Chômage : les effets de rattrapage du « bug » vont durer plusieurs mois, prévient Pôle emploi

Alors que le ministre du Travail a déjà prévenu que les chiffres de septembre publiés ce soir ne seraient « pas bons », Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, estime que les chiffres mensuels des demandeurs d’emploi devaient être interprétés « en tendance sur plusieurs mois ».

Pas de doute, la publication ce jeudi à 18h des chiffres du chômage de septembre ne sera pas positive pour le gouvernement. Et les effets compensateurs de la baisse factice du mois d’août, due à un « bug » technique conjoint de SFR et Pôle Emploi, se feront encore sentir après cette statistique. Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, a ainsi estimé jeudi que les chiffres mensuels des demandeurs d’emploi devaient être interprétés « en tendance sur plusieurs mois ».

A quelques heures de la publication des chiffres des personnes inscrites à Pôle emploi en septembre, M. Bassères a reconnu dans un entretien à Libération que « le dysfonctionnement » constaté en août avec l’opérateur SFR « devrait affecter à la hausse l’évolution » entre août et septembre. « Mais je vous rappelle que ces données peuvent être volatiles d’un mois sur l’autre et qu’il faut les interpréter en tendance sur plusieurs mois », a-t-il ajouté.

Le directeur de Pôle emploi a indiqué « comprendre les doutes » sur la fiabilité des statistiques. « Mais les chiffres publiés le 25 septembre correspondaient bien au nombre de demandeurs d’emploi inscrits fin août à Pôle emploi. Il y a eu un événement qui a conduit à radier des personnes qui se seraient actualisées si elles avaient reçu notre relance. La baisse constatée fin août aurait donc été plus faible », a-t-il expliqué.

Les dernières statistiques avaient affiché une baisse spectaculaire de 50.000 personnes, un nombre gonflé par un bug de l’opérateur SFR. Fin août, 3,23 millions de personnes sans aucune activité étaient recensées. Mercredi, le minisrte du Travail Michel Sapin a reconnu que les chiffres du chômage de septembre ne seraient « pas bons ». Dans la foulée, l’institut de recherche économique OFCE affichait son scepticisme quant à la fameuse inversion de la courbe du chômage , promise à maintes reprises par François Hollande.

Interrogé sur la situation à Pôle emploi, Jean Bassères a déclaré que sa « principale préoccupation tient dans la montée des incivilités et des agressions » contre les agents. « Le Pôle emploi "bashing" expose les conseillers à des critiques excessives », a-t-il jugé, alors qu’ils « se battent quotidiennement pour apporter des réponses aux chômeurs ».

M. Bassères a récusé l’idée d’un « malaise généralisé » à Pôle emploi mais « il peut y avoir des situations individuelles difficiles ». « Avec la fusion, l’encadrement a été fortement impacté », a-t-il admis.





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