Il menace un employé de Pôle Emploi avec une arme

Le lundi 3 février, aux environs de 10 h 45, Daniel Penin, 53 ans, se présente avec sa compagne chez Pôle Emploi, dans le quartier de Guibray, en vue de mettre en place le versement des allocations. Mais il trouve l’attente trop longue.

Très nerveux, il commence à faire les cent pas. Vingt minutes après, il est reçu par la conseillère chargée de son dossier qui monte chercher un document à remplir avant de redescendre.

Une attente supplémentaire qui n’est pas du goût de Daniel qui se lève, sort un pistolet de 9 mm qu’il avait au niveau de sa ceinture, et montre l’arme à la conseillère en lui lançant : « si vous continuez à me faire chier, je vais m’en servir ! ».

Pas impressionnée, la conseillère lui explique qu’elle est là pour l’aider et qu’il fallait remplir le dossier.

Sorti de prison deux jours avant les faits

Choquée par le comportement de Daniel, fraîchement sorti de prison deux jours avant les faits, sa compagne lui demande d’arrêter.

L’agresseur l’écoute et lui remet l’arme qu’elle met dans son sac. Interrogée par les gendarmes, la compagne de Daniel affirme : « Il voulait peut-être impressionner la conseillère. Il a haussé le ton, était nerveux. C’est dans sa nature ».

Concernant l’arme, elle affirme que Daniel lui aurait dit : « C’est une vraie avec des balles à blanc ».

“Faire avancer les choses”

Interpellé, l’intéressé reconnaît les faits et explique aux gendarmes : « J’ai toujours l’arme sur moi pour promener mes chiens » avant de poursuivre,

« j’ai sorti l’arme parce que j’ai pensé que c’était utile pour faire avancer les choses, faire avancer mes droits et faire manger ma femme ».
Des propos réitérés ce lundi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Caen :

« J’avais besoin de toute urgence de ces allocations. J’avais des dettes d’électricité, d’eau à payer à ma sortie de prison ».

« On ne se promène pas avec une arme pour impressionner les agents de Pôle Emploi en dégainant ! » s’insurge le président du tribunal, Christophe Subts, qui énumère les quatre mentions au casier judiciaire de Daniel Penin, dont une peine en 1999 de onze années de réclusion criminelle, ainsi qu’une peine de trois ans de prison pour non-justification d’adresse en 2012.

L’avocat de la victime, Me Caratini, déplore les déclarations du prévenu : « Tout au long de l’audience, M. Penin se prend pour une victime parce qu’il était en colère contre Pôle Emploi et parce qu’il voulait changer les choses sans aucune part de regret. Heureusement que tous les demandeurs d’emploi n’ont pas le comportement de Monsieur Penin, ce qui serait dramatique. Dieu merci, cette affaire s’est bien passée et il n’y a pas eu de tir ».

Une somme de 2 100 €, tous préjudices confondus, sera demandée par la victime.

“Victime du système”

La procureur de la République, Mathilde Defretin, s’agace des revendications du prévenu qui se dit victime du système et trouve particulièrement choquant son attitude alors qu’il venait de sortir de prison :

« On attend un autre comportement d’un ancien détenu mais le prévenu qui est un habitué en terme de violence n’a pas encore compris la façon dont il faut se comporter ».

Le Parquet requiert une peine de 10 mois de prison dont 4 mois avec sursis et mise à l’épreuve avec un mandat de dépôt pour la partie ferme ainsi que l’interdiction de détenir une arme, l’obligation de travailler et la confiscation des scellés.

900 euros pour la victime

L’avocat de la défense, Me François, tempère en parlant d’une menace faible :

«Ce sont des faits qu’on ne peut pas laisser passer et les difficultés financières ne peuvent pas être justifiées par ce geste mais il faut faire la part des choses et relativiser car il s’agit d’une arme d’alarme avec des cartouches à blanc. C’est une arme qui sert à intimider, d’autant que le prévenu s’est dessaisi de son arme et l’a remis à sa compagne ».

L’avocat demande au tribunal d’exclure ou de réduire le montant de l’indemnisation pour la victime qui n’a pas été impressionnée et de ne pas prononcer la peine ferme requise par le parquet.

Finalement, Daniel Penin a écopé de 6 mois d’emprisonnement dont 3 mois avec sursis et mise à l’épreuve accompagnée des obligations de travail, l’interdiction de porter ou de détenir une arme et l’obligation d’indemniser la victime à hauteur de 900 € tous préjudices confondus.

Un mandat de dépôt a été décerné à l’issue de l’audience.

Falaise



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