Chiffres du chômage d'août : Sapin attend des explications de Pôle emploi

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a affirmé lundi avoir demandé à Pôle emploi "de regarder précisément ce qui s'est passé" au mois d'août pour expliquer le nombre "anormalement élevé" de sorties des listes pour "défaut d'actualisation".

En août, le nombre d'inscrits à Pôle emploi a reculé pour la première fois depuis avril 2011, sous l'effet notamment d'un nombre très élevé de personnes (77.500 de plus qu'en juillet, +38,8%) disparues des listes faute d'avoir informé Pôle emploi de l'évolution de leur situation.

Derrière le "défaut d'actualisation" mensuelle peut se cacher une reprise d'emploi non déclarée mais aussi des oublis, retards ou entrées en formation.

"Ce chiffre a attiré mon attention. J'ai donc demandé à Pôle emploi et à la Dares (direction statistique du ministère du Travail, ndlr) de bien vouloir regarder précisément ce qui s'est passé puisque, jusqu'à présent, on ne m'a pas donné une réponse que je considérais comme satisfaisante", a déclaré M. Sapin lors d'une rencontre de l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Ce chiffre est "anormalement élevé", a-t-il souligné. "Je pense que nous aurons des réponses rapidement", a-t-il poursuivi.

"Je veux être sûr des chiffres qui nous sont donnés par Pôle emploi donc j'ai demandé que, sur ce point, le travail soit poursuivi (...) pour me donner une raison, qu'on m'explique ce chiffre de 70.000", a-t-il ajouté.

Les services du ministère du Travail mènent a posteriori trimestriellement une enquête auprès d'un échantillon représentatif de demandeurs d'emploi pour cerner les motifs exacts de leur sortie des listes. La dernière montre que 45% des personnes retirées des listes en mars pour ce motif avaient en fait repris un travail.

Plus généralement, le ministre du Travail a assuré vouloir une "transparence totale" sur la mesure du chômage. "Je ne veux pas changer la moindre règle, pas besoin de cela pour inverser la courbe", a-t-il ajouté en martelant que "la tendance est déjà inscrite dans les chiffres", celle d'une "décélération (menant) vers l'inversion".

"L'inversion se jugera à la fin de l'année" pour "rentrer dans quelque chose de plus fort" et de "durable" en 2014, a-t-il affirmé.

Si l'Unedic table au contraire sur une poursuite de l'augmentation du nombre d'inscrits en 2014, M. Sapin parie sur des départs en retraite supérieurs aux prévisions: le nombre de "ceux qui veulent profiter du décret 60 ans ne cesse d'augmenter", cela "peut libérer un certain nombre de postes", a-t-il expliqué en ajoutant que "la reprise forte de l'activité se fera sentir quelque part au milieu de 2014".




A LIRE AUSSI :

>> La baisse du chômage en août amplifiée par un bug informatique ? | Midilibre.fr | 27/09/2013



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir