Y a-t-il vraiment 50% d'offres illégales sur Pôle emploi, comme le dit la CGT ?

Réfutant les chiffres du syndicat, l'opérateur public évalue à moins de 10% la part des annonces problématiques sur son site.

Question posée par phil 1789 le 18/09/2018 via Twitter

Bonjour,

Vous faites référence à une étude réalisée les 30 et 31 août 2018 par le comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires de la CGT (CNTPEP-CGT) sur un échantillon d’offres disponibles sur le site de Pôle emploi. Sur les 1708 annonces étudiées, 50% d’entre elles comporteraient «des mentions illégales», dont 62% pour celles provenant de plateformes privées de diffusion.

Ces irrégularités sont de différents ordres, selon la CGT:

-Pour 4% d’entre elles, l’offre n’existe pas. Soit elle n’est plus d’actualité quand les auteurs de l’étude appellent, soit le lien internet est "mort" quand on clique dessus.

-Pour 7,6%, la durée (des CCD ou intérim) est non-conforme à la réalité. Exemple donné: «Quand on appelle l’entreprise de travail temporaire, on nous dit que l’entreprise embauche d’abord sur de petits contrats d’une semaine, puis, après, si on fait l’affaire, la durée des contrats augmente. Or la durée du contrat annoncée sur l’offre doit impérativement correspondre à la durée du contrat proposé».

-Pour 11,5%, il y a absence de planning hebdomadaire pour les temps partiels.

-Pour 17,6% des offres (dont 60% de celles à temps partiel), le nombre d’heures (pour le temps partiel) est non-précisé ou les informations sur une même offre sont contradictoires.

-Pour 14,3%, enfin, figurent des mentions susceptibles d’induire en erreur le candidat, du type «CDD renouvelables» ou «CDD débouchant sur un CDI». Des mentions qui «sont là pour vous faire miroiter des contrats qui n’existeront sans doute jamais».

Contacté par CheckNews, Pôle Emploi, dont le site pole-emploi.fr est le premier site d’offres en France (7,47 millions d’annonces en 2017), réfute en grande partie l’étude: «Ces résultats sont fantaisistes, selon Catherine Poux, directrice des services aux entreprises au sein de l’opérateur public de placement. Et pour cause: la CGT considère comme illégaux des critères qui ne le sont pas». Et d’expliquer qu’une offre d’emploi «n’est pas contractuelle, et donc ne requiert pas les mêmes conditions de légalité qu’un contrat de travail».

Ainsi, une offre d’emploi pour un temps partiel n’a pas à indiquer le volume horaire. L’absence de planning n’est pas considérée non plus comme hors la loi. Autre exemple: un CDD peut être mentionné comme étant «éventuellement renouvelable». Autant de critères que la CGT Chômeurs a effectivement classés comme «illégaux».

L’opérateur reconnaît cependant qu’une partie de ses annonces sont bien hors des clous. «Nous avons en effet un peu moins de 9% des offres qui ne correspondent pas aux critères légaux», explique Catherine Poux. Principales raisons: l’incohérence d’information dans l’offre, avec par exemple l’exigence de 5 ans d’expérience au début de l’annonce avant que ne soit mentionné «débutant accepté». Ou encore l’indication «CDD avec possibilité de prolongation en CDI», alors que le recours aux CDD est strictement réglementé.

En cas de détection d’une annonce illégale, notamment via un algorithme interne, Pôle Emploi assure suspendre l’offre et «prendre directement contact avec le chef d’entreprise afin de modifier son annonce».



Luc Peillon







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