Stop aux «violences envers les cadres» de Pôle emploi

Conseiller à l'agence Pôle emploi de Forges-les-Eaux et syndicaliste SNU, Claude Cherblanc adresse une lettre ouverte au ministre du travail, protestant contre le maintien des « méthodes de gestion brutales » dans l'établissement public et contre les « violences envers les cadres » : « Si rien n'est fait, la possibilité d'un “France Télécom bis” n'est pas à exclure ».


Lettre ouverte d'un employé de Pôle emploi à son ministre de tutelle

À votre arrivée, rue de Grenelle, le 16 mai 2012, vous avez pris deux décisions majeures concernant notre établissement public : maintenir à son poste son directeur général, Jean Bassères, nommé par Nicolas Sarkozy ; appliquer le plan élaboré sous la précédente majorité, « Pôle emploi 2015 », c'est-à-dire continuer la politique menée par vos prédécesseurs.

Le déploiement de Pôle emploi 2015 se fait dans les mêmes conditions que lors de la fusion : à marche forcée, sans dialogue social avec les organisations syndicales et les élus du personnel. Avec une différence de taille : si l'ensemble du personnel, y compris l'encadrement, est sous pression constante depuis 2008, s'y ajoutent, aujourd'hui, des violences envers les cadres.

Le 5 mars dernier, un cadre s'est suicidé à Montpellier. Le 8 juillet, le directeur des relations sociales de l'Île-de-France s'est donné la mort. Enfin, le 9 septembre, un directeur territorial de Pôle emploi Rhône-Alpes, placardisé à Paris, s'est jeté sous un train.

Il est délicat d'évoquer ces événements tragiques. Mais il impossible de ne pas les situer dans le climat malsain provoqué par les méthodes de gestion brutales en usage depuis l'arrivée de l'actuel directeur général : fortes pressions au travail ; mises au placard ; incitation au départ par l'utilisation abusive des dispositions de la rupture conventionnelle du contrat de travail ; menaces de sanctions ; mutations imposées par le biais de lettres de mission.

Mon syndicat, le SNU Pôle emploi-FSU, reçoit de nombreux témoignages qui démontrent qu'une offensive est en vigueur contre les « managers » à l'échine insuffisamment souple ou soupçonnés d'une allégeance médiocre à l'idéologie institutionnelle.

Le 26 septembre dernier, vous étiez l'invité de Patrick Cohen, à France Inter. Lors de la séquence des questions des auditeurs, je vous ai demandé ce que vous pensiez des trois suicides de cadres à Pôle emploi. Vous m'avez répondu que ces suicides étaient « insupportables, inadmissibles, à Pôle emploi comme ailleurs ». Ensuite, vous avez évoqué les charges de travail, une tension terrible en raison du manque de moyens de Pôle emploi auquel vous dites avoir remédié.

Le malaise des cadres à Pôle emploi n'a rien à voir avec des charges de travail excessives ou un manque de moyens. Il est le résultat du choix délibéré de régir cette catégorie de personnels par la pression. Nul besoin de chercher ailleurs.

Si rien n'est fait, la possibilité d'un « France Télécom bis » n'est pas à exclure. Si Pôle emploi est doté d'autonomie, avec un conseil d'administration, il est tout de même sous la tutelle de l'État. Il est urgent que vous vous préoccupiez de ce qui s'y passe.
 

Je vous prie d'agréer, monsieur le ministre, mes respectueuses salutations.

Claude Cherblanc, conseiller à l'emploi à l'agence de Forges-les-Eaux

 


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