Formations de Pôle emploi : les 3 questions qui fâchent

Savez-vous que 42 500 demandeurs d’emploi ont bénéficié d’une formation l’an dernier, dans le Nord - Pas-de-Calais? Et que 44% d’entre eux étaient en emploi six mois après la fin de cette formation organisée notamment via Pôle emploi? Décryptage.

« Mettre les personnes dans une dynamique de confiance. » Les gens en question, ce sont les quelque 430 000 demandeurs d’emploi du Nord-Pas-de-Calais (toutes catégories). Et la dynamique, ce sont les formations proposées via Pôle emploi, cet organisme né en 2008 de la fusion de l’ANPE et de l’Assedic, dont on n’a pas toujours parlé tendrement ces dernières années.

Pourtant, il y a des réalités à mettre en avant. Notamment le fait que 10 % des chômeurs peuvent bénéficier chaque année d’une formation. En langage administratif, ça devient une « préparation opérationnelle à l’emploi » (POE) ou une « action de formation préalable au recrutement » (AFPR). 42 500 demandeurs d’emploi ont pu en profiter l’an dernier dans la région (3 500 de plus qu’en 2012). Transports, manutention, commerce, restauration… Avec un gros atout, selon Nadine Crinier, directrice régionale de Pôle emploi : « Nous savons nous adapter aux besoins des entreprises avec une réelle réactivité. Il nous faut six semaines pour monter un groupe de formation. »

Personne ne fanfaronne s’agissant des chiffres du chômage. Même les associations de demandeurs d’emploi restent sur leur faim. « Nous voulons des formations qualifiantes, rémunérées et qui débouchent sur un véritable travail », clame Serge Havet, porte-parole d’AC contre le chômage. Pas gagné. L’effort n’est cependant pas anodin : Pôle emploi Nord - Pas-de-Calais consacre 55 millions d’euros par an aux formations (en moyenne 300 heures), qui s’ajoutent aux 200 millions du conseil régional. Des marges de progression sont identifiées : les plus de 50 ans sont sous-représentés lors des formations, qui restent à 70 % masculines. Mais Nadine Crinier l’assure : « Se former, c’est accentuer les chances de retrouver un emploi. » En 2013, c’était le cas pour 44 % des bénéficiaires de formations.

LES TROIS QUESTIONS QUI FÂCHENT

Les demandeurs d’emploi sont-ils au courant des formations ?

« Pas suffisamment », reconnaît Nadine Crinier, directrice régionale de Pôle emploi Nord – Pas-de-Calais. D’où cette sensibilisation (lire ci-dessus), accentuée par un credo : « Les carrières s’allongent. On est souvent obligé de changer de métier au fil de son parcours. Il nous faut démystifier la formation et son aspect je retourne sur les bancs de l’école » Soit, mais plus on en parle, plus on se confronte à des demandeurs qui ne peuvent tous être satisfaits. « Si c’est le cas, on se tournera vers nos financeurs. » Davantage de fonds, pour davantage de formations.

Toutes les demandes de formation sont-elles satisfaites ?

Non, mais Pôle emploi l’assume en partie. « Nous n’organisons pas les formations simplement pour occuper les demandeurs d’emploi », assène Jean-Claude Fernandes, de la direction emploi et orientation de Pôle emploi Nord - Pas-de-Calais. «Oui, il nous arrive de refuser tels types de demandes parce qu’on ne va pas financer une formation qui ne possède pas de débouché. Nous sommes attentifs à ce que le marché du travail nous renvoie.» Autre phénomène: «Les populations sont mouvantes, les situations évoluent, les besoins se décalent.» En clair, un demandeur ne l’est plus forcément le mois suivant.

Les bénéficiaires vont-ils au bout de leur formation ?

Non, mais les préparations opérationnelles à l’emploi (POE) et autres formations «servent également à ça», souligne Jean-Claude Fernandes. «Certains bénéficiaires ne vont pas au terme de leur formation, mais manifestement, ils n’avaient pas la motivation pour la faire». Pas la peine de s’obstiner: ces formations permettent aussi de prendre conscience des métiers et des filières dans lesquels on ne se reconnaît pas du tout. Pour Jean-Claude Fernandes, le seul retour sur investissement qui vaille, «c’est le retour à l’emploi».

>> Source de l'article : Formations de Pôle emploi : les 3 questions qui fâchent | La Voix ECO.com - CHRISTOPHE CARON | 26/10/2014








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