Pôle emploi : Les arnaques par E-mail se multiplient

Des escrocs promettent aux chômeurs un travail factice contre une avance sur salaire qui peut s’élever à plusieurs milliers d’euros.

“On ne donne jamais d’argent pour travailler” confie à Capital, Damien Bancal, journaliste et fondateur du site Zataz. Ce dernier a enquêté sur un phénomène de plus en plus dénoncé par les chômeurs : les arnaques à l’emploi, envoyées par e-mail ou postées sur les réseaux sociaux ou les sites d’annonces comme Le Bon Coin.

“Les escrocs piratent les comptes d’entreprises partenaires de Pôle Emploi ou utilisent le hameçonnage pour récupérer les mails des demandeurs d’emploi. Ensuite ils envoient énormément de fausses annonces pour faire miroiter un emploi aussi fictif que dangereux”, avertit-il.

Le scénario est toujours plus ou moins le même : le faux recruteur envoie un chèque au chômeur dont le montant est largement supérieur au salaire. L’escroc réclame ensuite le virement de la différence et quelques jours plus tard, la victime est informée que le chèque est sans provision.

S’étant fait passer pour un demandeur d’emploi, Damien Bancal explique détaille la méthode de l’arnaque. D’abord il reçoit un mail : “Je suis à la recherche d’une personne disponible pour un travail à domicile dans la mise sous pli. Le travaille consiste tout simplement à mettre dans des enveloppes différents éléments de publipostage.” Une tâche simple a priori, qui serait rémunérée 500 euros par mois.

Le pirate demande au chômeur son identité, le nom de sa banque, son numéro de téléphone et son adresse postale. Des informations qui doivent servir à constituer le contrat de travail. Après s’être assuré que son interlocuteur est assez motivé, l’escroc lui écrit ceci : “Je demanderai à mon assistant de vous faire parvenir un chèque d’un montant de 1.800 euros, qui servira à l’achat de la machine (qui automatise le remplissage des enveloppes, ndlr) et sur lequel sera déduite votre avance sur rémunération de 300 euros.”

Des milliers d'euros définitivement perdus

C’est là que le piège se referme. Le chèque envoyé à l’adresse du demandeur d’emploi est un faux ou a été volé. Une fois déposé sur son compte en banque, le chômeur retire 1.500 euros en liquide qu’il va renvoyer au malfaiteur via Western Union ou des cartes prépayées, comme cela lui a été demandé. Quelques jours plus tard, deux semaines tout au plus, la banque alertera le piégé. Le chèque étant nul, le chômeur ne reverra jamais son argent, ni l’emploi qu’on lui a promis.

“On a très régulièrement des plaintes pour ce type d’escroquerie à l’emploi. De l’ordre d’une par semaine, depuis le début 2018”, explique le commissaire Joël Groisne au Progrès. “La banque peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour vérifier manuellement les chèques. Comme il ne s’agit pas de transferts de banque à banque, il est quasiment impossible de tracer et de récupérer l’argent volé,” nous confie le journaliste de Zataz.

Si ce procédé se répand sur la toile, l’arnaque est connue et est de plus en plus combattue. Pôle Emploi organise des ateliers de prévention pour présenter les réseaux sociaux et le web, plus généralement, comme outils efficaces pour trouver un job. Mais détaille aussi aux demandeurs d’emploi les escroqueries pouvant les cibler. Damien Bancal rappelle à Capital “qu’il faut toujours vérifier sur internet le nom de l’entreprise et l’identité de l’employeur et ne pas hésiter à alerter son conseiller Pôle Emploi si l’on soupçonne une escroquerie”. Et de conclure : “On ne doit de toute manière jamais donner de l’argent pour travailler et refuser d’être payé par chèque”.


THOMAS ROMANACCE



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