Assurance chômage : Le drôle de document envoyé par le patronat aux syndicats

Le trio patronal U2P-Medef-CPME a envoyé aux syndicats, ce lundi 21 janvier, un document de cinq pages détaillant les différentes raisons de leur opposition à la taxation des contrats courts, alors que les négociations reprennent demain. Mais sans faire de propositions en échange.

À la veille d’une réunion de la dernière chance dans le cadre de la négociation portant sur l’assurance chômage, c’est un drôle de document qu’a adressé le trio patronal Medef-CPME-U2P aux syndicats, dans la matinée de ce lundi 21 janvier. En cinq pages, les organisations patronales exposent les différentes raisons qui les poussent à rejeter en bloc l’idée d’une taxation des contrats courts (autrement appelés bonus-malus)…. sans avancer une seule contre-proposition en échange.

Lorsqu’on connaît l’attachement des syndicats pour cette taxation des contrats courts, l'envoi d'un telle lettre de quoi questionner sur les possibilités de déboucher sur un compromis. D’autant qu’on le sait, si cette réunion du mardi 22 janvier venait à échouer, le fin des négociations sur l’assurance chômage pourrait s’en retrouver précipitée. Et le gouvernement être amené à reprendre la main…

Dans le document adressé au syndicats, que nous avons pu consulter le trio patronal énumère pêle-mêle pas moins de huit effets pervers au bonus-malus : des PME pénalisées, des créations d’emploi inhibées, des entreprises dynamiques stoppées dans leur élan, un poids sur les gains de productivité, un encouragement à avoir recours à des emplois encore plus précaires, ou encore une fragilisation des entreprises en difficultés. Contacté par nos soins, le Medef explique que les organisations ont seulement demandé au patronat de leur faire un “topo” des raisons pour lesquelles ils s’opposent frontalement à la taxation des contrats courts, mais pas de formuler des propositions. “Ces propositions seront présentées, comme prévu, pendant la séance de négociation”, rassure aussi l’organisation désormais dirigée par Geoffroy Roux de Bézieux, depuis la fin du mandat de Pierre Gattaz l’été dernier.

De son côté, L’Opinion avance quelques propositions qui pourraient être faites par les organisations patronales pour limiter l’emploi des contrats courts : "offrir la priorité quand un CDI se présente pour les personnes embauchées plusieurs fois en contrats déterminés”, ou encore “mettre en place un meilleur abondement au compte personnel de formation (CPF) pour les personnes les moins qualifiées”. Des informations que le Medef ne souhaite pour l’heure pas commenter.


SAMUEL CHALOM


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