Marre du "Pôle emploi bashing", se plaint son directeur

Jean Bassères doit être reconduit pour trois ans à la tête du service public de l'emploi. Auditionné à l'Assemblée nationale, il s'est accroché à son bilan malgré un chômage au sommet.

"Je suis surpris par l'ampleur des critiques adressées à Pôle emploi. Notre incapacité à améliorer son image et sa réputation est un regret, et un échec. (...) Le Pôle Emploi 'bashing' est contreproductif pour la qualité du service. On ne doit pas rougir de ce que l'on fait, même si je suis le premier à mesurer les marges de progrès." Auditionné ce mardi par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, qui doit donner son avis sur sa reconduction, le directeur général de Pôle emploi Jean Bassères n'était pas décidé à verser dans le mea culpa. Le haut-fonctionnaire, qui devrait rempiler pour trois ans, a défendu son bilan. Et rendu "hommage au personnel qui souffre de la difficulté que l'on a à faire valoir les résultats".

Les critiques fusent pourtant de toutes parts contre le service public de l'emploi. L'organisme manque de moyens, et ses conseillers surchargés ne peuvent pas accompagner efficacement les chômeurs. Lesquels galèrent pour accéder aux formations. Pôle emploi peine aussi à créer des liens avec les entreprises et à capter les offres "cachées". Mais qu'importe. Face à un chômage record, Jean Bassères vante les contrats aidés, la mise en place des formations prioritaires, l'accompagnement renforcés pour les chômeurs éloignés de l'emploi, ou encore le passage au "100% web", qui ne fait pourtant pas l'unanimité. Il met l'accent sur le "respect des délais" d'inscription et d'indemnisation, "une forme de performance dans un contexte de charge aussi forte". Et se félicite même d'un "dialogue social" plus apaisé qu'à son arrivée.

A quelques jours de la signature d'une nouvelle convention tripartite, Jean Bassères a aussi égrainé les prochains chantiers de Pôle emploi: augmenter le nombre de bénéficiaires de l'accompagnement renforcé, multiplier les partenariats avec les conseils généraux pour les chômeurs en difficultés sociales, un démarrage du suivi moins tardif qu'aujourd'hui, et un meilleur service aux entreprises. "On a besoin de reconquérir leur confiance, a-t-il estimé, notamment celle des PME." Un pari loin d'être gagné, à l'heure où de plus en plus d'employeurs préfèrent recruter... sur le Bon coin.


Alexia Eychenne



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