Ce 31 décembre, l'assurance chômage fête ses 60 ans



Il y a soixante ans était créé un système national d'aide aux salariés privés d'emploi : l'assurance chômage. Retour sur quelques moments fondateurs de cette mesure qui fera l'actualité début 2019, au travers de sa réforme très attendue.

31 décembre 1958. Sous l'impulsion du général Charles de Gaulle naît l'assurance chômage pour les salariés de l'industrie et du commerce. «Il va être fondé, institué par coopération entre le patronat et les syndicats un fonds national destiné au maintien de l'emploi et assurant aux travailleurs qui tomberaient en chômage un supplément portant l'allocation aux environs du salaire minimum», avait déclaré le Général lors d'une allocution télévisée. Les Assedic et l'Unedic sont alors créés. À cette date, la France ne compte que 25.000 chômeurs.

Comme l'explique, Jacques Freyssinet, professeur d'économie à Paris I et spécialiste du marché du travail, à l'AFP, l'assurance chômage a été créée pour «anticiper les risques de chômage». Pour cause explique-t-il, «à la fin des années 50, les restructurations industrielles commencent à s'accélérer, il y a une ouverture des frontières, les premiers abaissements de droits de douane».


«La crise éclate en 1974, le chômage explose et le régime se trouve en déficit. C'est un choc dans un pays qui n'avait plus connu le chômage depuis les années 30»

Jacques Freyssinet


«La première convention d'assurance chômage n'a été signée que par le CNPF (patronat) et ne couvrait que les branches couvertes elles-mêmes par le CNPF. L'agriculture y échappe, par exemple», reprend Jacques Freyssinet. En effet, il faudra attendre 1977 pour voir l'assurance chômage s'étendre au secteur agricole.

En 1974, la crise du système éclate. «Le chômage explose et le régime se trouve en déficit. C'est un choc dans un pays qui n'avait plus connu le chômage depuis les années 30», déclare le professeur d'économie. Puis le chômage s'enfonce, reprend-il, et le déficit se creuse.

Une réforme aujourd'hui en pleine négociation

Depuis l'automne, les négociateurs des huit organisations syndicales et patronales se consultent dans le but d'aboutir à un accord sur une réforme de cette assurance chômage. Et le temps presse. Ils n'ont désormais plus que deux mois pour tenter de dégager un compromis et répondre aux points précis de la lettre de cadrage du ministère du Travail. Car les volontés de l'exécutif sont claires: favoriser l'accès et le retour vers «un emploi de qualité» et économiser entre 3 et 3,9 milliards d'euros sur trois ans pour réduire la dette de l'Unedic, qui pèse près de 35 milliards d'euros aujourd'hui. Une course contre la montre donc, pour ce système vieux de 60 ans, qui devrait beaucoup faire parler de lui début 2019.


AFP agence