Les agents de Pôle emploi se mobilisent mardi

Les syndicats appellent à la mobilisation ce mardi. Ils dénoncent l'attitude du directeur régional, redoutent des suppressions de postes et réclament des moyens pour assurer le suivi des demandeurs d'emploi.

« Il y a unité dans l'action » , souligne Marie-Agnès Castrot, déléguée syndicale de la CGTG. Avec tous les autres syndicats représentés à Pôle emploi, ce mardi sera jour de grève.
« La presse a annoncé 297 postes en moins dans toute la France. Le directeur régional Stéphan Jules lors des négociations hier (jeudi, NDLR) n'a pas démenti qu'il y aurait des postes supprimés chez nous » , affirme Marie-Agnès Castrot. « Nous allons nous retrouver en sous-effectifs. C'est de la discrimination » , réagit Patricia Pioche, responsable du secteur Emploi formation à l'UGTG. « Le portefeuille d'un conseiller peut contenir jusqu'à 700 demandeurs d'emploi voire plus, contre la moitié pour un conseiller dans l'Hexagone » , affirme la représentante de la CGTG. « Nous ne pouvons pas accepter la souffrance de nos collègues car c'est la casse de nos métiers. »

DIRECTION MÉPRISANTE

Au cours de leur conférence de presse vendredi, les syndicalistes ont tenu à rappeler les chiffres du chômage en Guadeloupe : 69 980 demandeurs d'emploi fin octobre, toutes catégories confondues, en hausse de 1,3%.
« 80% des demandeurs d'emploi dans nos fichiers ont un niveau CAP » , souligne Patricia Pioche. Mais « les formations proposées le sont toujours au dernier moment et ne sont pas de qualité » , pour Marie-Agnès Castrot. Les syndicats veulent dire stop à la privatisation rampante de Pôle Emploi avec une « dématérialisation à outrance » , et l'externalisation de certaines activités. Dans la ligne de mire des organisations aussi et surtout, Stéphan Jules dont elles critiquent à la fois la gestion et l'attitude. Lydie Crane de la Snap, seul syndicat d'entreprise, fustige « arrogance et mépris permanent généralisés » . « Nous dénonçons un management de la terreur et anarchique de la direction depuis 1 an. Il y a une volonté à tout prix de casser l'humain avec des réorganisations successives des services, la non-reconnaissance des compétences et les promotions à la tête du client » , dit durement Nadia Martel, représentante de Sud. « « C'est moi qui ai décidé, ce sera comme ça et pas autrement » est le refrain que l'on entend le plus souvent. « On a le directeur régional qu'on mérite. Vous me désiriez » , nous a-t-il même dit lors de la réunion jeudi et ce, en rigolant » .


Stephan Jules, directeur régional de Pôle Emploi : « 18 000 heures de délégation syndicale »



« Ces deux dernières années, il n'y a pas eu de baisse d'effectifs. 7 CDD ont été titularisés. 48 personnes ont été embauchées temporairement pour remplacer des agents malades. On me parle de démantèlement du service informatique et du renvoi du chef du service ? C'est faux ! C'est un service important. Son chef est en poste. On souligne que les formations sont en diminution ? Faux encore, 10 000 en 2016. J'ai même obtenu un budget supplémentaire de 6 millions d'euros pour terminer l'année, ce qui est bien la marque que les moyens ne sont pas en baisse. Enfin, quand on me parle de salariés protégés brimés, je n'ai qu'une réponse à faire : il y a eu 18 000 heures de délégation syndicale... pour 48 personnes. »

A.-J.V.

 

Guadeloupe



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