En immersion avec ces femmes et ces hommes qui font tourner le Pôle emploi d'Orléans-La Source

Vendredi 9 novembre, La Rep a passé une matinée à l'agence Pôle emploi d'Orléans-La Source, au plus près de ceux qui œuvrent au quotidien pour permettre à des demandeurs de (re)trouver un job et parfois bien plus que cela.

Dans l'esprit de nombreux Français, Pôle emploi n'a pas toujours une très bonne image. "On franchit rarement la porte de Pôle emploi avec plaisir", résume Seytap Atakol, la directice de l'agence d'Orléans-La Source.

Avec 50 collaborateurs et 7.609 demandeurs d'emploi accompagnés (toutes catégories confondues), le Pôle emploi d'Orléans sud compte parmi les plus grosses agences du département.

La Rep a profité de la visite du sénateur Hugues Saury, vendredi 9 novembre, pour pénétrer dans les coulisses du service public pour l'emploi. Voici les visages de ceux qui oeuvrent au quotidien pour aider les demandeurs à (re)trouver un job. Des professionnels dont les missions sont peu connues du grand public.

 


Ludovic, ambassadeur du digital



Conseiller depuis une vingtaine d'années, Ludovic s'occupe désormais de l'accompagnement numérique des demandeurs. Son rôle : les guider dans le foisonnement des outils et services en ligne proposés par Pôle emploi. La plateforme Emploi store en est un exemple. Celle-ci rassemble tout un tas d'applications aidant à choisir un métier, se former, préparer sa candidature, etc. "Des nouveaux outils sortent tous les jours sur l'emploi store", illustre Ludovic. Il y a aussi le site pole-emploi.fr qui se modernise. Saviez-vous par exemple que, depuis un an, on pouvait rechercher une offre en tapant une compétence dans la barre de recherches ?
Si les smartphones ont démocratisé l'accès au numérique, Ludovic rencontre toujours des personnes qui ne savent pas utiliser un ordinateur. "Je leur propose les visas libres savoirs de la Région. Le but, c'est de les faire monter en compétence", explique le conseiller. Des compétences qui leur seront utiles non seulement dans la recherche d'un emploi, mais aussi dans de nombreux autres domaines de la vie.
Chaque jour, entre 60 et 80 personnes fréquentent l'espace Internet de l'agence. Pour les accueillir, Ludovic est épaulé par des jeunes en service civique.



Marie-Lucile, conseillère "accompagnement global"



En matière d'accompagnement, Marie-Lucile fait de la dentelle, ou presque. La conseillère s'occupe d'un dispositif bien spécifique baptisé "accompagnement global". Global pourquoi ? Parce que les bénéficiaires bénéficient d'une prise en charge à la fois sur le plan de l'emploi mais aussi sur le plan social. "Ce suivi s'adresse à un public très éloigné de l'emploi ou confronté à des freins particuliers", détaille la conseillère, qui gère un portefeuille de 70 demandeurs d'emploi (soit bien moins que les conseillers classiques). Ce dispositif, géré en partenariat avec le conseil départemental, bénéficie de financements européens. Il porte ses fruits. "Presqu'un demandeur sur deux présente un retour positif à l'emploi ou à la formation."
En ce vendredi matin, Marie-Lucile reçoit Mirsad, 31 ans. Elle a une bonne nouvelle à lui annoncer. Cet immigré du Monténégro va pouvoir passer l'habilitation transport qui lui manquait pour pouvoir retravailler. Au chômage depuis sept mois, l'homme cherche un poste de conducteur poids lourds. Il sera à nouveau employable d'ici la fin du mois.



Laurent, "expert anti-fraude"



Laurent travaille au service indemnisation (qui gère aussi l'accueil téléphonique). C'est un peu "l'expert anti-fraude" de l'agence. À lui d'enquêter sur des sommes indues ou des trop perçus reçus par les demandeurs d'emploi. "Souvent, ces trop-perçus ne sont pas du fait des demandeurs. Ils peuvent être dûs à des décalages : par exemple, une personne qui a commencé à travailler mais ne sera payée que le mois d'après, illustre Seytap Atakol, la directrice de l'agence. Mais il y a aussi des demandeurs d'emploi qui travaillent et ne le déclarent pas." Dans ce cas, Laurent est chargé de contacter les entreprises pour prouver que le demandeur exerce bien une activité professionnelle. "Ensuite, on contacte la personne et on négocie un échéancier de remboursement. Si on y arrive, c'est bien, sinon, c'est notre service fraude qui prend le relais", poursuit la directrice.
D'une manière générale, l'objectif du service d'indemnisation est que 94,5% des demandeurs d'emploi soient payés dans les délais, c'est-à-dire, dans le mois.



Hélène, conseillère chargée de l'accueil



"L'accueil est le premier niveau d'information, détaille Hélène. Notre rôle est d'orienter les personnes vers le bon interlocuteur." Le poste nécessite de cerner les problèmes rapidement et de connaître sur le bout des doigts tous les rouages de Pôle emploi.
En ce vendredi matin, la fréquentation est plutôt calme. "D'habitude, on a un flux incessant", décrit Hélène. Entre 350 et 450 personnes défilent, chaque jour, à l'accueil du Pôle emploi. Le temps d'attente y est de 10 à 15 minutes en moyenne.
Parfois, le personnel d'accueil peut être amené à gérer des situations de tension (une situation qui n'est pas propre à Pôle emploi et touche malheureusement d'autres services publics). "Dans ces cas-là, on a un système de sécurité, sur l'écran, qui alerte et fait venir tous les conseillers. Il nous arrive aussi d'appeler la police."



Seytap Atakol, directrice de l'agence



Seytap Atakol dirige l'agence d'Orléans sud depuis le 16 juillet 2018. Elle est à la tête d'une équipe de 50 collaborateurs. Auparavant, elle était en poste à Châteaudun. L'une de ses premières actions a été de réorganiser le hall d'accueil, dans le but d'y aménager des espaces plus conviviaux.
Seytap Atakol exerce son métier avec conviction, "confiante en l'humain". "Il faut de la passion pour faire notre job avec la pression et la mauvaise image qu'on se fait de nous."
Ce qui ne l'empêche pas, aussi, d'être consciente des marges de progression de Pôle emploi. "Nous devons redorer notre blason, on doit plus communiquer sur les belles réussites que l'on obtient et qui font qu'on y croit (...) Il faut aussi que l'on soit davantage réactif quand une entreprise nous dépose une offre."


Marion Bonnet



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