Assurance chômage: une baisse des cotisations patronales envisagée ?

Après la suppression des cotisations salariales d'assurance chômage, compensées par l'impôt, le gouvernement compte aussi baisser les cotisations patronales, dans une logique d'universalisation du régime, a annoncé mercredi le député LREM Aurélien Taché. Conformément à une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, les cotisations Unédic des salariés ont été supprimées début 2018, compensées par une hausse de la CSG. Présentée comme une mesure de pouvoir d'achat, cette évolution a modifié la nature du financement du régime, qui reposait jusque-là uniquement sur des cotisations. Le gouvernement compte aller plus loin en touchant, cette fois, aux cotisations des employeurs, a rapporté M. Taché, lors d'une conférence de presse organisée par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Dans le cadre de la transformation du crédit d'impôts compétitivité emploi (CICE) en baisses de cotisations, prévue pour 2019, le gouvernement compte notamment supprimer "une partie" des cotisations patronales à l'Unédic, a déclaré le député de la majorité, qui est aujourd'hui rapporteur du volet "assurance chômage" du projet de loi "avenir professionnel", examiné à l'Assemblée. Cette baisse, dont l'élu n'a pas précisé l'ampleur, sera intégrée à la "prochaine loi de finances", a-t-il indiqué. Toucher aux cotisations patronales d'assurance chômage est une "nouveauté", a estimé Aurélien Taché, rappelant qu'elles sont "en général exclues" des politiques d'allègement de charges.

Il s'agirait d'une étape supplémentaire dans la reprise en main par l'Etat du régime, dont le taux de cotisation était, jusqu'à 2017, décidé par les partenaires sociaux. A l'avenir, le Parlement "se prononcera tous les ans sur les recettes de l'assurance chômage" lors des débats budgétaires, a indiqué M. Taché. Selon le député, cela s'inscrit dans une logique de "régime universel" qui ne couvrira plus seulement les salariés mais également certains indépendants, et dont l'Etat va "fixer le niveau de protection". Mais cette protection "universelle" ne risque-t-elle pas de se réduire à un filet de sécurité minimal, qui ne serait plus proportionnel au salaire perdu ? "Ce n'est pas du tout notre volonté", a répondu Aurélien Taché, qui a assuré que la majorité a "un impératif en tête", celui de rester "au même niveau de protection et de droits" pour les demandeurs d'emploi.


avec AFP


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