Ce rapport qui salue (pour une fois) le travail de Pôle emploi

L'Inspection générale des finances a évalué le fonctionnement de Pôle emploi. Le rapport salue la modernisation de cet opérateur entreprise depuis 2013.

Vers la fin du Pôle emploi " bashing " ? Un rapport de l'Inspection générale des finances, corps prestigieux de l'administration française, a publié - en catimini - le 1er janvier dernier un long rapport sur le fonctionnement de l'opérateur public. Et il consacre le travail entrepris depuis 2013 par Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, pour moderniser l'institution.

La révolution de l’accompagnement des demandeurs d’emploi

En arrivant à la tête de Pôle emploi, Jean Bassères a mis fin à un tabou en arrêtant la politique uniforme qui visait à assurer le même service à tous les chômeurs. L’idée étant de faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin. Conséquence, en 2013, il a instauré « l’accompagnement renforcé » des publics les plus éloignés de l’emploi, « l’accompagnement guidé » pour les intermédiaires et « l’accompagnement suivi » pour les plus autonomes. Cette petite révolution s’est accompagnée de moyens conséquents : 4.000 personnes ont été embauchées par l’opérateur. 

Résultat, « le temps consacré à l’accompagnement des demandeurs d’emploi a augmenté de 50% entre 2014 et 2017 », constate l’IGF. C’est particulièrement frappant pour les chômeurs les plus en difficulté : « Dès 2016, Pôle emploi a dépassé l’objectif de 460.000 demandeurs d’emploi bénéficiant d’un accompagnement intensif. Fin 2017, 527.131 demandeurs d’emploi en portefeuille bénéficiaient d’un accompagnement intensif, contre 307.330 en janvier 2015, soit une hausse de 71,5% », poursuit l’IGF.

Ce changement de stratégie a eu un effet très concret : « Le nombre de retours à l’emploi a augmenté de 15,1% entre 2014 et 2017. »


Le tabou du contrôle des chômeurs

Pôle emploi a lancé, mi-2013, une expérimentation sur le contrôle des chômeurs en créant des équipes dédiées dans trois régions tests. Jugée concluante, elle a été généralisée en 2015. Actuellement, 180.000 agents sont mobilisés et répartis dans des services dédiés basés en région. Après trois ans d’existence, plus de 300.000 personnes ont été contrôlées, soit environ 12.000 par mois.

Quels effets ? « Ces contrôles conduisent à un avertissement pour 19% des demandeurs d’emploi contrôlés et à une sanction de radiation administrative de 15 jours pour 14% d’entre eux, précise l’IGF. Ce taux de radiation est plus élevé chez les peu qualifiés, chez les moins de 50 ans et chez les demandeurs d’emploi non indemnisables ou ceux relevant du régime de solidarité. » Selon l’opérateur public, la mise en place du contrôle permet de détecter les demandeurs d’emploi qui ont baissé les bras : sur un échantillon de 100 personnes contrôlées, 20 ont pu être remobilisées, assure Pôle emploi.

Toutefois, l’IGF encourage Pôle emploi à améliorer le dispositif en fluidifiant, notamment, les relations entre conseiller en agence et du service de contrôle ou encore en dématérialisant les questionnaires envoyés aux demandeurs d’emploi pour vérifier leur recherche.

La spécialisation des conseillers

Un choc culturel. Jean Bassères a rétabli une forme de spécialisation des conseillers : des agents sont chargés de répondre aux besoins des entreprises, un point faible de l’établissement public jusqu’à présent. Pour relever le défi, Pôle emploi y a mis les moyens : les effectifs du service entreprise ont crû de 16,7%, « soit la plus forte hausse sur la période parmi les différentes activités de l’opérateur », note l’IGF. Ainsi, en 2017, 5.300 agents sont mobilisés sur cette activité, dont 4.700 consacrés à l’aide au recrutement. Une évolution bienvenue pour adresser l’épineuse question des pénuries de main d'oeuvre qui frappe bon nombre d'entreprises françaises.

A la manière des mastodontes de l’intérim, Pôle emploi a créé une offre de services pour aider les entreprises, notamment les PME-TPE, dans leur recrutement (rédaction d’offres, aide à la diffusion des offres, présélection de candidats en fonction de critères établis avec l’employeur ou encore aide pour faire passer des entretiens d’embauche).

Toutefois, « les évolutions organisationnelles et les nouvelles offres de services développés peinent encore à convaincre les différentes entreprises. La satisfaction est très variable selon la taille de l’entreprise puisque les entreprises de moins de 10 salariés ne voient pas leur satisfaction augmenter et celles de plus de 10 et de moins de 50 salariés ont été moins satisfaites en 2017 qu’en 2016 », conclut l’IGF.


Florian Fayolle


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