Deux syndicats interpellent la direction de Pôle Emploi après le suicide d'un cadre

Pour eux, ce geste révèle un «réel malaise social».

Deux syndicats de Pôle emploi, la CFE-CGC et le SNU, ont indiqué jeudi à l’AFP avoir interpellé leur direction après le suicide lundi d’un cadre, «le troisième en sept mois», réclamant des «décisions» face à la «souffrance» des salariés.

Lundi, l’ancien directeur territorial du Rhône, «âgé de 55 ans», s’est jeté sous un TGV à Mâcon «alors qu’il se rendait à Paris sur son lieu de travail», a-t-on appris de sources syndicales.

Selon ces sources, ce père de famille avait été muté en juin à la direction générale à Paris et regagnait son domicile le week-end. Il travaillait pour l’opérateur public «depuis 25 ans».

Dans un communiqué, la CFE-CGC (cadres) des métiers de l’emploi déplore jeudi «le troisième suicide d’un cadre supérieur en sept mois», «après le drame du Languedoc-Roussillon en mars et celui d’Ile-de-France en juillet». Ces gestes, s’ils «nécessitent une très grande prudence dans l’analyse», sont «révélateurs d’un réel malaise social», estime-t-elle.

Le syndicat «exige de la direction qu’elle prenne en compte la souffrance des agents». «Il est grand temps de se mettre autour de la table pour (...) mieux comprendre le mal-être et les difficultés afin de prendre enfin des décisions pour éviter de nouveaux drames», écrit-il.

Sur la même ligne, le Snu Pôle emploi a indiqué à l’AFP réclamer lui aussi d’être reçu par le directeur général de Pôle emploi Jean Bassères et le ministre du Travail Michel Sapin.

Depuis la fusion ANPE-Assedic (fin 2008), «il y a une immense souffrance de l’encadrement et des agents, depuis des mois nous alertons la direction sans être entendus», affirme Colette Pronost, la secrétaire générale du SNU. «Il y a des mouvements, professionnels et géographiques, dans l’encadrement qui ne sont pas choisis», dit-elle.

Si elle reste «prudente» sur l’analyse de son geste, Colette Pronost note toutefois que l’ex-directeur territorial du Rhône s’est «suicidé à la gare TGV qu’il l’amenait à Paris, symboliquement, c’est quand même très fort».

Sollicitée par l’AFP, la direction de Pôle emploi n’a pas réagi dans l’immédiat.

Les deux syndicats réclament une enquête du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) pour «faire la lumière sur cet acte désespéré».

AFP - 12 SEPTEMBRE 2013 À 17:22

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