Assurance-chômage : patronat et syndicats tracent leurs lignes rouges

Le Premier ministre poursuit ses entretiens avec les partenaires sociaux sur la réforme de l'assurance-chômage jusqu'en début de semaine prochaine. Tous se disent partants pour une négociation mais chacun avec ses conditions.

Après la CGT et la CFTC mercredi , le Premier ministre a poursuivi ce jeudi ses bilatérales avec FO, le Medef, la CGC, l'U2P et la FNSEA. Au terme de ces entretiens, le gouvernement adressera une feuille de route aux partenaires sociaux fin septembre, pour une nouvelle négociation sur l'assurance-chômage. Si patronat et syndicats veulent bien rouvrir le dossier Unedic, le compromis sera difficile à trouver tant les positions semblent éloignées.

« Irréductible Gaulois »

Le leader de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a donné le ton dès jeudi matin à sa sortie de Matignon. Adressant une boutade au chef de l'Etat, il s'est défini comme un « irréductible Gaulois » : « Toute la Gaule a-t-elle été envahie par les Jupitériens ? Non. Il existe beaucoup d'irréductibles Gaulois attachés au modèle social, au progrès social, qui encore et toujours luttent contre les régressions organisées ».

 

Côté patronat, la renégociation des règles d'assurance-chômage doit prioritairement répondre aux difficultés de recrutement que rencontrent de plus en plus d'employeurs, en incitant davantage au retour à l'emploi. « Ces difficultés se traduisent par de véritables pénuries de main-d'oeuvre qui fragilisent le développement de certains secteurs tels que le bâtiment et l'hôtellerie-restauration », indique l'U2P, qui défend les artisans, commerçants et professions libérales.

Dans le même temps, l'U2P s'est dite à nouveau opposée à un bonus-malus sur les contrats courts tel que le gouvernement l'a envisagé dans le cadre de la loi « avenir professionnel » . « Toute solution imposée d'en haut serait contre-productive, d'autant plus que les contrats courts utilisés dans les entreprises de proximité répondent à de réels besoins », poursuit l'U2P, qui dit faire confiance aux négociations de branches sur le sujet, qui n'ont pourtant même pas commencé réellement.

Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a lui aussi redit tout le mal qu'il pensait du bonus-malus : « Non pas pour des raisons dogmatiques ou idéologiques mais parce que c'est la nature de l'activité qui amène à avoir des contrats courts ou un turnover important ».

Dégressivité des allocations : un tabou

Pour la CGC, la ligne rouge est ailleurs : c'est la dégressivité des allocations-chômage , proposée la semaine dernière par le député En Marche Aurélien Taché pour les cadres à hauts revenus. « Pour nous, c'est un tabou », a indiqué François Hommeril, son président, regrettant que l'on « désigne à la vindicte des autres catégories une catégorie particulière pour éviter que chacun regarde les vrais problèmes ». Cette option n'a pas été écartée par le gouvernement, souligne la CGC.

Le syndicat de cadres est en revanche prêt à réfléchir aux droits rechargeables et au cumul emploi-chômage. « La moitié des demandeurs d'emploi sont en cumul ; certains peuvent y rester 5, 6 ans. Est-ce que l'assurance-chômage a été construite pour ça ? », interroge Jean-François Foucart, membre de la délégation. « Peut-être faut-il changer de mécanisme au bout de trois ans », ajoute-t-il.

Un sujet qui hérisse d'avance Denis Gravouil, à la CGT. Le syndicaliste rappelle la montée de la précarité chez les travailleurs : « Les demandeurs d'emploi en activité réduite ne sont pas des profiteurs de la permittence. Ce sont les employeurs qui abusent des contrats », coupe-t-il court.


Marie Bellan et Solveig Godeluck


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