Au chômage, il répond à une fausse annonce Pôle Emploi et se fait arnaquer de 1.370 euros

Il y a quelques jours, Soufian Bahria, 44 ans, s'est fait avoir par des malfaiteurs sur le site de l'agence de recrutement.

"Il n'y a aucune spécificité varoise" assure ce lundi matin Pôle Emploi Côte d'Azur. Pourtant, les escroqueries sur le site d'annonces d'emplois ont déjà entraîné plus d'une dizaine de plaintes rien qu'au commissariat de La Seyne-sur-Mer.

"J'ai perdu plus de 1.300 euros dans cette histoire" raconte ce lundi matin, le Toulonnais de 44 ans victime d'une de ces arnaques.

Au chômage depuis deux mois, ce père de deux petites filles trouve le 30 mai sur le site de Pôle Emploi une annonce pour devenir chauffeur-coursier pour quatre semaines.

DE LA SÉDUCTION POUR L'EMBAUCHE, PUIS DES MAILS LAPIDAIRES

D'après l'échange d'e-mails que Var-matin a pu consulter, le faux employeur confie à Soufian Bahria "quelques tâches avant son retour en France."

En effet, le compte frauduleux ("M. Français Billion" sur le site de Pôle Emploi) se présente comme un "entrepreneur spécialiste de l'importation et de l'exportation de produits cosmétiques".

En déplacement en Grande-Bretagne, il charge la victime de préparer son arrivée en France, pour des "vacances en famille".

Soufian reçoit par courrier son contrat de travail. Les échanges avec son "employeur" se font autant par e-mails que par téléphone. Ils sont tous courtois, la victime ne se doute de rien.

Le père de famille toulonnais doit alors encaisser un chèque correspondant au règlement d'une location de voiture auprès d'un particulier. La somme est créditée sur son compte.

On lui demande alors de retirer 1.300 euros à un distributeur automatique et les envoyer via des coupons Trans-Cash.

Les échanges avec le faux employeur se tendent. Il n'hésite plus à presser Soufian d'aller retirer l'argent liquide le plus vite possible en lui envoyant des mails lapidaires entièrement écrits en majuscules.

TOUJOURS LE MÊME MODE OPÉRATOIRE

L'escroquerie se déroule toujours de la même façon. Les malfaiteurs contactent des personnes en recherche d'emploi soit en récupérant leur adresse e-mail sur leur profil Pôle emploi, soit en usurpant un numéro de SIRET pour se créer un faux compte d'entreprise.

Systématiquement, les escrocs trouvent un prétexte pour demander l'encaissement d'un chèque et l'envoi d'argent en liquide dans la foulée (généralement un paiement par mandat). Le chercheur d'emploi croit empocher une petite marge pour service rendu.

En réalité, le chèque en question a été volé. Les banques mettent quelques jours avant de se rendre compte que le chèque est frauduleux. L'arnaque tient sur le délai qui existe entre le moment où le compte est virtuellement crédité et la vérification effective du chèque.

Une fois le vol de chèque signalé, c'est le propre compte de la victime qui est débité.

Quand les policiers ouvrent leur enquête, ils apprennent généralement que les chèques ont été volés dans des boîtes aux lettres et les lignes téléphoniques utilisées pour contacter les victimes ne sont pas traçables.

L'hypothèse privilégiée par le commissariat de La Seyne pour plusieurs affaires similaires serait celle d'une arnaque pilotée depuis un pays étranger.

LES ANNONCES FRAUDULEUSES NE REPRÉSENTENT QUE 0.01% DES OFFRES SUR LE SITE

Devant la recrudescence de ces escroqueries, Pôle emploi a mis en place des campagnes sur les réseaux sociaux et par e-mails pour encourager les chercheurs d'emploi à la plus grande prudence.

D'après l'échange d'e-mails que Var-matin a pu consulter, le faux employeur confie à Soufian Bahria "quelques tâches avant son retour en France."

En effet, le compte frauduleux ("M. Français Billion" sur le site de Pôle Emploi) se présente comme un "entrepreneur spécialiste de l'importation et de l'exportation de produits cosmétiques".

En déplacement en Grande-Bretagne, il charge la victime de préparer son arrivée en France, pour des "vacances en famille".

Soufian reçoit par courrier son contrat de travail. Les échanges avec son "employeur" se font autant par e-mails que par téléphone. Ils sont tous courtois, la victime ne se doute de rien. 

 
CLÉMENT AVARGUÈS

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>> Au chômage, ce Toulonnais se fait arnaquer de 1.370 euros à cause d’une fausse annonce Pôle emploi | Var-Matin | 11/06/2018



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