Recherche d’emploi. « Il ne faut pas faire du surplace ! »

Pôle emploi multiplie les actions en Bretagne pour inciter les demandeurs d’emploi à répondre à des offres toujours plus nombreuses dans la région, mais ne trouvant pas preneurs.

« Je ne sais pas s’il faut traverser la rue ou changer de trottoir. Mais ce que je sais, c’est qu’il ne faut pas faire du surplace ». Si Frédéric Sévignon n’a pas fait sienne la sortie d’Emmanuel Macron face à un demandeur d’emploi il y a une semaine - « Je traverse la rue et je vous en trouve » - le directeur régional de pôle emploi Bretagne confirme, alors qu’il tenait une conférence de presse ce lundi matin à Rennes : « Oui il y a des offres ! »

90 postes chez Bigard et les sociétés du groupe, 100 postes dont 50 en CDI à la conserverie Chancerelle de Douarnenez, 30 CDI à l’Hôtel Miramar d’Arzon, 218 emplois de commerciaux partout en France pour Virage Conseil (siège à Lorient), 200 postes disponibles dans plusieurs entreprises affichées à l’agence pôle emploi de Morlaix. Au total, 36 000 offres sont ainsi aujourd’hui en ligne sur le site web de pôle emploi. Des jobs qui ne trouvent pas toujours preneurs. Comme le révélait déjà la dernière étude annuelle de pôle emploi sur les besoins en main-d’œuvre, plusieurs métiers restent en tension. On pense à l’agroalimentaire, la plomberie, l’aide à domicile, l’hôtellerie, le nettoyage, le transport, mais on peut aussi citer d’autres métiers moins souvent mis sur le devant de la scène, comme les charpentiers. Rien que dans la région, on en cherche actuellement plus de 750. Un recrutement sur deux est ainsi jugé difficile par les chefs d’entreprise bretons. Une donnée en progression.

 "Accompagner les demandeurs d’emploi sur un bassin voisin est une difficulté"

Avec autant d’offres, pourquoi alors le chômage (7,6 % en Bretagne contre 8,2 % au niveau national pour le premier trimestre 2018) ne baisse-t-il pas aussi vite que souhaité ? Plusieurs freins entrent en ligne de compte. La pénibilité de certains métiers, d’abord, qui n’incitent pas les demandeurs d’emploi à franchir les portes des entreprises de l’agroalimentaire par exemple. Sur ce point, Frédéric Sévignon souligne que des efforts ont été engagés par l’industrie avec de nouveaux outils ou de nouvelles conditions de travail, mais que cela ne se sait pas assez. « Le métier de désosseur est un métier difficile. Je ne dis pas que le travail n’est plus pénible mais il l’est peut-être moins qu’avant. »

Autre frein à l’emploi, les questions de mobilité. 41 % des demandeurs d’emploi ne veulent pas faire plus de 15 kilomètres ou trente minutes de route pour aller travailler, et 37 %, 16 à 30 kilomètres et 30 minutes à 1 heure. « Accompagner les demandeurs d’emploi sur un bassin voisin est une difficulté », souligne le directeur régional de pôle emploi.

330 événements dans les agences de pôle emploi

Face à ce constat, pôle emploi ne reste pas les bras croisés. Depuis le début du mois de septembre, l’opérateur organise des événements dans chacune des agences du territoire. Jobdating, rencontres entre entreprises et demandeurs d’emploi dans les agences ou sur les sites des sociétés, présentation de formations… D’ici à la fin octobre, ce sont quelque 330 événements qui seront proposés aux Bretons à travers une campagne lancée au niveau national et intitulée «#VersUnMétier ». Une occasion de communiquer sur ses actions. Qui sait par exemple que l’application « Maintenant », permettant de mettre en relation chômeurs et entreprises, a été lancée en août dernier ? En Bretagne, 4 000 candidats et 414 entreprises s’y sont déjà inscrits. Et 60 entretiens ont été organisés suite à 2 700 mises en relation. « Il faut guider les demandeurs d’emploi vers les métiers qui recrutent pour leur permettre un retour à l’emploi durable », insiste Frédéric Sévignon.







Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir