Gattaz veut des "contrôles journaliers" pour les chômeurs : "On n'est pas flic", s'agace-t-on à Pôle emploi

DÉBAT - Pierre Gattaz, numéro un du Medef, a expliqué mardi qu'il était favorable à la mise en place d'un "contrôle journalier" pour mieux surveiller les demandeurs d'emploi et s'assurer de leur recherche de travail. Est-ce jouable et serait-ce efficace ? LCI a posé la question à deux syndicalistes et conseillers de Pôle emploi.

Après Christophe Castaner, au tour de Pierre Gattaz de taper sur les chômeurs. Le numéro un du Medef a estimé mardi qu’il fallait mieux contrôler les demandeurs d'emploi dans leurs recherches, "peut-être par un contrôle journalier". Il pense aussi qu’il faut veiller à ce qu’ils ne refusent pas à plusieurs reprises des offres raisonnables d’emploi. Invité à préciser ce qu’il entendait par "contrôle journalier" à la sortie de son entrevue avec le Premier ministre à Matignon, il a expliqué qu’il pouvait s’agir "d’un contrôle journalier ou hebdomadaire".

"C’est un contrôle qui est important" a-t-il déclaré. "Journalier, hebdomadaire, ou mensuel, c’est un truc qu’il faut débattre" a-t-il ajouté, sans toutefois donner plus de précisions sur les systèmes de contrôle auxquels il pensait. Dimanche soir au cours de son "Grand entretien" sur TF1, Emmanuel Macron avait annoncé que la réforme de l'assurance-chômage à venir inclurait plus de contrôles pour les demandeurs d'emploi.


Comment contrôler des millions de chômeurs ?


LCI a interrogé des représentants syndicaux et conseillers Pôle emploi sur les déclaration de Pierre Gattaz. Ils nous ont d’abord expliqué qu’ils ne voyaient pas par quels moyens ces contrôles journaliers pourraient être réalisés. "Comment peut-on contrôler des millions de personnes ? Il veut une police sociale de service public ? Il veut que tous les jours on les appelle pour savoir s’ils ont bien répondu aux annonces ?", s’interroge Jean-Charles Steyger, secrétaire général SNU pôle emploi. "La question d’un contrôle journalier, on n’y croit pas. De la part du Medef, ça relève du fantasme et de la posture idéologique. Cela nécessiterait des moyens et une organisation que nous n’avons pas", assure de son côté David Vallaperta, délégué syndical CFDT pôle emploi.





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