Assurance-chômage. soixante bougies pour l'UNEDIC, et après ?

Alors qu’Emmanuel Macron détricote le système d’indemnisation des privés d’emploi, son anniversaire éclaire sur les fractures de l’institution.

Un anniversaire au goût amer. Le 31 décembre, l’assurance-chômage soufflait ses 60 bougies. Si son âge n’est pas encore canonique, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron pourrait lui porter l’estocade. À l’automne 2018, le remplacement des cotisations salariales par la contribution sociale généralisée (CSG) et l’imposition par le gouvernement d’une lettre de cadrage, méprisant syndicats et patronat, ont sapé les fondements mêmes du régime paritaire. Comme le résume Claire Vivés, sociologue au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET), « c’est le début de l’enterrement. On ne comprend pas le projet gouvernemental, que veut-il ? Une indemnisation forfaitaire ? Qu’est-ce qu’il gagne à reprendre la main comme ça sur le régime ? Si l’Unédic disparaît, on ne pourra pas s’en réjouir, même si c’est un système imparfait ».

De 1958 à 1979, les droits des privés d’emploi sont en hausse

Avant de prendre coup sur coup, l’assurance-chômage est née de l’urgence sociale. Le 31 décembre 1958, le général de Gaulle annonçait d’une voix chevrotante à l’ORTF la création d’« un fonds national destiné au maintien de l’emploi et assurant aux travailleurs qui tomberaient dans le chômage un supplément portant l’allocation aux environs du salaire minimum ». Cet accord signé par le CNPF, l’ancêtre du Medef, et FO, la CFTC et la CGC, devait fournir une assurance complémentaire aux laissés-pour-compte de la reconversion industrielle....


CÉCILE ROUSSEAU



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