Formations Pôle emploi : Michel-Edouard Leclerc promet de ne « pas cautionner » les abus

Dans un post de blog publié jeudi 20 novembre, Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe du même nom, a promis « de ne pas cautionner » les éventuels supermarchés de son enseigne qui abuseraient des formations financées par Pôle emploi. Dans une enquête publiée jeudi, Le Monde a fait état d’une plainte pour escroquerie déposée par onze chômeuses qui estiment avoir fait office de « main d’oeuvre gratuite » par le supermarché Leclerc de Fleury-Merogis (Essonne). Contacté par Le Monde avant publication, le groupe Leclerc n’avait pas donné suité.

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D’après l’enquête du Monde, le schéma de Fleury-Mérogis s’est reproduit dans plusieurs départements : avant l’inauguration d’un supermarché Leclerc, des chômeurs se voient proposer une formation financée par Pôle emploi avec promesse d’embauche à la clé. Durant le temps de la formation, ils sont indemnisés par Pôle emploi. Mais, en lieu et place d’une formation, les chômeurs sont préposés au ménage et à l’installation des rayons du futur magasin. Une fois celui-ci inauguré et l’heure de signer le CDI venue, une partie des chômeurs sont renvoyés.

« S’il y a eu des abus, personne ne cautionnera et la justice sanctionnera », assure en réponse à cette enquête M. Leclerc sur son blog. « Les entreprises sous enseigne E. Leclerc sont gérées par des patrons indépendants, responsables notamment de leur politique sociale », estime-t-il par ailleurs. L’enseigne a en effet la particularité d’être un réseau d’indépendant, M. Leclerc n’étant que le dirigeant de la centrale d’achat.

M. Leclerc estime cependant que les chiffres dont il dispose sur les recrutements après formation des Leclerc de Fleury-Merogis, Auxerre et Narbonne, sont « bons ». Selon l’enquête du Monde sur quatre supermarchés, entre 20 et 90 % des chômeurs n’ont pas été embauchés à l’issue de leur formation, malgré la promesse qui leur avait été faite lors de la sélection. « Je ne sais pas si les statistiques de recrutement sont meilleures dans les autres entreprises », estime-t-il. Selon lui, s’il « peut y avoir débat » sur les formations financées par Pôle emploi en échange de promesses de CDI, il demande que les aménagements éventuels de la loi soient faits « loyalement et par les voies démocratiques ».


Jean-Baptiste Chastand et Matthieu Suc

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>> Leclerc abuserait des financements de Pôle emploi pour ouvrir des magasins | L'Express - AFP - Fred Tanneau | 20 novembre 2014






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