Pôle emploi prête une voiture à ceux qui retrouvent un travail

À Friville et à Abbeville, en Picardie, Pôle emploi fournit un scooter ou une voiture aux demandeurs d'emploi qui retrouvent un travail mais éprouvent des difficultés pour s'y rendre.

En Picardie, Pôle emploi accompagne physiquement les chômeurs jusqu'à l'emploi. Les agences de Friville et d'Abbeville, dans la Somme, proposent depuis la semaine dernière le prêt d'une voiture ou d'un scooter aux demandeurs d'emploi qui retrouvent du travail, mais qui ne peuvent s'y rendre faute d'être motorisé. «Dans la Somme, surtout dans sa partie maritime, certains villages ne sont desservis que par un seul bus chaque jour. Sans véhicule, se rendre au travail relève de la gageure», constate Stéphane Urbain, directeur du Pôle emploi d'Abbeville.

Certaines aides existaient déjà pour améliorer la mobilité des chômeurs: financement du permis de conduire, prise en charge partielle d'un déménagement, mais rien pour ceux sur le point de reprendre un travail et dépourvus de véhicule. Les services de Pôle emploi étaient conscients du problème, mais il a fallu l'octroi, cette année, d'un nouveau buget dédié à des projets spéficiquement picards pour lancer l'opération dans ces deux agences. Pôle emploi a investi 12.000 euros, sur un total d'environ 40.000 euros. Il s'est pour ce faire associé au conseil général de la Somme et à une association spécialisée dans l'insertion des chômeurs, TAA.

Véritable gâchis

C'est elle qui s'occupe d'accompagner les demandeurs d'emploi identifiés par leur conseiller, et éventuellement, de leur prêter une voiture. Elle dispose pour l'instant d'un parc de quatre voitures et quatre scooters, amené à s'agrandir. Le prêt d'une voiture peut se faire sur une durée variable, selon les besoins du bénéficiaire, et jusqu'à trois mois. Il est complètement gratuit, seule l'assurance, soit 30 euros par mois, et l'essence, restant à la charge du nouveau salarié. Les bénéficiaires signent un contrat, par lequel ils s'engagent à ne profiter du véhicule que pour se rendre au travail, et «pas pour aller se ballader le week-end».

Lancé tout récemment, le dispositif n'a pour l'instant bénéficié qu'à deux personnes. L'un deux, une jeune femme ayant retrouvé du travail sur un chantier d'insertion, devait s'y rendre à vélo, après avoir déposé son enfant à la crèche, toujours à vélo. «Son conseiller Pôle emploi redoutait qu'elle n'abandonne son contrat de travail avant son terme. Le scooter qui lui a été prêté lui facilite grandement la vie», explique Stéphane Urbain. Cette solution n'est cependant que provisoire. L'association TAA a pour mission d'aider les bénéficiaires à trouver une solution durable, par exemple en finançant un nouveau véhicule grâce au microcrédit.

La mobilité des demandeurs d'emploi est un enjeu majeur en milieu rural. Un rapport du conseil national de l'insertion économique souligne que «lorsqu'une personne est recrutée, si la question de la mobilité n'est pas immédiatement résolue, ne serait-ce que par des solutions transitoires, elle ne résiste pas aux difficultés et quitte rapidement son poste». Un véritable gâchis, qui pénalise les chômeurs les plus démunis, qui sont souvent aussi ceux qui éprouvent le plus de difficultés à retrouver un emploi.


Marie Bartnik









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