Pôle emploi chasse les fausses annonces

L’établissement public chargé de l’emploi va passer un nouveau cap dans sa lutte contre les fausses offres d’emploi et les annonces non conformes publiées sur son site Internet.

Pôle emploi a fort à faire. Depuis 2013, l’établissement public est en lutte permanente contre les annonces non-conformes et surtout face aux différentes fraudes.

Avec 123 partenaires, difficile de tout verrouiller en amont. Ces derniers peuvent poster directement leurs annonces sur le site de l’établissement public, le contrôle ne vient qu’après la publication.

Sur les seuls 30 derniers jours, 2 000 tentatives de fraudes ont été contrées. Mais comment des demandeurs d’emploi peuvent-ils être escroqués sur le premier site d’offres d’emploi en France ? « Certains faux employeurs prennent contact avec un demandeur puis demandent de rappeler sur un numéro surtaxé par exemple », explique Catherine Poux, directrice des services aux entreprises chez Pôle emploi.

Dans d’autres cas, ils peuvent demander aux candidats de leur communiquer leurs coordonnées bancaires, numéros de sécurité sociale ou même réclament des avances financières. Plusieurs milliers d’euros peuvent être extorqués de cette manière.

L’intelligence artificielle arrive à la rentrée

Pour réduire au maximum les risques, Pôle emploi développe des outils dotés d’une intelligence artificielle auto-apprenante capables de détecter les contenus et les comportements suspects. Autrement dit, « l’intelligence humaine » qui s’appuie aujourd’hui sur un outil sémantique, va être remplacée à la rentrée par un logiciel capable d’analyser des données de masse.

Un outil sur lequel compte beaucoup l’agence pour parer au mieux les fraudes qui se sont multipliées avec l’explosion de l’offre en ligne. « Nous travaillons sans cesse à de nouvelles solutions pour contrer ce phénomène depuis 2013, moment où nous avons constaté cette problématique naissante », détaille la directrice des services aux entreprises. Depuis 2012, le volume d’offres publiées a été multiplié par cinq pour atteindre 7,4 millions de publications sur la seule année 2016.

La non-conformité, autre souci

Cette lutte contre la fraude est couplée à celle contre la non-conformité des annonces, traduction, elles ne sont pas conformes au Code du travail. « Derrière une offre d’emploi non-conforme, il n’y a pas forcément de mauvaises intentions », tient à préciser Catherine Poux.

En février, une étude menée par la CGT avait pointé un peu plus de 50 % d’offres illégales (non conforme au Code du travail) sur un échantillon de 1 298. Pôle emploi avait contesté des résultats « largement surévalués ». Aujourd’hui, l’agence estime que cette non-conformité représente 9,3 % des offres d’emploi.

Mais qu’est-ce qu’une offre non-conforme ? Une incohérence, une discrimination, une demande de casier judiciaire complet… Des offres qui après signalement sont revues puis publiées pour 88 % d’entre elles. « Pôle Emploi n’a pas une mission d’inspection du travail, rappelle Catherine Poux. Nous avons une obligation de moyen sur la qualité des offres publiées. » Un label va même bientôt être mis en place et garantira un lissage qualitatif. Utile, puisqu’une chose ne changera pas : « C’est l’employeur qui est responsable du contenu de l’offre qu’il publie », termine Catherine Poux. Pas Pôle emploi…

Par Clément MALAOUI


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