Pôle emploi : test concluant pour les entretiens par webcam

Grâce à l'expérience menée à Nîmes (Gard) et Castelnau-le-Lez (Hérault), le dispositif pourrait être généralisé.

À Mende, Prades ou le Vigan, des demandeurs d'emploi bénéficient déjà depuis 2007 de visio-entretiens à distance avec un conseiller de Pôle emploi. Mais se rendre dans un espace numérique, certes aménagé, n'offre qu'une confidentialité toute relative. D'où l'idée d'un autre dispositif, complémentaire, "avec une webcam depuis chez soi", explique Christophe Carol, directeur régional adjoint de Pôle emploi. Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Paca, Haute-Normandie et Paris expérimentent ce dispositif pilote. "Dans la région, depuis février, cinq conseillers ont des rendez-vous réguliers avec 200 demandeurs d'emploi volontaires de Castelnau-le-Lez."

Dispositif pilote


Un partenariat avec un site d’annonces

Depuis le 1er avril 2014, l’antenne régionale de Pôle emploi a signé un partenariat avec Emploi LR, une plateforme qui met en relation recruteurs et candidats. « L’idée de départ était de regarder du côté des employeurs qui avaient une mauvaise image de Pôle emploi », explique Philippe Soussan, directeur du site Emploi LR. « En cinq mois, nous avons transmis 800 offres à Pôle emploi et 1 400 candidats inscrits à l’organisme public ont postulé à 400 offres. La moitié de ces offres étaient des CDD ou des CDI, la seconde moitié de l’intérim et de l’apprentissage », précise-t-il. Là non plus, impossible, faute de recul, de savoir si ce nouveau flux a permis à des demandeurs de sortir plus vite du chômage. D’autres partenariats pourraient être signés à l’avenir. Au niveau national, à Pôle emploi, on compte pas moins de 28 accords du même Pôle emploi en région, c’est 2 500 salariés dont 2 200 conseillers. Chacun gère 80 à 250 chômeurs.

Même expérience à Nîmes, depuis avril, où cinq conseillers basés dans l'une des trois agences de la ville, suivent 250 chômeurs du bassin d'emploi. Tous les volontaires sont des chômeurs “guidés”, "ceux qui demandent un accompagnement important et qui ont besoin de se repositionner sur le marché du travail ou dont le secteur d'activité est pauvre en offres". Ces cyber-rencontres, non enregistrées, peuvent se compléter avec des rendez-vous en tête-à-tête.

"L'entretien est plus riche, les gens sont là pour ça" Véronique Faye, conseillère

Selon un premier bilan dévoilé jeudi, les bénéficiaires "sont très satisfaits. Le dispositif répond à un vrai besoin. Parmi les profils, on trouve des porteurs de projets, des professionnels de la communication ou de l'informatique...» En plus du gain évident de temps, "cette offre est vécue majoritairement comme très satisfaisante. En plus, le demandeur d'emploi peut échanger des mails et tchater avec son conseiller. Nous avions des inquiétudes, notamment sur la qualité des entretiens. En réalité, ils sont très riches. Des deux côtés, on est très concentrés et on va à l'essentiel".

Le demandeur d'emploi peut échanger des mails et tchater avec son conseiller

Basée à Castelnau-le-Lez, Véronique Faye, conseillère Pôle emploi, ne dit pas autre chose : "Nous sommes déjà cinq dotés d'un “portefeuille” de demandeurs d'emplois volontaires pour l'expérience baptisée 100 % Web et trois en formation." Elle suit ainsi cinquante-neuf candidats "à l'aise avec l'outil numérique. Il n'y a pas de profil-type : ça va de l'aide à domicile au menuisier. L'entretien est plus riche car les gens sont là pour ça. Il n'y aucun parasite. Pas de bruit. Certains rangent leur appartement avant de se brancher et beaucoup préparent l'entretien. C'est intense". Le test est tout aussi concluant en Midi-Pyrénées et en Paca. Mais, Pôle emploi n'est pas encore en mesure de dire si ces entretiens conduisent davantage vers l'emploi. Cet aspect sera pris en compte dans le bilan national attendu d'ici la fin de l'année.

"Si le concept est généralisé à toute la France, confie Christophe Carol, on peut imaginer qu'ici une agence gère tous les entretiens par webcam pour un groupe d'agences." Mais pas question que l'ensemble des conseillers soient convertis uniquement au cyber-entretien.

 OLIVIER SCHLAMA

 


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