Le « circuit court » qui court-circuite Pôle emploi

Pour lutter contre le chômage,  des mairies prennent les devants. A Lille, la mairie met directement en relation demandeurs d'emploi et employeurs, sans passer par Pôle Emploi.

Le ministre du travail Michel Sapin a redit son assurance dimanche qu'une inversion de la courbe du chômage interviendrait bien d'ici la fin de l'année, comme promis par François Hollande. En attendant, certaines communes ont décidé de prendre les choses en mains, quitte parfois à se substituer à Pôle Emploi. À Lille par exemple, la mairie a mis en place le dispositif « Circuit Court », destiné principalement aux jeunes demandeurs d’emploi. Le principe est simple : réduire le nombre d’intermédiaires et c’est la mairie elle-même, via les missions locales, qui met en relation employeurs et chômeurs. Un système qui se veut alternatif à Pôle Emploi dans cette ville qui compte près de 13% de demandeurs d'emploi (17% chez les jeunes), selon la mairie.

Les « exclus » de Pôle Emploi rattrapés par la ville

« Pôle Emploi ne peut pas répondre à toutes les demandes, reconnaît sur RMC Pierre de Saintignon, premier adjoint au maire de Lille. Tout se passe sur Internet, et les tris automatiques et dépersonnalisés amènent l'exclusion de fait d'un certains nombres de jeunes qui, pour autant, pourraient être présentées à l'entreprise (…). A travers ce "Circuit Court", la ville s’adresse aux "exclus" de Pôle Emploi. On élargit la palette des services à disposition de l'emploi, c'est complémentaire. C'est quelque chose de plus actif dans la relation directe entre un jeune et l'entrepreneur ».

« Pôle emploi ne me proposait que des contrats de 10 jours »

RMC a rencontré Samira, employée polyvalente dans un supermarché du quartier de Wazemme. Grâce au « Circuit court » de la mairie, elle a décroché un sésame inespéré, selon elle : un CDI. « Je n'avais pas de travail, raconte-t-elle. Quelques mois auparavant, je n'y croyais plus. J'ai eu des contacts avec Pôle emploi qui ne me proposait que des contrats de 10 jours. J'ai alors contacté la mission locale. C'est grâce à ça que j'ai pu accéder à un emploi ». Et il n’aura fallu que quelques jours pour que la mission locale organise la rencontre entre Samira et celui qui allait devenir son patron, Hamid El Haloui, le directeur du supermarché. L’avantage du « Circuit court » pour lui ? « Ça m'a permis de gagner en rapidité et d'avoir des gens qui sont totalement opérationnels. Au lieu d'avoir un CV qui ne veut rien dire, on a une personne en face de soi. Au lieu de juger un bout de papier, on juge un individu ».
En l’espace de deux ans, 820 jeunes comme Samira ont trouvé un emploi grâce à ce dispositif. La barre des 1 000 bénéficiaires devrait être franchie d'ici la fin de l'année.

Philippe Gril avec Lionel Top



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