L'organisation de la répression et du racket des chômeurs indemnisés est en marche

Le contrôle des chômeurs va s'intensifier et se durcir. Les sanctions qui tomberont sur ceux qui seront contrôlés ne laisseront plus la place aux demi-mesures : ni suspension, ni réduction des indemnités, mais des suppressions systématiques du revenu de remplacement, quelque soit le motif de sanction, seule la durée différera d'une sanction à l'autre.

SOUS LE TITRE "UNE INDEMNISATION DU CHÔMAGE PLUS UNIVERSELLE ET PLUS JUSTE"*,

LE GOUVERNEMENT ORGANISE LA RÉPRESSION ENVERS LES CHÔMEURS,

LE RACKET DE CEUX QUI SONT INDEMNISÉS, ET LE HOLD UP DE L'UNEDIC


SANCTIONS D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN :

Le Service du Contrôle de la Recherche d'Emploi disparaît de la DIRECCTE, Pôle Emploi sera seul aux commandes pour déployer tout l'arsenal annoncé.

Le nombre de contrôleurs à Pôle Emploi devrait être multiplié par 5 d'ici deux ans. Les sanctions prévues dans le cadre du contrôle des chômeurs commencent à filtrer.

Les suspensions d'indemnités prévues pour les radiations infligées par Pôle Emploi suite à une absence à convocation disparaissent, il en est de même pour les réductions d'indemnisation appliquées, elles, par les DIRECCTE.

En lieu et place des suspensions ou réductions d'indemnisation, Pôle Emploi supprimera les allocations de chômage pour tous les motifs en vigueur dans les conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat (à paraître), soit, selon nos informations :

Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui :

1° Soit ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer reprendre ou développer une entreprise ;

2° Soit, sans motif légitime, refuse à deux reprises une offre raisonnable d'emploi mentionnée à l'article L. 5411-6-2 ;

3° Soit, sans motif légitime :

a) Refuse d'élaborer ou d'actualiser le projet personnalisé d'accès à l'emploi prévu à l'article L. 5411-6-1 ;

b) Est absent ou abandonne une action de formation

c) Est absent à toute convocation des services et organismes mentionnés à l'article L. 5311-2 ou mandatés par ces services et organismes ou à tout rendez-vous avec ces services et organismes;

d) Refuse de se soumettre à une visite médicale destinée à vérifier son aptitude au travail ou à certains types d'emploi ;

e) Refuse une proposition de contrat d'apprentissage ou de contrat de professionnalisation ;

f) Refuse une action d'insertion ou une offre de contrat aidé prévues aux chapitres II et IV du titre III du livre Ier de la présente partie.

g) Refuse de suivre ou abandonne une action d’aide à la recherche d’une activité professionnelle.
Les suppressions des allocations de chômage seront assurées par Pôle Emploi, de même que les pénalités administratives. Pour les chômeurs sanctionnés : des pertes sèches qui porteront sur toute la durée de la sanction, et ce, en fonction du "manquement" reproché.

L'ABSENCE DE RECHERCHE D'EMPLOI, LE REFUS DE DEUX OFFRES RAISONNABLES D'EMPLOI :

Le contrôle des chômeurs a été expérimenté à grande échelle, la démonstration a été faite, un bilan dressé, les chômeurs ne trichent pas, ils cherchent, malgré les difficultés qu'ils rencontrent, notamment pour apporter la preuve de leurs recherches quand les entreprises et Pôle Emploi n'ont aucune obligation de répondre à leurs candidatures. Quand on a un bon réseau, on peut avoir des preuves de recherches d'emploi, même quand on ne cherche pas. Nous savons bien que ce sont les personnes les plus vulnérables, les plus isolées qui se verront couper leurs indemnités. L'hypocrisie est aussi là.

Etre radié pour un ou deux refus d'offres d'emploi est absurde, on doit avoir le droit de choisir son métier, le cadre dans lequel on veut l'exercer. Un employeur a le droit de choisir son salarié, choisir son employeur est un droit pour le salarié, il doit l'être tout autant pour le chômeur, sans aucune restriction.

ABSENCE OU ABANDON D'UNE ACTION DE FORMATION :

Des actions de formation "aubaines" pour l'employeur car gratuites et non rémunérées, payées par Pôle Emploi et indemnisées avec ses allocations de chômage, ressemblent étrangement à un travail normal exercé en complète autonomie mais à l'œil, quand des entreprises malhonnêtes   usent  et  abusent de ces actions aux noms barbares (AFPR, POE, PMSMP...)

Des actions de formation bidons devraient être massivement mises en place. Leur seul intérêt : un traitement statistique du chômage, la catégorie regroupant les stagiaires n'étant pas comptabilisée dans les chiffres.

Des actions de formation qui ne prendront pas en compte le projet des personnes, leur expérience, leurs compétences, d'autres modéliseront les comportements à partir de leçons de "savoir être" qui devraient fleurir d'ici peu, les entreprises sont en demande, le Directeur Général de Pôle Emploi veut les mettre au programme.

Il ne faudra pas s'absenter de ces actions là, et il faudra tenir jusqu'au bout, sous peine de suppression du revenu de remplacement, qu'importe la qualité, l'infantilisation, l'inutilité.

REFUS OU ABANDON D'UNE ACTION D'AIDE A LA RECHERCHE D'UNE ACTIVITE PROFESSIONNELLE :

Les Activ'Emploi et autres Activ'projet, prestations à la noix, qui activent dans tous les sens, mais n'ont aucun sens seront donc obligatoires. Peu importe si elles sont décriés sur le forum de recours radiation durant 28 pages de messages, peu importe que Cash investigation fasse une enquête édifiante sur le sujet, il faudra y aller, avec le mal au ventre, sinon, les vivres seront coupées.

JUGE ET PARTIE :

Pôle Emploi paie les chômeurs d'une main et de l'autre leur retire leur du. Dans ce glissement, la posture de Pôle emploi, prescripteur de mesures d’accompagnement ayant des objectif de remplissage à réaliser, peut, avec ce pouvoir « disciplinaire » renforcé, relever d’une préoccupante confusion entre juge et partie…

CONFLIT D'INTERET :

Quant à la motivation de l'Etat de faire main basse sur l'assurance chômage en la mettant sous tutelle, elle ne vient pas d'une velléité subite de vouloir rembourser la dette de l'UNEDIC ou de faire mieux que les partenaires sociaux en faveur des chômeurs. Il s'agit bien de faire des économies encore plus drastiques, sur le dos de celles et ceux ont cotisé, ont été licenciés et sont indemnisés afin de trouver de l'argent frais pour financer, entre autres, les petites mesurettes de façade : indemnisation des démissionnaires et des travailleurs indépendants.

Une fois le financement désorganisé, la fin des cotisations des salariés au profit de l'assurance chômage, il ne restera plus qu'à recourir davantage aux marchés financiers et à intensifier la danse de la privatisation déjà bien avancée par la vente à la découpe des missions fondamentales du service public de l'emploi et de l'indemnisation des chômeurs.

Alors conflit d'intérêt ou pas pour cette start-up nation qu'est devenu l'Etat français ?
 

*Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel Article 36 Consultation Comité technique ministériel travail – emploi du 12 avril 2018

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 ROSE-MARIE PECHALLAT







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