesures.

Le Premier ministre et la ministre du Travail ont présenté ce mardi la réforme de l'assurance-chômage sur laquelle les partenaires sociaux avaient échoué à trouver un accord. Toutes les mesures seront adoptées par un décret, attendu pour la fin de l'été.

· Des conditions d'indemnisation durcies

C'est la partie de la réforme qui concentre le tir de barrage des syndicats. Et pour cause, elle chamboule les règles les plus sensibles de l'assurance-chômage à qui le gouvernement reproche - dans certains cas - de ne pas favoriser la reprise d'un emploi durable. A partir du 1er novembre, il faudra avoir travaillé au moins six mois sur les 24 derniers mois et non plus 4 sur 28 pour avoir droit à une indemnisation. Ce minimum de six mois s'appliquera également pour recharger ses droits (un mois actuellement).

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Démission surprise du DG de l'Unédic

Nommé en 2010, Vincent Destival quittera ses fonctions en septembre. L'annonce de son départ intervient à trois jours d'une réforme d'ampleur de l'assurance-chômage imposée par le gouvernement.

Voilà une démission dont le moment ne manque pas d'interpeller. A la surprise générale, l'Unédic a annoncé vendredi après-midi le départ de son directeur général, Vincent Destival, à trois jours d'une réforme de l'assurance-chômage imposée par le gouvernement qui risque de faire des vagues. En poste depuis 2010, il quittera ses fonctions en septembre « au moment où se finalise le processus de réforme de l'assurance chômage initié en 2017 », indique le communiqué.

Agé de 59 ans, Vincent Destival avait été DG adjoint de l'Afpa et directeur général adjoint en charge de la formation professionnelle et de l'apprentissage au Conseil régional des Pays de la Loire avant de prendre les rênes de l'Unédic. Il devrait rejoindre le Secours catholique, selon nos informations. Pierre Cavard, le directeur des études et des analyses, assurera l'intérim.

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