Pôle Emploi : le directeur dénonce les "amalgames" et "idées reçues"

Le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères, se dit "marqué" par les "idées reçues", "amalgames" et "violences" exprimés récemment à l'égard de ses agents et des demandeurs d'emplois, dans une tribune parue mercredi sur le site du Huffington post. "Twitter et les réseaux sociaux en général sont devenus des sources d'informations incontournables à propos de l'emploi et des enjeux qui s'y rapportent", écrit-il.

"Pour autant, j'ai été particulièrement marqué par le nombre d'idées reçues et d'amalgames qui y ont été exprimés dernièrement, ainsi que par la violence de certains commentaires adressés aux agents de Pôle emploi ou aux demandeurs d'emploi eux-mêmes", poursuit-il, après des propos polémiques, notamment de la part de personnalités politiques. "Loin de moi l'idée de rejeter toute piste d'amélioration dans la gestion d'un chômage qui demeure massif", mais "tout comme celui visant les demandeurs d'emploi, trop rapidement assimilés à des +profiteurs du système+, le dénigrement systématique de nos agents ne rend pas justice à leur travail", relève M. Bassères.

Souhaitant "rendre hommage" à ses 55.000 agents, il rappelle que ces derniers reçoivent chaque année "24 millions de visites" et "ont traité en 2016 plus de 8,8 millions de dossiers de demande d'allocations, versé plus de 30 milliards d'euros et prescrit plus de 800.000 formations". Il insiste sur le fait que des "résultats" sont obtenus, puisqu'en un an, "plus de 4 millions de personnes ont retrouvé un emploi grâce aux efforts conjoints de Pôle emploi et de nos partenaires publics comme privés".


Cette tribune intervient après une série de critiques qui ont fait polémique, alors que le gouvernement prévoit de réformer l'assurance chômage. Fin octobre, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez, a affirmé que les agents de Pôle emploi recommandaient aux chômeurs de "profiter de la vie" au lieu de chercher du travail. Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a aussi récemment déclaré que l'universalité des allocations chômage impliquait "des droits et des devoirs". "C'est une forme de liberté, mais de liberté pour aller vers quelque chose, la liberté, ce n'est pas de se dire que finalement je vais bénéficier des allocations chômage pour partir deux ans en vacances", a-t-il dit.

De son côté, le patron du Medef, Pierre Gattaz, a estimé qu'il fallait mieux contrôler les chômeurs dans leur recherche d'emploi et évoqué lors d'une conférence de presse l'hypothèse d'un "contrôle journalier".


avec AFP


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>> Loin des caricatures, les agents de Pôle emploi luttent avec conviction contre le chômage | Le Huffington Post - Jean Bassères Directeur général de Pôle emploi | 15/11/2017



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