Une énorme machine inhumaine

Pierre-Edouard Magnan Responsable du Mouvement des chômeurs (MNCP)

Votre première expérience avec Pôle Emploi ?

À la sortie de mes études, en 2007. C’était encore l’ANPE, et je me suis retrouvé face à quelqu’un qui était incapable de répondre à ma demande. J’ai compris ensuite pourquoi : j’ai un Bac + 5 en histoire, donc je ne sais rien faire, je n’ai pas de métier… Pôle Emploi est l’héritier de son histoire, du « Bureau des métiers » comme il s’appelait dans les années soixante : quand vous avez un métier, ils arrivent à s’en sortir, mais quand vous avez des compétences et pas de métier, ils sont perdus.

Votre principale critique ?

Je ne critique pas les agents, il y en a des bons et des mauvais, comme partout. Le problème, c’est le fonctionnement de cette énorme machine, qui gère un nombre colossal de cas, et qui en devient inhumaine. Incapable de prendre en compte la diversité des cas, et de répondre aux demandes très concrètes d’un chômeur particulier : combien il percevra, comment suivre une formation…
Cela met en péril le lien de confiance. De plus en plus de chômeurs en fin de droit cessent de se rendre à Pôle Emploi, car ils pensent que ça ne leur sert à rien.

Un rapport parlementaire propose d’associer les chômeurs à la gestion de Pôle Emploi… Vous êtes preneur ?

Oui, car Pôle Emploi est le seul service public français où les usagers ne sont pas représentés au conseil d’administration. Sauf par les syndicats de salariés, qui sont incapables de représenter les chômeurs, ce qui n’est pas un reproche, mais une constatation.

Recueilli par Francis BROCHET.



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