Dans la réforme de l’assurance-chômage, le bonus-malus est clairement « sur la table »

Ce mécanisme, défendu par le gouvernement, augmenterait les cotisations d’entreprises où le personnel tourne trop.

Pour transformer l’assurance-chômage, l’exécutif veut aller vite tout en ouvrant largement le débat. C’est, en substance, ce qu’ont annoncé le chef du gouvernement, Edouard Philippe, et la ministre du travail, Muriel Pénicaud, lors d’une conférence de presse, mardi 26 février. Les mesures, dont la teneur exacte reste à définir, feront l’objet d’un décret susceptible d’être publié au Journal officiel durant le printemps. Elles devraient être mises en œuvre pendant l’été – le calendrier n’étant pas encore précisément arrêté.

Ces indications ont été données six jours après l’échec des négociations entre les partenaires sociaux pour élaborer une nouvelle convention Unédic – le texte qui définit les règles applicables au régime d’indemnisation des chômeurs. Le patronat et les syndicats n’ayant pas réussi à trouver un accord, le gouvernement est aujourd’hui amené à prendre le relais. Un dossier que M. Philippe et Mme Pénicaud inscrivent dans le prolongement d’autres réformes pour améliorer le fonctionnement du marché de l’emploi : les ordonnances de septembre 2017, qui ont réécrit le code du travail, et la loi « avenir professionnel » de septembre 2018, qui a chamboulé l’apprentissage et la formation continue tout en apportant de premiers changements à l’assurance-chômage (avec, entre autres, son extension aux indépendants et aux salariés démissionnaires qui ont un nouveau projet de carrière).

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Assurance chômage : vers la fin du paritarisme ?

La semaine passée, patronat et syndicats ont échoué à se mettre d'accord sur la réforme de l'assurance chômage voulue par l'exécutif.

L’échec des négociations sur l’Unedic est d’autant plus fort sur le plan symbolique que l’assurance chômage a été à l’origine du concept de paritarisme. Ce n’est qu’à l’occasion de la création de ce système en 1958 que représentants des salariés et représentants du patronat sont admis en nombre équivalent dans les instances dirigeantes. En ce qui concerne la sécurité sociale, les textes fondateurs de 1945 ne prévoyaient pas la « parité » puisqu’ils accordaient la majorité aux représentants des salariés. Le paritarisme au sens strict n’y a été introduit qu’en 1967.

En pratique, trois missions sont assignées au paritarisme : la négociation, la gestion et la représentation.

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Opinion | Pour un vrai big bang de l’assurance chômage !

La négociation des partenaires sociaux de l’Unedic ayant échoué, le gouvernement va reprendre la main. Quelques propositions iconoclastes pour s’attaquer vraiment à ce monstre sacré français, en évitant les serpents de mer du débat que sont la flexisécurité, le bonus-malus et la dégressivité.

Les partenaires sociaux n'ont pas réussi à se mettre d'accord pour réformer l'assurance chômage. Le gouvernement va donc reprendre la main, et compte mettre en oeuvre certaines marottes à la mode. Mais au lieu d'attendre que le chômage baisse avant de réformer l'Unedic et de faire des économies, osons faire le contraire : c'est en dégraissant le mammouth de l'Unedic qu'on réduira le chômage.

Flexisécurité, contrôles et droits acquis

Le modèle danois de flexisécurité est souvent vanté. Un marché du travail très flexible combiné avec une assurance chômage très protectrice. Mais un des piliers de ce système est la responsabilité. Le chômeur cherche vraiment à retrouver un emploi et rester le moins longtemps possible au chômage.

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Pôle Emploi : quelle efficacité 10 ans après la fusion ANPE/Assedic ?

Tandis que syndicats, organisations patronales et gouvernement ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur la réforme de l’assurance chômage, le députe LR, Stéphane Viry, remettait, la semaine dernière, un rapport sur Pôle emploi.

« Moderne, plutôt réactif », c’est en ces termes qu’il a qualifié le service public de l’emploi, né il y a 10 ans de la fusion entre l’ANPE et les Assedic - déplorant néanmoins des taux de retour durable à l’emploi « très insuffisants ».

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Contrôle des chômeurs : les agences Pôle emploi sous tension

Le renforcement des contrôles et des sanctions vis-à-vis des chômeurs crée des crispations dans les agences. Plusieurs ont été la cible des mouvements de colère.

Des ordinateurs endommagés, des téléphones inutilisables… et plus de 3 000 euros de dégâts. Le 15 février dernier, l’intrusion d’un petit groupe d’une quarantaine de personnes dans les locaux de la plate-forme de Pôle emploi spécialisée dans les contrôles des chômeurs à Chantepie, près de Rennes (Ille-et-Villaine) a laissé des traces.

Fin janvier, à Saint-Étienne, des chômeurs et des militants associatifs et syndicaux ont débarqué dans une agence quand vendredi dernier, ce sont des sites de Pôle emploi à Paris (dans le XVIIIe arrondissement), Toulouse (Haute-Garonne), Ussel (Corrèze), Lyon (Rhône-Alpes), Besançon (Franche-Comté) ou Nantes (Loire-Atlantique) qui ont été ciblés par des groupes de trente à soixante personnes.

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Assurance chômage : trois questions sur l'échec des négociations

Les négociations paritaires sur la réforme de l'assurance chômage voulue par le gouvernement ont été rompues, mercredi 20 février. Les représentants des salariés et des patrons ne sont pas parvenus à s'entendre sur la régulation des contrats courts, et se trouvent forcés de redonner la main à l'exécutif. Retour sur les causes de la discorde, et les options désormais ouvertes au gouvernement.

La rupture des négociations entre représentants des salariés et du patronat, actée mercredi 20 février, était assez largement anticipée. Les discussions ont achoppé sur la question de l'encadrement des contrats courts, qui avait déjà constitué un sérieux point de discorde lors des précédentes discussions en mars 2018. Dans une ambiance plombée, les partenaires sociaux ont donc dû redonner la main à l'exécutif, qui ne semble pas pressé d'avancer sur un sujet potentiellement clivant. Quelle a été l'origine des négociations ? Pourquoi ont-elles capoté ? Que pourrait décider le gouvernement ? La Tribune fait le point sur les principaux enjeux de la réforme.

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