Pôle emploi à Sarreguemines : le combat quotidien des conseillers

A Pôle emploi les demandeurs se succèdent dans les bureaux des conseillers. Ces professionnels accompagnent les personnes dans leurs recherches. Mais s’ouvrent aussi aux problèmes humains liés à la précarité. Reportage.

Il est 8 h 30 et quelques demandeurs attendent déjà l’ouverture de Pôle emploi. Certains y viennent pour la première fois, d’autres ont rendez-vous avec leur conseiller. Après quelques salutations, ces professionnels prennent place à leur bureau. Ils sont séparés par une simple paroi, ouverte à l’arrière permettant de communiquer avec leurs interlocuteurs. « C’est par mesure de sécurité, afin de ne pas être isolés avec un demandeur. Dans la majorité des cas, cela se passe bien. Mais il arrive que certains s’énervent », témoigne Marie-Christine, en fonction depuis dix-huit ans.

Réseaux sociaux : Son premier rendez-vous a 56 ans. Jérôme (*) a été assistant RH pendant trente-trois ans dans une société industrielle connue de la région de Sarreguemines, définitivement fermée depuis plus d’un an. « Ce n’est pas facile de se retrouver au chômage à mon âge », confie le quinquagénaire. Ce père de famille a dû mettre à jour son CV et surtout ses connaissances sur la façon de chercher un emploi sur la toile, mais aussi à travers les réseaux sociaux. « Mon fils m’a aidé pour mon inscription en ligne sur le site de Pôle emploi. Jérôme vient faire le point avec sa conseillère par rapport à l’atelier qu’il vient de suivre sur les réseaux sociaux, dédié à la recherche d’un emploi comme Linkedin et Viadeo.

• Gestionnaire de paie : Cette jeune femme de 35 ans à une licence en langues étrangères appliquées. Elle termine la seule formation diplômante proposée par Pôle emploi, de gestionnaire de paie. « C’est un métier très prisé par les employeurs. Les chefs d’entreprise recherchent plus le diplôme que la compétence », assure Mme Romang. Elle devrait bientôt intégrer une entreprise pour une période d’immersion professionnelle. « C’est possible grâce à une convention spéciale avec l’employeur. Elle permet de faire un essai dans un cadre légal. »

• Premier entretien : Un premier entretien avec un conseiller et un demandeur peut durer jusqu’à cinquante minutes. « Cela nous permet de faire un diagnostic complet avec le demandeur. Pour beaucoup, il permet de s’exprimer car il sait que c’est confidentiel. Nous proposons des accompagnements renforcés, uniquement sur la base du volontariat. Chaque conseiller accompagne 180 personnes, sauf dans le système renforcé ou on se limite à 70 », explique la conseillère. Elle confie aussi qu’« il faut savoir prendre de la distance avec tous les problèmes que rencontrent les gens au risque d’être affectée soi-même ».

• Uniquement un CDI : Le troisième rendez-vous est un grand gaillard. L’homme, 40 ans, est au chômage depuis six ans et semble obtus. « Je ne veux pas de CDD ». Il répète cette phrase régulièrement, indique qu’il n’a pas de voiture et prétexte le manque de transports dans la région pour trouver du travail. « Il y a des bus, mais pas tout le temps qui desservent les zones industrielles. » Il présente un CV à la conseillère comme on pouvait en établir un il y a trente ans. « Qu’est ce qui peut faire qu’un CV est retenu par un employeur ? », glisse calmement la conseillère. Elle lui explique que « dans le contexte économique actuel, très peu d’entreprises proposent directement un CDI ». Des propos que l’homme semble bien comprendre. Sans formation, et sans véritable expérience professionnelle, elle lui propose un chantier d’insertion qu’il accepte.

Le prénom a été changé.

Claude DI GIACOMO.




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