Pôle emploi: sept syndicats demandent une expertise générale des conditions de travail

Sept des neuf syndicats de Pôle emploi ont réclamé mardi, sans succès, une "expertise" générale des conditions de travail pour prendre la mesure, après trois suicides récents de cadres, de la souffrance générale, selon eux, des agents.

A la suite du suicide début septembre de l'ancien directeur du Rhône, la direction avait proposé vendredi d'engager un "diagnostic national" des conditions de travail des cadres supérieurs, sans exclure de l'élargir à d'autres catégories.

Dans une motion commune présentée mardi après-midi au comité central d'entreprise (CCE), FO, SNU, CGT, CFTC, SUD, Snap et Unsa ont demandé une "expertise nationale" sur "la nature et les conséquences sur les conditions de travail de l'organisation générale du travail" auxquelles l'ensemble des "personnels de Pôle emploi sont exposés". Ils réclamaient aussi la tenue d'un CCE extraordinaire en présence du directeur général Jean Bassères.

La motion a été lue mais n'a pas été mise au vote, suscitant la fureur de plusieurs organisations et le départ de la réunion de quatre syndicats (CFTC, CGT, SNU et SUD).

Ce CCE, dont le bilan social était l'un des principaux points à l'ordre du jour, s'est déroulé dans une ambiance "très tendue", selon Jean-Charles Steyger (SNU), "un peu difficile", a convenu Bernie Billey (CFDT), dont l'organisation ne s'est finalement pas associée à la motion, tout comme la CFE-CGC. Pour "aider à améliorer les conditions de travail", l'intervention d'"un organisme complètement indépendant" a les faveurs de la CFDT, pas une "coûteuse expertise confiée à un cabinet".

Pour la représentante de la CFTC Stéphanie Durand, la réunion fut "humainement triste". Celle-ci a dénoncé auprès de l'AFP la "non-réponse assourdissante de la direction (présidant le CCE, ndlr)" à la motion commune alors que "trop de personnes sont en souffrance à Pôle emploi".

Une autre motion, déposée cette fois par la CFTC, le SNU et SUD, a été lue, sans vote. Celle-ci visait à mandater le secrétaire du CCE pour "évaluer les moyens" d'engager un recours pénal contre la direction, notamment pour "mise en danger d'autrui".

"Le directeur général a dit devant les députés que les conditions de travail seraient sa priorité. Il est dans l'échec et ne prend pas la mesure des souffrances", estime Mme Durand.

Selon le bilan social 2012 présenté le même jour en Comité central d'entreprise, les absences pour maladie des agents de Pôle emploi ont augmenté de 22% entre 2010 et 2012, dix fois plus que la hausse des effectifs sur la même période.

AFP le 24/09/2013



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