Pôle Emploi : trouver les «bons candidats»

Une année inédite, «même historique». Dans le Lot-et-Garonne, la courbe des intentions d'embauche est en nette progression, là où le véritable challenge va être de trouver les bons candidats aux entreprises qui recrutent.

Si les intentions d'embauche laissent penser à une baisse du chômage, certaines entreprises ont de plus en plus de mal à recruter. Un constat qui transparaît notamment dans les filières du bâtiment, de l'agriculture et de l'agroalimentaire ainsi que dans les métiers de l'animation et de la restauration. Une observation qui fait écho à la même problématique rapportée dans l‘ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine. «Notre rôle va être de valoriser ces secteurs et de trouver les bons candidats parmi les demandeurs d'emploi», explique Daniel Dartigolles, le directeur territorial Pôle Emploi.

En tout, l'année 2018 annonce un cru de 14 927 projets de recrutement dans le département, soit près de 1 200 intentions d'embauche de plus que l'année 2017. «C'est une année historique pour le Lot-et-Garonne», s'enthousiasme Daniel Dartigolles. Outre l'augmentation significative des intentions d'embauche, le département observe également un taux de chômage de 8,8 %, soit 1,1 % de moins qu'en 2017.

Emplois saisonniers : le point de divergence

Là où le Lot-et-Garonne se démarque des chiffres de la région, c'est sur le taux d'embauche dans les emplois saisonniers. En Nouvelle-Aquitaine, 54 % des projets de recrutement sont non-saisonniers. «Depuis 2014, c'est la première fois que la majorité des projets sont pérennes», précise Frédéric Toubeau, directeur région Pôle Emploi. Dans le Lot-et-Garonne, la courbe ne s'est pas encore inversée. Le taux de projets d'embauche saisonniers atteint en effet les 59,2 %.

Et si l'objectif de Pôle Emploi se situe sur l'embauche pérenne, cette année le challenge sera avant tout de combler le marché de l'embauche avec des candidats compétents. Parmi les projets de recrutement jugés difficiles, le secteur agricole est surreprésenté dans le département avec 40 % des intentions d'embauche contre 20 % dans l'ensemble de la Nouvelle-Aquitaine. Des données qui impliquent de nouveaux enjeux et de nouvelles solutions. «On se tourne de plus en plus vers la méthode de recrutement par simulation et on fait de l'immersion en entreprises. Il s'agit de faire découvrir un métier à un demandeur d'emploi pendant 15 jours ou une semaine au sein d'une entreprise».

Malgré les difficultés de certains secteurs à recruter, le directeur territorial relativise. «Je préfère qu'on ait beaucoup d'intentions d'embauche que d'avoir une augmentation du chômage et aucune offre derrière».

Les femmes, population la plus «fragile»

En termes de demandes d'emploi, les femmes sont notamment la population la plus fragile, les seniors en particulier. Un constat qui peut s'expliquer par les secteurs majoritairement représentés dans les intentions d'embauche.

«Il y a certains métiers qui sont encore jugés trop masculins et pour lesquels on travaille sur la féminisation, explique Daniel Dartigolles. Il y a aussi une responsabilité des entreprises et beaucoup s'adaptent. Auparavant dans le bâtiment par exemple, les sacs de ciment étaient à 50 kg, maintenant ils sont à 10 ou 25 kg».

Pour pallier la problématique des femmes seniors fortement représentées dans le chiffre du chômage, Pôle Emploi organise des échanges avec les personnes concernées.

«On a mis en place dans chacune des agences des clubs seniors, en prenant en compte les problématiques et les forces des seniors pour ensuite vendre au mieux leur profil».

Le chiffre : 6 192

Intentions d'embauche > Une évolution positive pour Agen. L'enquête BMO 2018 a révélé une augmentation des intentions d'embauche dans le bassin agenais en comparaison de 2017. Le taux d'entreprises envisageant de recruter est ainsi de 27,8 % soit le 3e taux le plus élevé de Nouvelle-Aquitaine.


N.E.



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