Quand Hollande s'opposait à Sarkozy sur le contrôle des chômeurs

François Rebsamen a déclaré ce mardi vouloir vérifier que les chômeurs inscrits "cherchent bien un emploi". En 2012, François Hollande accusait Nicolas Sarkozy de "s'en prendre aux plus fragiles" pour des propos du même type.

"Il n'est pas possible, dans un pays qui est en difficulté, qui veut se redresser, qui porte le travail, d'avoir des gens" qui ne cherchent pas un emploi. Le ministre du Travail a indiqué sur iTélé ce mardi vouloir "renforcer les contrôles" pour vérifier que les chômeurs inscrits "cherchent bien un emploi". Dans le cas contraire, une "sanction" est nécessaire, selon lui.

Cette déclaration ne devrait pas faire l'unanimité à gauche. D'autant que le président François Hollande n'a pas toujours été sur cette ligne.

"Il n'est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s'en prendre aux plus fragiles", déclarait à Créteil en février 2012 celui qui était alors le candidat du PS à la présidentielle. Il considérait que "ce n'est pas ceux qui sont les victimes qui doivent aujourd'hui être les responsables".

"Assistanat"

Il s'agissait, en pleine campagne présidentielle, de répondre au "référendum sur l'indemnisation des chômeurs" proposé par Nicolas Sarkozy dans une interview au Figaro Magazine.

S'interrogeant sur la volonté de certains chômeurs de retrouver un emploi ou non, Nicolas Sarkozy déclarait qu'"il faudrait sans doute réfléchir (...) sur la façon dont on doit considérer le travail et l'assistanat". Il proposait notamment de créer un nouveau système où l'indemnisation ne serait "pas une allocation que l'on touche passivement", mais une "rémunération" versée à condition de suivre une formation.

L'ex-chef de l'Etat avait déjà, en avril 2011, déclaré être favorable à des contrôles renforcés pour les chômeurs.

En 2014, la gauche ne va pas jusqu'à employer le mot assistanat et ne formule pas exactement les mêmes propositions. Mais sur le fond, les propos tenus par François Rebsamen ce mardi (et donc la ligne du gouvernement) ne sont plus si éloignés de ceux de Nicolas Sarkozy.

Le débat sur le contrôle des chômeurs revient régulièrement sur le devant de la scène. En 2005, par exemple, la publication d'un décret qui permet de vérifier les dossiers fiscaux des chômeurs en cas de soupçon de fraude avait divisé la classe politique. L'UMP le jugeait "légitime", tandis que le PS estimait que "le gouvernement confirme que pour lui, la lutte contre le chômage est d'abord une lutte contre les chômeurs". Parti dont le Premier secrétaire d'alors n'était autre que... François Hollande

A.S.

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>> Pôle Emploi : Rebsamen demande de "renforcer les contrôles" | Europe 1 - Noémi Marois et Benoist Pasteau | 02/09/2014



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