Pôle emploi pratiquerait des préretraites déguisées pour certains cadres


Selon le Monde, des ruptures conventionnelles sont signées avec des cadres de l'établissement public à trois ans de la retraite. Alors que la recherche d'emploi est obligatoire, ils font l'objet d'un suivi allégé jusqu'à leur retraite.

Le contrôle accru des chômeurs qu'expérimente Pôle emploi ne s'applique pas à ses anciens agents. Le Monde révèle dans son édition de vendredi l'existence de préretraites déguisées au sein de l'établissement public, au bénéfice de ses cadres. Selon cette pratique bien rodée, ces agents concluent avec leur employeur une rupture conventionnelle trois ans maximum avant leur départ à la retraite, assortie d'indemnités confortables, puis font l'objet d'un suivi très allégé.

Le quotidien cite l'exemple d'un cadre de Rhône-Alpes, parti début 2013 avec plus de 170.000 euros d'indemnités et percevant 5000 euros d'allocations par mois, sa retraite étant prévue pile trois ans après son insciption au chômage - le délai pendant lequel un senior peut être indemnisé par l'assurance-chômage -. Le contrôle et l'accompagnement de ces demandeurs d'emploi très particuliers est réduit au minimum. Certains sont suivis par des directeurs d'agence plutôt que des conseillers, d'autres sont inscrits «dans des plates-formes téléphoniques de Pôle emploi» plutôt que dans des agences ordinaires... Depuis 2008, les seniors au chômage ne sont pourtant plus dispensés de recherche d'emploi.

423 ruptures conventionnelles depuis la fusion

Interrogé par le quotidien, Pôle emploi rétorque que depuis sa création en 2009, seules 423 ruptures conventionnelles ont été négociées, soit 5% de l'ensemble des départs, pour faire face à des doublons générés par la fusion. 80% de ces ruptures conventionnelles concernent des agents de plus de 58 ans et 60% des cadres. Si des cas abusifs étaient avérés, «je suis prêt à les corriger» a toutefois prévenu Jean-Yves Cribier, directeur des ressources humaines à Pôle emploi.

Les préretraites déguisées ne sont toutefois pas l'apanage de Pôle emploi. La pratique est également répandue dans le secteur privé, où là aussi, la rupture conventionnelle permet aux entreprises de se séparer de leurs seniors aux frais de l‘assurance-chômage. Selon une étude du ministère du Travail publiée l'année dernière, la rupture conventionnelle représentait en 2012 16% des fins de CDI pour licenciement, mais plus de 25% chez les salariés âgés de plus de 58 ans. Les grandes entreprises sont les plus friandes de ce dispositif. Au point que l'OCDE a plusieurs fois suggéré à la France de le rendre «moins attractif en fin de carrière». Le succès global de la rupture conventionnelle perdure par ailleurs, six ans après son entrée en vigueur. En juillet encore, le nombre global de ruptures conventionnelles a atteint un record, avec 33.603 accords à l'amiable homologués.

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