De Bruit et de Fureur

Le déclassement et la désocialisation – mais aussi et surtout les rancœurs et éruptions de violence qu’ils génèrent – auront émaillé hier l’audience à juge unique du tribunal correctionnel.

À commencer par ce demandeur d’emploi de 43 ans, qui s’est présenté le 6 novembre 2012 à Pôle emploi, a outragé et menacé le personnel de l’agence. La raison ? « Je voulais qu’ils reconnaissent leur erreur », explique celui qui a agrippé sa conseillère, lancé un « retourne dans ta niche ! » à un autre conseiller, hurlé et écumé, « la bave aux lèvres » selon les témoins dont le directeur d’agence, qu’il allait « revenir avec une pioche et retourner tous les bureaux ».

Enragé

Tout cela parce que l’assurance chômage avait suspendu ses versements après qu’une lettre envoyée au domicile de l’intéressé était revenue avec la mention « n’habite plus à cette adresse ». « Je n’ai jamais déménagé ! », vrombit à l’audience l’intéressé, trahissant son caractère emporté et impulsif. Et d’expliquer ses 20 années à travailler et payer des cotisations avant de se retrouver au chômage depuis un an.

Reste, comme le souligne Me Giacomoni pour Pôle emploi, que l’homme s’est non seulement trompé de colère mais a témoigné d’un véritable comportement d’enragé. « Des situations qui sont hélas de plus en plus fréquentes », souligne l’avocate, sachant qu’en l’occurrence, « ce monsieur a de lui-même appelé la police parce qu’il ne savait pas s’il arriverait à se contrôler. »

Le parquet ayant souligné le caractère insupportable d’un tel comportement et requis 3 mois avec sursis et mise à l’épreuve, la défense, assurée par Me Pichoff, estime que « la première violence dans cette affaire est la violence sociale subie par mon client qui a perdu son emploi après vingt ans au sein de la même entreprise. »

Et de souligner qu’il s’est agi « d’un fait isolé », avant de plaider en faveur d’une peine de travail d’intérêt général. Peine que le tribunal a prononcée à hauteur de 105 heures, l’intéressé devant en outre dédommager Pôle emploi à hauteur de 1 050 €.

 

Pierre LAURENT




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