Assurance-chômage : ce que veut Macron

Après une réforme du Code du travail par ordonnances, le gouvernement d’Édouard Philippe et le président de la République lancent aujourd’hui leur deuxième chantier social : la réforme de l’assurance-chômage…

Le candidat Macron avait multiplié les promesses en vue de réformer l’assurance-chômage, ainsi que l’apprentissage et la formation professionnelle.

Assurance-chômage universelle

Objectif : ouvrir l’assurance-chômage, réservée aux salariés licenciés ou en fin de contrat, aux travailleurs indépendants et – une fois tous les cinq ans – aux démissionnaires.

Il s’agit, entre autres, de tenir compte de l’explosion des ruptures conventionnelles. Cette extension de l’assurance-chômage doit s’accompagner d’une réforme de son financement et de sa gouvernance.

Jusqu’ici, le régime est financé par les cotisations salariales (2,4 % du salaire brut) et patronales (4,05 %). Or les cotisations salariales à l’assurance-chômage seront supprimées d’ici à un an. Et la part patronale sera modulée en fonction d’un bonus-malus, qui sanctionnera le recours excessif aux contrats précaires – les plus coûteux pour l’assurance-chômage.

Le régime, actuellement géré par les syndicats et le patronat, serait arbitré de façon tripartite avec un pilotage de l’État.

Dix milliards d’économies

Dans ce dossier, Emmanuel Macron a aussi promis une économie de 10 milliards d’euros. Indemniser plus de monde avec moins d’argent aura des conséquences : reste à savoir quel levier choisira le gouvernement : payer moins (le plafond est aujourd’hui à 6 964,20 € mensuels – un record européen) ou indemniser moins longtemps. Les deux ne sont pas incompatibles, et l’exécutif parie aussi sur l’amélioration de la situation : moins de chômeurs à indemniser et des recettes en hausse.

La formation remaniée

Pour lutter contre le chômage, le président compte sur sa réforme du Code du travail, mais pas seulement : il veut profondément refonder le système de formation professionnelle, qu’il juge inégalitaire, inefficace et complexe. Il compte s’appuyer sur le compte personnel de formation, mis en place en 2015.

Autre axe de travail : le renforcement de l’apprentissage avec, à terme, la fusion des contrats d’apprentissage (formation initiale) et de professionnalisation (formation continue).

Des syndicats attentistes

La concertation avec les partenaires sociaux débute aujourd’hui, pour un projet de loi au printemps. Et le gouvernement peut, pour l’instant, compter sur un front social divisé : les syndicats ont échoué à définir une riposte unitaire aux réformes du gouvernement, même si « on est tous d’accord pour dire qu’il y a de l’inquiétude sur ce qui va être fait en termes de formation professionnelle et d’assurance-chômage, qu’il y a beaucoup d’incertitudes », selon la CFDT. Une nouvelle intersyndicale, le 24 octobre, pourrait aboutir à un appel commun.





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