« 1,5 million de personnes ont retrouvé un emploi en 2013 »

Jean Bassère, le patron de Pôle emploi, dresse un bilan de l’année écoulée. A une semaine de la publication des chiffres officiels du chômage, il parle de ses objectifs.

Le boss de Pôle emploi fait le point sur l’embauche de 2 000 CDI, le plan stratégique 2015, les nouveaux types d’accompagnement des chômeurs.

François Hollande pourra-t-il tenir sa promesse d’une inversion de la courbe du chômage à la fin de l’année ?

JEAN BASSÈRE. Pour la première fois depuis près de deux ans, il y a eu au mois d’octobre une baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A, ceux qui n’ont pas eu d’activité dans le mois.
Pour les jeunes de moins de 25 ans, cette baisse se confirme depuis cinq mois. Les agents de Pôle emploi sont extrêmement mobilisés pour que cette amélioration s’inscrive dans la durée.

Les radiations ont augmenté ces derniers mois. Cela peut expliquer une part de cette amélioration ?


Il n’y a pas d’augmentation du taux de radiation des demandeurs d’emploi. Le nombre de radiations mensuelles oscille entre 40000 et 50000. Le médiateur de Pôle emploi, qui est indépendant, a écrit noir sur blanc dans son dernier rapport qu’il n’y avait pas d’instruction pour orienter ces chiffres. Il n’y a donc bien aucune politique de radiation. La seule mesure prise depuis deux ans a d’ailleurs été favorable aux demandeurs d’emploi et s’est traduite par une baisse du nombre de radiations : c’est la suppression de la rétroactivité des radiations.

Faut-il craindre un nouveau bug au 1er janvier ?

A la suite du bug du mois d’août, nous avons sécurisé les procédures avec l’opérateur SFR. Il n’y a pas eu d’anomalie depuis. Le passage à la nouvelle année se fera sans difficulté.

Selon une note interne, il faudra désormais justifier les absences aux entretiens en cas de maladie, de grève des transports, etc., sous peine d’être radié...

Avec les organisations de chômeurs nous travaillons en ce moment sur le principal motif de radiation : l’absence à un entretien. Nous réfléchissons à une harmonisation des motifs légitimes d’absence, comme l’a suggéré le rapport du médiateur. Aucune décision n’a été prise sur ce sujet.

Que peuvent attendre les chômeurs de l’accord sur la formation professionnelle ?

Cet accord est une bonne nouvelle et va permettre de faire plus pour la formation des demandeurs d’emploi. Le taux de retour à l’emploi des demandeurs d’emploi six mois après la fin de leur formation est de plus de 50% en 2013.

Et le plan d’urgence formation lancé en septembre ?

Le plan d’urgence de 30000 chômeurs formés sur les métiers dont les offres d’emploi ne sont pas pourvues se déroule bien. C’est à la fois de nouvelles opportunités pour les demandeurs d’emploi et une réponse concrète aux difficultés de recrutement signalées par les entreprises. A fin novembre, l’objectif de 30000 inscrits est déjà dépassé.

Combien y a-t-il d’offres d’emploi non pourvues ?

En 2012, nous les avons estimées à 116000 sur les offres recueillies par Pôle emploi.

Quel bilan tirez-vous de l’accompagnement des chômeurs ?
Les premiers retours sont très positifs et valorisent la plus forte personnalisation du service rendu, en particulier aux demandeurs d’emploi qui en ont le plus besoin avec désormais 3200 conseillers spécialisés dans l’accompagnement renforcé avec moins de 70 demandeurs d’emploi chacun. Nous allons réaliser une évaluation complète en juin.

Les syndicats dénoncent pourtant une politique du chiffre…

Tout l’objectif de notre nouvelle approche est de laisser le maximum de marge de manœuvre aux conseillers et de sortir d’un pilotage centralisé quantitatif. En parlant de chiffre, il y en a un qu’on cite peu, c’est le 1,5 million de personnes inscrites à Pôle emploi qui ont retrouvé un emploi durable en 2013. Il y a eu par ailleurs un renfort des effectifs sans équivalent. En l’espace de dix-huit mois, on a recruté 4000 agents supplémentaires.

Quelle est votre part de marché sur les offres d’emploi ?

On capte 35% des offres d’emploi de plus d’un mois. Nous avons proposé à tous les acteurs de l’Internet de l’emploi de travailler avec nous. Huit nous ont rejoint dès 2013 et, sur Pole-emploi.fr, 25000 offres viennent de ces partenaires sur 135000. En 2014, nous allons monter en charge, car une cinquantaine sont prêts à travailler avec nous. Contrairement aux idées reçues, Pôle emploi n’est pas en concurrence avec les autres acteurs de l’emploi en ligne. Dans la bataille pour l’emploi, toutes les forces doivent se mobiliser.

Propos recueillis par CATHERINE GASTÉ




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