Le «100% Web» de Pôle emploi ne fait pas l’unanimité

Chercher et trouver un job sans jamais se rendre dans une agence Pôle emploi, c’est le défi 2.0 qui est en passe d’aboutir. Du moins sur le papier. Le 30 octobre, lors de la présentation du premier bilan du choc de simplification, le directeur de Pôle emploi Jean Bassères a salué «le retour positif» de l’expérimentation. Celle-ci vise à établir une «relation intégralement dématérialisée» entre le demandeur d’emploi et son conseiller.

Testé depuis février 2014 dans 11 agences du territoire auprès de 9.000 chômeurs et 91 conseillers, le dispositif sera étendu à l’ensemble de l’Hexagone dès 2015, a annoncé la semaine dernière le gouvernement. Et ce, dans 5 régions en janvier et dans tout le pays à la fin du mois de mars.

Un «gain de temps» au «service de l’emploi»

Chat, webcam, courriels… autant de modes de contacts «privilégiés en ligne» qui permettraient «un gain de temps». Sans jamais se rendre dans une agence, le demandeur – sur la base du volontariat - «pourra notamment préparer son entretien virtuel, optimiser son CV, grâce aussi à des ateliers de formation en ligne», se félicitait alors Jean Bassères. «Tout ce que nous ferons plus vite et plus simplement sera au service de l’emploi», concluait de son côté François Hollande.

>> Hollande veut renforcer la relation des Français avec l’administration

Mais le Pôle emploi «nouvelle génération» n’est pas du goût de certains représentants syndicaux, pour qui le dispositif se rapprocherait davantage d’un cache-misère.

«Avant tout un moyen de gérer le manque de moyens humains »

«Sous couvert de simplifier et de moderniser, le suivi 100% Web est avant tout un moyen de gérer le manque de moyens humains à Pôle emploi», dénonce auprès des Echos Jean-Charles Steyger, du SNU Pôle emploi (FSU), opposé, comme la CGT, à la généralisation. Il craint qu’on impose le système à certains chômeurs et que le suivi dématérialisé ne «se transforme en accompagnement virtuel» et «démonétise le travail des conseillers».

Selon le quotidien, le dispositif ne concernera toutefois que les chômeurs jugés «assez autonomes dans leurs recherches». Il ne sera donc pas proposé aux demandeurs d’emploi en accompagnement dit «renforcé». A la charge aussi au chômeur d’être équipé d’un ordinateur et d’une connexion suffisante. Enfin, à noter que la relation entre le demandeur d'emploi et le conseiller ne changera pas. Manquer un rendez-vous - même virtuel - pourra aussi entraîner une radiation.




A lire aussi :

>> Pôle emploi va étendre le suivi de chômeurs par Internet | Les Echos - Derek Perrotte | mercredi 12 novembre 2014

De quoi s’agit-il ? :

>> Accompagnement "100% Web" - Pôle Emploi


Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir