L'Unédic estime que sa refonte coûtera aux bénéficiaires

PARIS, 4 octobre (Reuters) - La réforme de l'assurance chômage préconisée par Emmanuel Macron, qui vise à intégrer les indépendants et les démissionnaires au régime, ne peut que se traduire par une baisse des droits des bénéficiaires ou bien une augmentation de la dette, a prévenu mercredi l'Unédic.

Le gouvernement doit entamer en novembre les discussions avec les partenaires sociaux au sujet de la réforme de l'assurance chômage qui vise, selon lui, à "sécuriser" les travailleurs. Elle prévoit entre autres d'intégrer les indépendants et, tous les cinq ans, les salariés démissionnaires.

"Aujourd'hui les nouvelles catégories qui seraient couvertes si on était dans un contexte de plafond de dépenses identiques signifierait une baisse de droits ou une augmentation de la dette", a dit la vice-présidente de l'Unédic, Patricia Ferrand devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée. Mais pour ce qui concerne la deuxième hypothèse, "j'ai compris que ce n'était pas forcément la tendance".

Les Echos révélaient mardi que l'ouverture du régime aux démissionnaires coûterait de 8 à 14 milliards d'euros la première année puis trois à cinq milliards d'euros les années suivantes, selon des estimations du ministère du Travail.

L'Unédic estime qu'il est encore trop tôt pour donner des chiffres précis sachant que les règles ne sont pas connues. Mais pour le président de l'institution, Alexandre Saubot, "les enjeux financiers ne sont pas du tout négligeables".

"Ce n'est pas une petite réforme qui va représenter quelques dizaines de millions d'euros", a-t-il dit. "Suivant le paramétrage, (...) la mesure de l'évènement qui sera susceptible de déclencher l'indemnisation, il y a effectivement des enjeux qui se chiffrent en milliards d'euros".

Certaines démissions donnent déjà lieu à des indemnisations. Elles concernent, par exemple, les démissions en cas d'enfant malade ou un déménagement pour suivre un conjoint.

L'Unédic a recensé un million de démissions en France en 2016. Près de 210.000 d'entre elles ont donné lieu à une inscription sur les listes de Pôle Emploi et 25.000 ont été considérées comme "légitimes", selon l'institution.

L'Unédic craint toutefois que cette réforme n'incite de nombreux salariés à démissionner, ce qui augmenterait grandement le nombre de gens inscrits sur les listes.

Elle se dit prête à réfléchir sur l'intégration de ces populations, mais invite aussi le gouvernement à penser à d'autres modèles.

"La question pourrait être aussi, comment on articule mieux un régime d'assurance chômage (...) et des régimes de solidarités dits de minima sociaux", précise Patricia Ferrand.

"Il y a peut-être aussi ces questions-là à repenser puisque nous ne répondons pas à l'ensemble des besoins des demandeurs d'emplois et des salariés aujourd'hui".


(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)





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