Des chômeurs racontent Pôle emploi

Rencontrés devant les deux agences vannetaises de Pôle emploi, situées à Plescop et Séné, des demandeurs d'emploi décrivent leur parcours.

Témoignages

Ils viennent de perdre leur emploi ou sont chômeurs de longue durée. Ces hommes et ces femmes ont bien voulu donner des bribes de leur histoire, en racontant leur relation avec Pôle emploi. A noter, ils soulignent la difficulté du travail des agents de cette administration.

Marie (1), 48 ans, consultante

« Je fais partie des gens qui ont un niveau d'études suffisant pour que Pôle emploi n'ait pas besoin de les suivre physiquement. On est autonome. Inscrite depuis un an, je n'ai rencontré personne, sauf aujourd'hui.

Tout se fait par téléphone. Ça me suffit. Les agents de Pôle emploi sont surchargés, ils ont besoin de se concentrer sur les cas les plus critiques, d'écouter en priorité les précaires. »

Louise (1), 55 ans, aide-soignante

« J'ai un parcours tumultueux. Et je ne suis pas dans la tranche d'âge qui intéresse vraiment. J'ai travaillé dans une maison de retraite. Mais c'est fini. Je suis physiquement cassée.

A la fin, on a eu un nouveau patron, un petit fauve avec les dents longues. Désormais, on doit pointer quand on entre dans une chambre et quand on sort. C'est dix minutes par patient. Je ne pouvais plus travailler dans ces conditions.

On a voulu me licencier pour faute. Avec l'aide de l'inspection et de la médecine du travail, j'ai été licenciée dans les règles.

Mais depuis mon licenciement, en juin, je ne peux pas être indemnisée. Il me faut une attestation de l'employeur.

Regardez (Louise montre un document), l'employeur a envoyé l'attestation sans signature et sans cachet de l'entreprise. Les conseillers de l'agence pourraient demander l'attestation par mail.

Mais Pôle emploi ne doit pas avoir l'autorité nécessaire pour obliger l'entreprise à agir correctement. En attendant, ma conseillère me propose un bilan de compétences. »

François (1), 30 ans, logisticien

« Ma dernière mission en intérim s'est achevée le 5 août. A l'agence, il faut être patient. Certains chômeurs monopolisent les conseillers. Mais toutes ces démarches, ces papiers, que de temps perdu.

Je dois attendre l'attestation de la boîte d'intérim pour être indemnisé. J'ai besoin de compléter mes revenus d'août. Mais je n'aurai pas ce document avant la date de la paie, le 12 septembre. Le règlement des cinq jours d'août me servira à peine pour le loyer. Toutes les charges sont débitées en début de mois. Avec le temps de traitement à Pôle emploi, j'aurai le complément d'août, fin septembre. D'ici là, je dois vivre avec les 300 € qui me restent. »

Georges (1), 40 ans, ingénieur

« Ici, le personnel de Pôle emploi est cordial. Je suis inscrit à Vannes Ouest (agence située zone d'Atlanparc, à Plescop), je ne comprends pas, je vis à cent mètres du Pôle emploi de Vannes Est, route de Nantes.

L'agence est perdue dans la zone. J'ai un scooter, mais il faut un GPS pour venir ici. Pôle emploi n'est même pas capable d'installer des panneaux de direction. C'est pourtant quelque chose, Pôle emploi.

Pour les gens à pied, n'y a qu'un bus par heure (deux entre 8 h 08 et 8 h 38). L'autre jour, à l'arrêt du bus, j'ai pris une personne qui sortait de l'agence en sanglots. »

Marc (1), 35 ans, cuisinier

« Les gens de Pôle emploi sont très compréhensifs. Ils nous suivent bien. L'inscription est facile, avec leur nouveau système informatique. Cuisinier, j'ai terminé un contrat il y a six mois. Après, c'est la vie qui fait qu'on trouve du boulot ou pas. Je n'ai pas de souci pour recevoir mon chômage.

J'ai bientôt un entretien avec un patron. J'ai demandé et obtenu une aide de Pôle emploi de 250 € pour m'acheter des vêtements de cuisinier et deux couteaux. C'est indispensable quand on se présente à un poste en cuisine. »

(1) Prénoms d'emprunt.


Bruno Jezequel



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir