Ces entreprises qui plombent l'assurance-chômage

Selon des documents obtenus par Le Figaro, l'intérim, l'hébergement et la restauration pèsent plus sur l'assurance-chômage qu'ils n'y contribuent.

Certaines entreprises coûtent bien plus cher à l'assurance-chômage qu'elles ne lui rapportent. Et ce pour une raison: les dépenses d'indemnisation versées à leurs anciens salariés sont plus élevées que les cotisations qu'elles versent au régime. Sans surprise, le secteur du travail temporaire arrive en tête de liste, suivi de l'hébergement et de la restauration. C'est ce qui ressort des documents remis aux partenaires sociaux cette semaine par les services du ministère du travail, de l'Unedic (gestionnaire de l'assurance-chômage) et de Pôle emploi, obtenus par Le Figaro. Les huit organisations patronales et syndicales se sont réunies à plusieurs reprises pour établir un diagnostic partagé sur plusieurs sujets relatifs à l'assurance-chômage, dans le cadre de la réforme annoncée par le gouvernement. Une réforme qui vise notamment à lutter contre la précarité et à inciter au retour à l'emploi.

«Les contrats courts pèsent huit milliards d'euros sur le déficit de l'assurance-chômage»

L'objectif de cette analyse? Alimenter, une fois encore, les réflexions sur la possibilité d'instaurer un bonus-malus sur les contributions patronales versées à l'Unedic pour limiter le recours aux contrats courts, voire très courts de moins d'un mois. Une mesure ultracontroversée, complexe à mettre en œuvre, qui suscite l'ire du patronat qui a toujours réussi à y échapper jusqu'à présent. Le sujet n'est pas nouveau et traîne depuis 2013.

«Les contrats courts pèsent huit milliards d'euros sur le déficit de l'assurance-chômage», a fait savoir la ministre du travail, Muriel Pénicaud, lors des rendez-vous de Grenelle sur l'emploi le 11 septembre. Par comparaison, les recettes de l'Unedic annuelles représentent environ 35 milliards d'euros.

Concrètement, afin de déterminer le poids de chaque secteur sur les finances de l'Unedic, l'analyse prend en compte les contributions des entreprises aux recettes du régime entre 2014 et 2016, et les dépenses qui leur sont imputables en raison de l'indemnisation d'anciens salariés.

L'industrie est une contributrice nette

Selon les résultats obtenus, le secteur du travail temporaire - qui recourt par nature aux contrats temporaires pour le compte des entreprises de tout secteur- pèse sur les dépenses de l'Unedic à hauteur de 12,4%, alors que ses contributions représentent seulement 3,2% du total des recettes. De même, le secteur de l'hébergement et de la restauration, grand utilisateur de contrats courts, représente 7,7% des dépenses de l'Unedic, alors qu'il contribue aux recettes pour 3,8%.

À l'inverse, le secteur de l'industrie manufacturière et des industries extractives contribue aux recettes de l'Unedic à hauteur de 19,8%, alors qu'il pèse 11,5% sur les dépenses du régime. Du côté de la construction, les contributions aux dépenses et aux recettes s'équilibrent et tournent autour de 6,5% chacune.



Manon Malhère



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