Le gouvernement prêt à un délai pour la négociation Unédic

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre s'est montré ouvert à l'idée de reporter d'un mois l'échéance légale de la négociation sur l'assurance chômage comme l'ont demandé les partenaires sociaux, mais sous certaines conditions, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

"Il pourra être répondu favorablement à votre demande de report si les discussions sont parvenues fin janvier à un stade où quelques semaines supplémentaires en février sont nécessaires pour que la négociation progresse utilement au regard du document de cadrage", écrit Edouard Philippe dans une lettre aux partenaires sociaux datée du 14 décembre, dont Reuters a eu connaissance.

"Ce délai devra notamment leur permettre de traiter "de mesures favorables à l'accès et au retour à l'emploi de manière durable", a-t-il ajouté.

Les partenaires sociaux avaient jusqu'à la fin janvier pour présenter au gouvernement un nouvelle convention d'assurance chômage permettant de réaliser des économies de 3 à 3,9 milliards d'euros sur trois ans.

Ils ont demandé au Premier ministre un report de cette échéance, jugeant que le climat actuel, sur fond de crise des "Gilets jaunes", ne leur permettait pas de mener des discussions sereines.

La plupart des organisations syndicales estiment que les orientations de la lettre de cadrage sont contradictoires avec les revendications des manifestants. La CGT avait pour sa part demandé l'arrêt total de la négociation.

"Le Premier ministre répond par une pirouette alors qu'au vu des circonstances actuelles et de l'attente forte des salariés sur la question de l'augmentation des salaires, il ne me semble pas que nous soyons en capacité de trouver un accord qui réponde à la lettre de cadrage", a déclaré à Reuters le secrétaire confédéral de Force ouvrière, Michel Beaugas, qui réclame la suspension "sine die" de la négociation.

Pour ce dernier, la lettre de cadrage prévoit une "baisse des indemnisations et donc des revenus des demandeurs d'emploi".

Les partenaires sociaux avaient annulé la séance de négociation de mardi dernier qui devait porter sur les intermittents du spectacle. Des questions se posent quant à la nécessité de maintenir la prochaine séance qui doit avoir lieu le 18 décembre.


Caroline Pailliez, édité par Sophie Louet